Vice-président d'an ministère
2. Mot à mot : Eut la joie dans les sourcils et le rire dans les yeux.
3. Littéralement: Avec une intention fausse, feinte. Wang^wenkhing n'ignorait pas la substitution frauduleuse qu'on avait faite pour qn'on attribuât à Sou-3-eou*pé les mauvais vers de Tchang, et à celui-ci l'excellente composition de Sou-yeoo-pé.
PERD UN JOYAU PRÉCIEUX. f68
été enchanté, car tout à coup il s'est mis à rire aui éclats.
— S'il en a été si enchanté, dit Wang-wen-khing, pourquoi n'a-l-il pas invité M. Sou à venir le voir?
— Votre serviteur, repartit Tong, lui a bien demandé s'il fallait inviter aussi M. Sou, mais Sa Seigneurie m'a dit quelques gros înots Je n'en puis devinefr la cause. Qui sait s'il n'a pas l'intention de l'inviter un autre jour.»
Comme Tchang-koueï-jou ne cessait de presser le vieux Tong de prendre du riz, a Je n'oserais accepter, répondit-il; mon maître est d'un caractère très-vif, et Je crains de le faire attendre trop longtemps. Ce qu'il y a de mieux, monsieur Tchang, c'est de venir promptement avec moi.
— Vous avez beau dire, reprit Tchang-koueï-jou, comme c'est la première fois, mon vieil ami, que vous venez ici, il ne convient pas que vous partiez à vide.
— Monsieur Tchang, dit le vieux Tong, recevez mes félicitations. Plus tard, votre serviteur ne peut manquer de venir continuellement vous importuner ; ce jour-ci ne sera pas le dernier *.
— Mon vieil ami a raison, dit Wang-wen-king. Monsieur Tchang, donnez-lui quelque chose de solide à la place du riz *. »
1. Mot à mot : Est-ce que c'est dans le jour unique de maintenant ?
3. C'est-à-dire : Pour lui tenir lieu du repas de riz qu'il n'a pas voulu accepter.
Wang-wen kbing , par forme de plaisanterie, met en opposition l'argent qui est solide et dur avec le riz cuit qui est mou.
Tchang-koaeï-jou courut promptement dans l'intérieur, enveloppa une once d'argent et l'offrit au vieux Tong. i Comme je n'ai pas le temps de vous traiter, lui dit-il, je suis obligé de me conformer aux circonstances. »
Tong fit semblant de refuser et finit par accepter. Sou-yeou-pé voulait se lever et partir, mais Tchangkoueï-jou le retint, c Monsieur Sou, dit-il, ne vous en allez pas. Dès que je Taurai vu un moment, je reviendrai de suite; je compte bien ne pas m'arrôter longtemps. Peut-être que le seigneur Pé voudra me charger de faire pour vous les premières ouvertures de mariage; cela pourrait bien être. Ne soyez pas si pressé.
— Celte observation est juste, dit Wang-wen-khing ; je vais tenir compagnie à M. Sou; nous nous amuserons ici ensemble. Partez vite et revenez tout de suite.
— En conséquence, Sou-yeou-pé se décida à rester. Tchang-koueï-jou mit un vêtement neuf d'une couleur superbe, et prépara tine multitude de ces présents qu'on offre en faisant une première visite. Ensuite, il fit seller deux chevaux , en monta un et dit au vieux Tong de monter l'autre. Après avoir pris congé des deux jeunes gens, fier de son succès, il se rendit directement au village de Kin-chi. Tchang-koueï-jou, en allant cette fois au village de Kià-chi , était bien plus heureux et plus exalté que la veille. On peut dire à ce sujet :
Dans le monde, combien ne voit-on pas de singes coiffés d'un bonnet * ?
1. Noas dirions en français : Des singes qui portent chapeau, c'est-à-dire des Lommes rusés et perfides commodes singes.
Pendant longtemps^ ils se livrent à une fausse joie, et leur visage ne sait point rougir.
Mais dès qu'ils sont en scène, s'il se ronconire des yeux clairvoyants.
Un beau matin^ ils sont percés à jour et se voient couverts de honte.
Si le lecteur ignore le résultat de la visite que Tchang-koueï-jou fit au vice-président Pé, il est prié de lire le chapitre suivant.