‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 137 sur 148 · Mot à mot: Combien n'aime-t-eUe pas le talent · texte numérisé non relu

Mot à mot: Combien n'aime-t-eUe pas le talent

3. Mot à mot : Avec une paire d'yeux excellents, elle Reconnaît le talent comme le feu du rhinocéros. J'ai été obligé de développer la seconde pensée pour offrir on sens intelligible. Il y a ici une allusion à un fait fabuleux. On lit dans Fouvrage intitulé : l-youen : « Quand Wen-kiao fut arrivé au rocher de Nieou-tchou, il entendit une musique

ON CHERCHE LÀ PÈCHE. si»

divin. Puisque vous refusez de vous soumettre, que n'écrivez-vous vos premiers vers ? J'irai les porter à ma maîtresse pour qu'elle les lise de nouveau. Qui sait si elle ne reprendra pas la perle' quelle avait laissée? »

En entendanl ces paroles, Sou-yeou-pé se hâta de lui faire un profond salut, c Mademoiselle, dit-il, sf vous me donnez une aussi grande marque d'intérêt, je vous jure que je ne l'oublierai ni dans ce monde ni dansTaulre*.

harmonieuse qai partait du sein des feaux, mais elles étaient tellement profondes qu*il n*en pouvait voir le fond. Ayant appris qu'elles renfermaient des êtres extraordinaires^ il alluma {sic) la corne d'un rhinocéros divin, et grâce à la lumière qu'elle projeta, il découvrit au même instant les formes étranges des monstres aquatiques.

L'ouvrage intitulé Thou-yang-pien rapporte un fait aussi singulier : « Dans la première année de la période de Pao-youen (1038 de Jésus-Christ), le prince du royaume de Nan-tcbang offrit à Tempereur un rhinocéros de Tespèce appelée Ye-ming (qui est lumineux pendant la nuit). D ressemblait par sa forme à celui qu'on appelle Thoog-thien (qui pénètre le ciel — autre rhinocéros fabuleux), La nuit, sa corne répandait une lumière qui pouvait éclairer un espace de cent pas. On avait beau la couvrir de centaines de pièces de soie, il était impossible de cacher i'éclat de sa lumière. L'empereur ordonna de détacher sa cofne pour la porter à sa ceinture. Lorsqu'il chassait pendant la nuit, il n'avait plus besoin de se faire éclairer par des torches de cire, et voyait aussi clair qu'en plein Jour {sic), »

Quelque ridicules que soient les deux faits précités, il était nécessaire de les connaître pour savoir ce que les Chinois entendent par ie feu ou la lumière du rhinocéros,

1. C'est-à-dire : Vos excellents vers qu'elle avait d'abord dédaignés.

2. Sou-yeou-pé fait allusion aux existences successives qu'adme^ tent les bouddhistes. Mot à mot : En vérité — mourir — • vivre — ne pas — oublier.

lie DANS LE PAVILLON DES FLEURS

— Monsieur, reprit Yen-sou, ne tardez pas ; écrivez au plus vite; il faut que je rentre à l'instant »

Sou-yeou<pé courut dans la bibliothèque, chercha une feuille de papier à Seurs, et y écrivit ses deux pièces de vers. Il les plia* en carré, et sortant à la hâte, il les remit à Yen-sou. a Mademoiselle, dit-il, prenez la peine de porter ceci à votre jeune maîtresse. Je la supplie instamment de lire mes vers avec la plus grande attention; je suis sûr qu'elle comprendra l'amertume de mon cœur.

— Pour moi, dit Yen-sou, je vous jure que je ne tromperai pas votre confiance. >

Sou-yeou*pé voulait encore la retenir pour lui parler, lorsque soudain elle entendit Tchang-koue'î-jou , qui, ayant fini de boire, arrivait en criant tout le long du chemin : t Ami Liên-siôn^, où êtes-vous? »

A ces mots, Yen-sou s'enfuit à la hâte derrière le pa-

1. Il y a ici une expression qui n'a pas de synonyme en français. Mot à mot : Il les mit Tune sur Tautre et en fit un petit ching carré (fang-ching^-eul)^ les disposa en forme d'un petit ching carré (ornement de tète & l'usage des femmes) . —-Dictionnaire de Basile : Muiie* mm capitis omùmentum.

Le ching, qu'on appelait aussi hoa<hing (ching de fleurs) figurait les fleurs d'une plante ou d'un arbre. On le posait sur le front en avant des cheveux. (Dictionn. King-isie-isouan-kouy liv. Lxxxiy, fol. 4.) Nous voyons dans le dictionn. P^eî-wen-yun-fou^ liv. lxxxiv, qu'il y avait des ching en jade (yu-ching), en argent (yenn^hing), en soie (lo-ching), en or (leou-ching), qui se composaient de fleurs d'or ciselées) , etc.

2. Lién^sién (Kimmortel du nénuphar), nom honorifique de-Sou-* yeou-pé.

Villon et rentra dans Tintérieur. Sou-yeou-pé se retourna et alla au-devant de lui. • Votre frère cadet, dit-iU était ici à se promener.

— J'ai manqué de vous tenir compagnie, lui dit Tchang-koueï-jou; Je suis bien coupable.

— C'était tout naturel, repartit Sou-yeou-pé.

— Le seigneur Pé, dit Tchang-koueï-jou, voulait encore me retenir pour causer. Quand je lui. eus dit que vous étiez ici, il voulut tout de suite vous inviter à venir vous mettre à table avec nous; mais voyant qu'il n'y avait plus que des restes, il a craint de vous manquer de respect. Il m'a permis alors de sortir, et de plus il m'a offert, comme vous voyez, un petit coffre * (rempli de provisions). Allons un peu nous asseoir. »

Il prit aussitôt Sou-yeou-pé par la main, et le conduisit dans la bibliothèque pour y boire ensemble. Ils causèrent gaiement tous deux, et burent jusqu'au coucher du soleil ^. Il ordonna alors à un domestique de reconduire Sou-yeou-pé jusque dans le jardin fleuriste. Nous l'y laisserons pour revenir à Yen-sou, qui, ayant serré dans sa manche la copie des vers, était revenue à la hâte auprès de sa maîtresse. « Mademoiselle, lui dit-elle en riant, j'avais bien raison de soutenir que vous vous étiez trompée sur le mérite de ses vers.

— Comment me serais-je trompée? repartit Hong-yu.

1. C'était un petit coffre contenant tout ce qui est nécessaire pour faire une collation.

2. Mot à mot : Jusqu'au moment où lo disque du soleil mangea la montagne.

-— Si M. Tchang, dit-elle, ressemblait à celui que j'ai vu» il serait fort bien.

— Si ce n'est pas M. Tchang, dit Hong-yu, qui est-ce donc?

^ C'est un ami de M. Tchang, répondit-elle; son nom de famille est Sou.

— Pourquoi ét^iil-il là? demanda Hong-yu.

•^ Il m'a dit, répondit Yen-sou, qu'il était venu pour les vers qu'il a composés, sur vos rimes, en l'honneur des saules printaniers, et c'est parce qu'ils n'ont pas eu le don de vous plaire, qu'il erre tristement en ces lieux, i

Dès que Hong-yu eut entendu ces paroles, ses sourcils en feuilles de saule s'abaissèrent et se contractèrent, et ses joues couleur d'abricot pâlirent de tristesse, c Hélas 1 s'écria-t-elle soudain en poussant un long soupir, d'après ce que je vois, M. Tchang a du talent, mais il est sans beauté; d'un autre côté, ce jeune homme est beau, mais sans talent. Pourquoi faut-il que le ciel soit si avare envers moi et que ma destinée soit si malheureuse?

— Si l'on considère l'air distingué de ce jeune homme, dit Yen-sou, quand même il ne saurait pas faire quelques vers, il serait bien digne de vous épouser.

~ Ce n'est pas, dit Hong-yu, que je n'aime la beauté de ce jeune homme; mais hélas I avec tant d'avantages extérieurs, pourquoi n'étudie-t-il pas?

— C'est bien ce que je lui ai dit, répondit Yen-sou, mais il ne reconnaît pas que ses vers soient mauvais;

il est, au contraire, irrité contre tous çt prétend que vous les avez mal jugés.

— Moi et mon père, dit Hong-yu, nous aimons le talent autant que notre vie. Quand même nous ne trouvions qu'une belle expression^ nous ne manquons pas de l'extraire et de la goûter. Comment aurais-je mal jugé ses vers?

— Dans le premier moment, dit Yen-sou, je ne voulais pas le croire, mais quand j'eus remarqué son extérieur distingué, la grâce de ses manières, et son langage, dont chaque mot vous va au cœur, il me sembla que c'était un homme plein de talent et d'affection. C'est pourquoi je l'ai engagé à écrire ses premiers vers pour que vous pussiez les voir une seconde fois. Il ne faut pas, mademoiselle, enterrer les gens. • A ces mots, elle tira le papier de sa manche et le présenta à sa maitresse.

Celle-ci le déploya, et, au premier coup d'œil, elle s'écria tout étonnée : c Comment se fait-il que ces vers ne diffèrent pas d'un seul mot de ceux de M, Tchang?

— Mademoiselle, dit Yen-sou aussi surprise qu'elle, à ce que je vois, il est certain que M. Tchang n'a pas pu les faire et qji'il les lui a volés. »

Hong-yu réfléchit un instant; puis, ayant encore lu la chanson d'un bout à l'autre : « En effet, dit-elle, ce sont des vers que M. Tchang a volés à ce jeune homme.

— Comment avez-vous pu découvrir cela? demanda Yen-sou.

— Au moyen de ces deux pièces de vers, dit Hong-

StO DANS LE PAVILLON DES FLEURS

jn, il est entré chez nous en qualité de précepteur ; qui est-ce qui ne le sait pas? Ce jeune homme étant lié avec M. Tchang, doit connaître toutes ses affaires. Comment aurait-il pu consentir à se couvrir de honte en copiant ses vers? De plus, l'écriture de M. Tchang est commune et détestable, tandis que celle de ce jeune homme, bien que tracée à la hâle^sans soin ni préparation ^ a la légèreté et la grâce des dragons et des serpents^. N'esl-il pas évident que c'est M. Tchang qui Ta volé?

— Mademoiselle, dit Yen-sou, cette idée est parfaitement juste. Que n'allez-vous dévoiler cette affaire à monsieur votre père, pour qu'il fasse une rude semonce à M. Tchang et le chasse, et que vous épousiez bien vite ce jeune homme ? Vous formeriez un charmant couple, doué de talent et de beauté.

— J'avais bien cette môme idée , reprit Hong-yu, mais comment pourrais-je raconter cela à mon père?

— Quelle' difficulté y voyez-vous ? repartit Yen-sou.

— Ces deux pièces, dil-elle, m'ont été communiquées aujourd'hui par une voie secrète. Si j'en parle à mon père, et <iuMl me demande par quel moyen je les ai obtenues, comment pourrai-je lui répondre ? D'ail-

1. Mot à mot : Sans (qu*il ait mis) de chemise ni de souliers.

2. C'est ainsi que les Chinois caractérisent d'ordinaire récriture cnrsive appelée Thsao-tseu ; mais ici le texte est trop concis^ car nous n'y voyons que les|quatre mots : pi-pi-ioriff-che^ pinceau — pinceau — dragons — serpents^ c'est-à-dire chaque mot (ressemble) aux dragons et aux serpents.

leurs, je ne sais pas encore si le talent de ce jeune homme est vrai ou faux. Si je le présente comme un homme de talent, mon père voudra absolument le mettre à répreuve sous ses yeux; et si, dans ce moment, il ne vient pas à bout de faire des vers, quoiqu'il soit évident que nous n'avons eu aucune relation secrète avec lai, n'aurons-nous pas l'air d'en avoir eu? Ne serait-il pas à craindre que mon père n'eût des soupçons ? »

Elle n'avait pas fini de parler, lorsque soudain une servante arriva avec une feuille écrite à la main, et la remit à mademoiselle Pé. c Suivant ce qu'assure monsieur votre père, dit-elle, voici des vers que M. Tchang vient de composer tout à l'heure sous ses yeux, dans le pavillon appelé Mong-thsao-hien. Il m'a chargée de vous les donner à lire. »

Hong-yu prit le papier dans sa main et renvoya la servante. Puis, l'ayant déployé, elle vit, au premier coup d'œil, que c'était une chanson en l'honneur d'un poirier à fleurs rouges. Après l'avoir lue avec attention, elle ne put se lasser de la louer avec enthousiasme : c II y a déjà longtemps, se dit-elle, que mes vers sur les saules printaniers circulent au dehors ; on pourrait encore dire qu'on les a volés. Mais cette chanson a été improvisée sur place, à la vue du sujet, dira-t-on qu'elle a été volée ? >

Hong-yu se plongea alors dans ses réflexions. Yen-sou la voyant si préoccupée : t Mademoiselle, lui dit-elle, n'allez pas renoncer à votre projet, et vous montrer insensible au talent et à la beauté de ce jeune homme.

îiî DANS LE PAVILLON DES FLEURS

— Est-ce que tu ne connais pas^ dit Hong-yu, les secrètes pensées de mon cœur? Si le talent de ce jeune homme n'allait pas de pair avec sa beauté et que je le prisse pour époux^ non&seulement je rendrais inutiles les efforts que fait, depuis plusieurs années, mon père pour choisir un gendre, mais je ne trouverais plus l'occasion de déployer le talent dont mon âme est remplie. Est-ce que je pourrais consentir à la légère?

— D'après ce que m'a dit ce jeune homme, répondit Yen-sou , il possède au plus haut degré du talent et de l'instruction, et il se moque impitoyablement de M. Tchang. S'il n'avait pas lui-même un talent supérieur, est-ce qu'il oserait le déprécier de la sorte?

— Je le sais parfaitement, dit Hong-yu, et je suis sûre qu'il n'en est rien; mais cette affaire intéresse ma vie entière*et je ne puis la traiter légèrement. Je ne serai tranquille qu'après l'avoir vu composer une pièce de vers sous mes yeux.

— Rien déplus aisé, lui dit Yen-sou. Je trouve que ce jeune homme a un cœur plein d'affection. Comme il pense tendrement à vous, il ne peut manquer de venirencore demander des nouvelles (de ses vers). Quand il sera venu, vous n'aurez qu'à proposer un sujet trèsdifficile; j'irai le lui porter et le prierai de composer immédiatement une pièce de vers. On verra tout de suite s'il a du talent ou s'il n'en a pas.

— Cette idée est excellente, dit Hong-yu, mais il faut agir dans le plus grand secret et prendre garde qu'on ne te voie ; ce sera charmant.

— Cela va sans dire, repartit Yen-sou. * Après avoir concerté toutes deux ce projet, elles s'abandonnèrent à des transports de joie. On peut dire à cette occasion ;

L^iotérôt seul que Ton porte au talent

Inspire cent projets et mille stratagèmes.

Il est aisé de voir qu'au moment où vous cherchez un sage dans le pavillon d'orient S

Déjà, il attend le lever de la lune dans le pavillon d'occident *.

Par suite du plan qu'elles avaient imaginé toutes deux, Hong-yu, le matin ou le soir, ordonnait constamment à Yen-sou d'aller se mettre en observation dans le jardin de derrière. Mais comme c'était la maison d'un vice-président de ministère, Sou-yeou-pé n'osait pas y venir tous les jours. 11 y était bien venu deux fois, mais Tchang-koueHou lui tenait compagnie, ou bien il se trouvait avec Ing-lang. Yen-sou se contentait de lancer un coup d'oeil et se dérobait à l'instant. Comment aurait-elle osé montrer sa flgure et lui parler? De sorte que, chaque jour, il lui était impossible de le rencontrer seul.

Un jour que Pé-kong était chez lui. un domestique

1. Le pavillon d*orient est celui qui est réservé à un gendre.

2. Allusion à une aventure citée dans le Si-siang-ki {VHistoire du pavillon d'occident]^ célèbre comédie-opéra en seize actes, dont te principal personnage Tcbang-^ng, qui habitait le pavillon oriental du couvent Pou-khieou-sse (le couvent de Tassistance universelle), franchit un mur, à Tinstigation de la soubrette Hong-niang^ et va Attendre la jeune Ing-ing^ habitante du pavillon d'occident, qui doit venir au lever de la lune pour offrir des parfums aux dieux.

3t4 DANS LE PAVILLON DES FLEURS

lui annonça soudain que Yang, le moniteur impérial^ venait d'être élevé, du rang de Kouang-loU'k'ing (intendant de la bouche), à la dignité de gouverneur de la province de Tche-kiang ; qu'il se rendait maintenant à son poste, et que, passant par la ville de Eing-ling (Nanking), il avait fait exprès un détour pour saluer le seigneur Pé; qu'il avait envoyé d'avance un courrier pour l'annoncer, et que Son Excellence Yang le suivait de près et allait arriver dans un instant.

t Pour venir de la ville ici, dit Pé-kong en riant, il y a soixante à soixanle-dix li (six ou sept lieues). Si ce bon homme vient exprès pour me voir, on peut dire qu'il veut réparer ses torts et devenir mon ami. Si j'allais le congédier avec un air de dédain, ce serait montrer un esprit étroit. »

En conséquence, il ordonna ' à ses domestiques de ranger la bibliothèque pour y retenir Yang, puis de préparer un repas pour le traiter honorablement. De plus, en l'attendant, il fit venir une troupe de comédiens. Ne voyant personne pour lui tenir compagnie, il eut l'intention d'aller inviter dans le village un ou deux magistrats retirés. Mais comme ils n'étaient point d'un rang élevé, et que d'ailleurs il n'était pas lié avec eux, il craignit que ce ne fût manquer aux convenances. Il trouva que le mieux était de prier Tchang-koueïjou de venir lui tenircompagnie; comme il étaitbachelier, il n'y avait là nul inconvénient.

Quand on eut fait tous les préparatifs nécessaires, dans l'après-midi, le gouverneur Yang arriva. Pé-kong

alla le saluer, et, après les compliments d'usage S il ordonna aussitôt de dresser la table dans la grande salle et d'y jouer la comédie, et le retint à dîner. Puis il ordonna à Tchang-koueï-jou de lui lenir compagnie.

Nous les laisserons pour revenir à Sou-yeou-pé, qui, ayant été informé d'une occasion aussi favorable, se glissa secrètement dans le jardin de derrière. Le portier du jardin, qui le voyait tous les jours aller et venir, ne songea pas à l'interroger. D'ailleurs, dans ce moment, la salle de devant était remplie d'une foule confuse, et il n'y avait personne dans le jardin de derrière. C'est pourquoi Sou-yeou-pé, se sentant l'esprit tranquille, s'enhardit jusqu'à monter au haut du pavillon et à promener ses regards de tous côtés.

Justement, Yen-sou, qui avait aussi ses vues, était là en observation et le rencontra fort à propos. Sou-yeoupé ne se possédait pas de joie; il courut au-devant d'elle et lui Qt un profond salut. « Mademoiselle, dit-il, depuis que vous m'avez donné avant-hier une trop grande marque d'amilié ^ du matin au soir j'étais ici en observation, mais je n'avais pu trouver l'occasion de voir votre figure. J'avais perdu l'appétit et le sommeil, et j'éprouvais un chagrin inexprimable. Heureusement qu'aujourd'hui il y avait des hôtes dans le salon de devant, de sorte que j'ai pu venir vous attendre ici

1. Mot à mot : Après avoir parlé da froid et du cbaud,— locution qui, suivant Morrison (part. II, n* 3102}, s*appUque à divers sujets, aux nouvelles, compliments^ etc.

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