DANS LE PAVILLON DES FLEURS, ON LAISSE LA PRUNE
ET l'on CHERCHE LA PÊCHE
Sou-yeou-pé avait été vivement pressé par Tchangkoueï-jou, qui voulait le voir composer une chanson. Comme mademoiselle Pé était Tobjet de toutes ses pensées, il l'avait prise pour sujet et s'était abandonné à sa verve. Laissant courir son pinceau, il avait achevé, suivant toutes les régies, la pièce demandée*. On vit son pinceau s'imbiber d'encre et la répandre comme une pluie continuelle sur le papier. En moins d'une demiheure^, il acheva une chanson dans le goût moderne et la présenta de suite à Tchang-koueï-jou. c Monsieur, lui dit-il, j'ai répondu à vos ordres dans un slyle né-
1. Littéralement : Il avait rempli la chanson. On a vu, dans le chapitre précédent, toutes les conditions requises pour bien composer une chanson, et qui lui ont fait donner le nom de Thien-thse, composition remplie.
2. Littéralement : Il n'eut pas besoin d'un travail de plusieurs khe, U y a cent khe dans lés douze heures chinoises, qui équivalent à vingt-qaatre des nôtres. Par conséquent, lé khe répond k peu près à qoinse minutes.
gligè; veuillez ne pas vous moquer de moi. Tchangkouel-jou prit la feuille de papier et l'examina avec une grande attention. Voici ce qu'il y lut ^ :