‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 135 sur 148 · Mot à mot : $e comparer aux nuages et au ciel · texte numérisé non relu

Mot à mot : $e comparer aux nuages et au ciel

sans pouvoir s'en détacher. Elle se disait que si elle pouvait épouser un homme d'un si beau talent, elle serait au comble de ses vœux. Mais, ayant entendu dire que ce jeune homme n^avait que du talent sans la moindre beauté, elle ne pouvait s'empêcher de trouver son bonheur incomplet. De sorte qu'au fond du cœur elle éprouvait un chagrin continuel, et était chaque jour triste et abattue. Elle ne faisait que s'afQiger et ne disait mot.

Ce jour-là, après avoir achevé sa toilette de midi, elle se mit tout à coup à réfléchir, t Avant-hier, ditelle. Yen-sou m'avait assuré que ce jeune homme était très-laid et trèà-commum J'imagine que, puisqu'il possède un pareil talent, quoiqu'il soit laid et commun, il doit avoir quelque chose de remarquable. Heureusement qu'aujourd'hui Yen-sou n'est pas à mes côtés. Ce que j'ai de mieux à faire, c'est d'aller toute seule épier furtivement ce jeune homme pour savoir exactement comment il est. Si en effet ce n'est pas le bel époux que je cherche, naturellement je le bannirai de ma pensée, et je m'épargnerai bien des inquiétudes et des tourments, i

Son projet étant arrêté, soudain elle ouvrit tout doucement une porte située à l'angle occidental de la maison, et, après avoir fait un détour, elle arriva au milieu du jardin de derrière. Tout à coup, elle entendit un homme qui toussait dans le pavillon des fleurs. Elle s'esquiva et alla se cacher derrière un berceau de fleurs, qui formait une sorte de paravent. Ayant regardé fur-

ON GHERCflE LA PÈCHE. 809

tivement d*un œil attentif, elle aperçât un jeune étudiant d'une figure noble et distinguée, qui se promenait dans le payillon.

Voici ce qu'elle observa :

Il avait Tair d*un jeune étudiant,

Et l'âge où Ton prend le bonnet viril '•

Ses yeux étaient purs comme les eaux d'automne.

Son vêtement était léger comme lesi vapeurs du printemps.

Son teint avait l'éclat du corail.

Son corps, aussi beau que le jade, avait des mouvements pleins de grâce.

Le sentiment de l'amour ^ animait tout son visage.

Ses épaules pliaient sous ses idées poétiques.

Son naturel l'entraînait vers le démon de la volupté.

Toute sa personne respirait la passion de la littérature.

Si vous me demandez à qui il ressemblait :

On l'eût pris pour le Nénuphar bleu, le dieu déchu 3.

Hong-yu, l'ayant regardé, le prit pour Tchang-koueïjou, et resta partagée entre Télonnement et la joie. € Voilà, se dit-elle, un jeune homme charmant. Comment Yen-sou a-t-elle pu dire qu'il était laid et commun? » Elle ne pouvait savoir que c'était Sou-yeou-pé qui, après être resté tristement dans la bibliothèque, était venu se promener dans le pavillon.

Hong-yu, l'ayant regardé quelque temps à la dérobée,

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