XX PRÉFACE
à répreuve celle de leurs lecteurs. Pour conçrendre les mots, les noms propres qui rappellent des faits relatifs à Thistoire, à la fable, à la mythologie, on consulterait en vain les dictionnaires chinois qui sont à l'usage des Européens.
Le Yu-kiao-li est rempli de ces allusions savantes, et la partie la plus longue et la plus difficile de ma tâche a été de les reconnaître et de trouver les faits historiques propres à en faire sentir le but et la portée. Je me contenterai d'en citer deux.
Li-thaï-pé, le plus célèbre poëte de la Chine, était surnommé Tsing-lien^ le Nénuphar bleu. On lit (tome II, page M) : a Après avoîr bu une cruche de vin, ditPé-kong, un poëte composa jadis cent pièces de vers ; c'est ce qu'on a dit jadis à la louange de Li-Tsing-lien^. »
M. Rémusat traduit (tome III, page 89) : « Une urne de vin inspire cent pièces de poésie, et la coupe du nénuphar bleu est la source des beaux vers. »
La môme erreur se retrouve à la page 6 du tome lU.
Wen-kiun, femme que l'on cite souvent à cause de son aventure galante avec le poëte Sse-ma-Siangjou^, a disparu sous le nom de : Prince des lettres,
1. C'est-à-dire à Li-thaî-pé, surnommé Tsing-lien (le Nénuphar bleu).