‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 134 sur 148 · Mot à mot : Entendre des perles et du Jade · texte numérisé non relu

Mot à mot : Entendre des perles et du Jade

80« DANS LE PAVILLON DBS FLBUITS

En entendant cette demande, dont chaque mot répondait aux vœux secrets de son coaur*, Tchang-koueï-jou fut transporté de joie, a Je n'oserais, répondit41, désobéir aux ordres deVotre Excellence, mais je crains que des vers d'un homme aussi obscur que moi , ne soient indignes d'arriver à vos nobles oreilles *. »

Pé-kong, au comble de la joie, ordonna aussitôt aux domestiques d'apporter du papier et des pinceaux et de les placer sur la table. Ensuite, il leur dit d'offrir à M. Tchang une tasse de vin. Tchang-koueï-jou, ayant vidé la tasse de vin, saisit un pinceau en redressant fièrement la tète, et se mit de suite à écrire. Mais, contre son attente, après avoir copié trois ou quatre des premiers couplets, il avait complètement oublié les derniers. Il réfléchit un instant, et ne pouvant se les rappeler, il se leva sous prétexte d'aller laver ses mains', et courut dans un lieu tranquille et retiré, derrière un berceau de fleurs. Puis, il tira secrètement de sa manche la pièce originale et la lut à plusieurs reprises.

1. Littéraleiribot : Frappait les recoins de son cœur, entrait dans le^ recoins de son cœur.

2. Littéralement : Je crains qu'un (habitant d'un village infime, un homme de Pa, ne puisse entrer dans les oreilles de Tchong-khi.

Tcliong-tseu-khi était un homme du royaume de Thsou, dont l'oreille exercée excellait à juger les sons du Un (sorte de guitare).

Dan^ Tantiquité, des habitants du pays de Pa étaient considérés comme des barbares. Ce pays fait aujourd'hui partie de la province de Sse-tchou'en. — Au lieu de pa-jin-hia-li^ il faut lire hia^li-pa-jin, (Fet-wen-yun-fouy liv. xxxiv B, fol. 94.)

3. En chinois : Tsing-cheout ex^premon détournée pour dire «faire de l'eau» (mingere).

ON CHERCHE Lk PÈCHE. t07

Quand il l'eut bien gravée dans sa mémoire, il revint tout à coup s'asseoir à table, et, après avoir fini de récrire, il la présenta à Pé-kong.

Celui-ci, rayant lue avec attention, en fit le plus grand éloge, c Maître, lui dit-il, les idées de cette chanson sont profondes et gracieuses; toutes les expressions sont nobles et comme parfumées. Vous avez, en vérité, un talent de Han-lin ' ; dans la suite, vous êtes sûr de vous élever, par la fortune et les honneurs, au-dessus du vieillard qui vous parle.

— Monsieur, dit Tchang-kouei-jou, un lettré aussi infime que les herbes et les roseaux, oserait-il se comparer à un homme qui s'élève jusqu'aux nues^? Ce que vous venez de dire m'a rempli de crainte et de confusion. »

Nous les laisserons s'icïerroger et se répondre, tour à tour, en buvant à longs traits à l'ombre des fleurs.

Or^ depuis que mademoiselle Hong-yu avait reçu les deux pièces de vers, composées d'après ses propres rimes, sur les saules printaniers, comme elle n'en pouvait souffrir l'écriture ignoble et vulgaire, elle prit un papier à fleurs et les recopia elle-même de la manière la plus élégante. Ensuite, elle récrivit sur la même feuille sa pièce originale, et les ayant déposées ensemble dans un sac de soie brodée qu'elle avait fait exprès, elle les récitait en chantant du matin au soir,

2. Le talent d'un académicien ou un talent qui yous oayrlra 'académie.

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