‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 98 sur 264 · Allusion aux existences successives des bouddhistes · texte numérisé non relu

Allusion aux existences successives des bouddhistes

S'EFFORCE DE JOUER LE ROLE D'UN POETE. 9ss

Il l’attendit jusqu’à ce que l’on eût allumé les lampes. et ne le voyant pas arriver, il prit encore patience. Quand le tambour des gardes de nuit eut annoncé la première veille, Sou, le moniteur impérial, se dit en lui-même : « S'il n’est pas arrivé en ce moment, c’est qu'il est retenu chez lui par quelque affaire qu'il n’a pas eu le temps d'achever. Il ne peut manquer d’arriver demain de bonne heure. En conséquence, il soupa tout seul et alla se coucher.

Le lendemain, ne le voyant pas encore venir, il ordonna à un courrier de partir au galop pour aller audevant lui. Le lendemain de son départ, le courrier vint lui rendre réponse. « Je me suis rendu, dit-il, à la maison de monsieur votre neveu, et là un vieux domestique m'a- appris que la veille il avait d’abord expédié ses bagages, et qu'’ensuile il était parti à cheval: il ne savait pas ce qui l'avait cop d’arriver. »

En entendant ces mots, Sou, le moniteur impérial, éprouva une profonde surprise : « Ne serait-il pas allé dans une maison de plaisir? se demanda-t-il en luimème. C’est pourquoi il interrogea le domestique qui, la veille, avait apporté les bagages. « Quand votre maître était chez lui et inoccupé, lui demanda-t-il, quelles personnes fréquentait-il? ne serait-il pas adonné au jeu et aux femmes ?

— Mon maitre, répondit le domestique, n’a jamais hanté les joueurs ni les femmes. Dans ses moments de loisir, il ne se plaît qu'à lire. Quand il se trouve

le matin devant les fleurs. ou le soir au clair de la lune, il compose des vers. des romances, des chancons ou des poëmes, en buvant quelques tasses de vin. Voilà, monsieur, les seules choses où il cherche son plaisir. L’an dernier, il fréquentait encore deux amis, mais depuis qu'on lui a retiré dernièrement son titre de bachelier, ses amis même qui le fréquentaient, sont devenus très-rares.

— Comme votre maître, dit Sou, le moniteur impérial, a la passion des livres et n'aime ni le jeu ni les femmes, pourquoi lui a-t-on retiré son titre de bachelier ?

— En voici simplement la cause, répondit le domestique. Dernièrement, l'examinateur en chef lui ayant décerné la première place sur la liste des bacheliers, il y eut un magistrat reliré qui, charmé du talent de mon maître, eut le désir de le prendre pour gendre; mais mon maître, pour des raisons que j'ignore, S'y. refusa de la manière la plus absolue. Ce magistrat s’irrita contre lui et informa de son refus l’examinateur en chef; et comme celui-ci était justement un ancien condisciple du magistrat, il se fâcha aussi contre mon maître, et lui Ôta sans raison son titre de bachelier. » |

Aprés avoir entendu ce récit, Sou, le moniteur impérial, éprouva une peine infinie. Il envoya de nouveau des courriers pour le chercher, chacun de leur côté, mais après trois ou quatre jours de recherches, ils ne purent découvrir ses traces. Ne sachant que ré-

soudre, el cruellement désappointé, il fit mettre a la voile et partit. On peut dire à ce sujet :

Ea tout temps, celui qui a perdu une brebis, se plaint des nombreux embranvhements de la route.

Un cheval perdu n'a jamais été facile à découvrir.

Qui aurait pensé qu’une abeille ou un papiHon, attirés par les fleurs,

Se seraient élancés au haut des branches, en cherchant les beautés du printemps !.

Si le lecteur ignore ce que fit à la fin Sou-yeou-pé, qu'il veuille bien Îe prêter un moment l'oreille ; je lui conterai cela en délail dans le chapitre suivant.

{ Allusion à Sou-yeou-pé qui cherche à épouser la belle Hong-yu.

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