‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 64 sur 264 · Littéralement : Jusqu'à s’enivrer · texte numérisé non relu

Littéralement : Jusqu'à s’enivrer

ouvrages publics, avec le rang d'envoyé en second; cependant Pé-kong n’en prit aucun souci.

A celle épo jue, tel était l'usage des bureaux : le repas du départ! était offert tantôt par tous les collègues, tantôt par un seul. Après quelques jours d’agilation, Pé-kong finit par partir pour le nord avec Li-chi. Nous le laisserons un moment pour revenir à Yang, qui s'était figuré, dans l’origine, que Pé-kong, poussé par la crainte, le prierait de faire rapporter le décret, et ne demanderait pas mieux que de conclure promptement le mariage. Il n'avait pas prévu que Pé-kong montrerait au contraire une noble fierté; qu'il irait bravement en mission, et ne consentirail jamais à cette alliance. Ne sachant quel parti prendre, il se livra à de nouvelles réflexions. « Voilà le mariage manqué, se dit-il en lui-même. Au premier jour, quand Pé-kong sera revenu, ce sera en vain que je lui aurai suscité cette mauvaise affaire. Comment pourrai-je me présenter devant lui ? Si vous n'avez pas réussi la première fois, dit le proverbe, ne vous arrétez pas la seconde fois. Le mieux est de profiter de son absence pour lui jouer un nouveau tour, et conclure ce mariage à quelque prix que ce soit. À l’époque de son retour, je serai déjà son parent; quand il se fâcherait, cela ne ferait rien. Quoi qu'il en soit, comment me mettre à l'œuvre?

4. Lorsqu'un magistrat se mettait en route, ses collègues l’accompagnaient jusqu’aux portes de la ville et lui offraient une collation.

< Mon plan est tout trouvé, dit-il après un moment

le réflexion : Avant-hier, Wang-tchi-jin, membre du ministère du personnel, et Sou, le moniteur impérial, sont allés lui faire des ouvertures de mariage. Quoiqu’il n’ait point consenti, je vais maintenant les prier tous deux de dire que, de sa propre bouche, il leur a donné sa promesse. J'engagerai ensuite Yang-fang à aller saluer Son Excellence Wang-thsiouen, et à lui demander son appui secret. Son Excellence m'indiquerait un jour heureux, et, finalement, il bâclerait luimême le mariage. Le vieux Pé étant absent, qui est-ce qui viendrait se mêler de cette affaire ?

Ce stratagème étant arrêté, il alla d'abord en instruire Tchang, membre du ministère du personnel, et comme Tchang avait les mêmes vues et les mêmes principes que Yang, il consentit dès les premiers mots. Il pria ensuite Tehang d'en parler à Sou, le moniteur impérial, mais celui-ci ne dit ni oui ni non, et se contenta de faire une réponse vague. Comme la place d'inspecteur général du Hou-kouang se trouvait justement vacante, il pria quelqu'un d'en parler au président !, et de demander pour lui cette mission. Dès que le décret fut rendu, il fit à la hâte ses préparatifs et se mit en route.

À cette nouvelle, Ou, l’académicien, prépara de suite du vin, courut après lui jusqu’en dehors de la ville, et lui offrit le repas du départ. « Monsieur Sou, lui dit-il,

Page 1