Préface, p
t PRÉFACE.
petit-fils . La perspective d'un tel avantage tient lieu de tout à un Chinois, et ce préjugé, que nous avons quelque peine à concevoir, est Tun des plus puissants mobiles de leur conduite. De là leur aversion profonde pour le célibat, et la commisération qu'ils portent à ceux qui meurent sans descendants mâles. On a vu des condamnés obtenir, comme une faveur signalée, que leurs femmes eussent accès dans leur prison, fermer les yeux sur les apprêts de leur supplice, et mourir ensuite avec joie, dans l'espoir de laisser après eux des héritiers de leur nom. La sévérité des lois n'allait pas jusqu'à leur refuser cette satisfaction. On doit remarquer que des fils seuls, succédant au nom de famille de leur père, peuvent pratiquer en son honneur les cérémonies dont il s'agit, et que les filles, qui changent de nom en se mariant dans une autre maison, ne comptent pour rien à cet égard. Ce sont donc des fils qu'il faut avoir, ou naturellement, ou par adoption ; car, pourvu qu'on porte le même nom, on a qualité pour s'acquitter de ce devoir sacré. On n'entendrait ni les romans ni les drames chinois, si l'on n'était prévenu de cet usage. On ne comprendrait rien aux lamentations des personnages qui se voient condamnés à mourir sans postérité mâle, ni aux moyens, quelquefois un peu singuliers, auxquels on a recours pour éviter une calamité aussi affreuse. Un des plus na-