‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 31 sur 148 · Littéralement : Dégoûtant à entendre · texte numérisé non relu

Littéralement : Dégoûtant à entendre

2. Mot à mot : H n'y a pas un cheveu de l'air d'un homme honorable.

— Quiconque tremble et chancelle au moment du danger, s'écria Pé-kong, est un sot et un lâche, i

Ou, Tacadémicien, et Soii, le moniteur impérial^ voyant à leur discussion que, loin de s'entendre amicalement, ils ne songeaient qu'à se harceler l'un l'autre : c II a été convenu d'avance, diient-ils ensemble, qu'il n'était pas permis de parler des affaires du gouvernement; et comme tous deux vous avez enfreint sciemment cette défense^ nous allons doubler la dose et vous punir l'un et l'autre de deux grandes tasses. »

En conséquence, ils ordonnèrent aux domestiques de verser à chacun d'eux une tasse de vin. Mais Yang, le moniteur impérial^ voulut encore faire des difficultés et disputer. Pé-kong en fut secrètement contrarié. Il prit sa tasse de vin, et sans attendre Yang, il la vida tout d'une haleine. Ensuite, il pria les domestiques de lui remplir encore sa tasse. Il la reprit et l'acheva en plusieurs gorgées, t Pour avoir eu la langue trop longue, dit-il, j'ai mérité d'être puni de deux tasses. Les voilà bues complètement. Quant aux deux tasses imposées à M. Yang, qu'il les boive ou non, |e n'oserais pas le presser.

— Monsieur, dit Yang en riant, à quoi bon vous fâcher ainsi? Je n'ai plus de raison pour ne pas boire; et quand j'aurai bu, je veux encore que vous me donniez des leçons de poésie élégante *.

1. C'est-à-dire, je déftire que vous composiez de beaux yen qui me serviront de modèle.

- Puisque vous êtes disposé à faire des vers, lui dit Ou^ racadémicien, dépêchez-vous de vider votre tasse.

— Messieurs, dit Yang, après avoir pris de suite ses deux tasses, j'ai bu jusqu'à la dernière goutte. Si vous êtes disposés à faire des vers, veuillez me donner tout de suite un sujet, et me permettre d'y songer à mon aise.

— Il n'est pas nécessaire, dit Ou l'académicien, de chercher bien loin un sujet *; faisons l'éloge des reinesmarguerites, ce sera charmant I

— Aujourd'hui, dit Pé-kong, je n'aurais pas de plaisir à faire des vers. Si vous êtes tous . trois en verve , veuillez, messieurs, composer seuls ; je ne suis pas de la partie. »

En entendant ces mots, Yang, le moniteur impérial, s'emporta avec bruit t Monsieur Pé, s'écria-t-il, c'est trop se moquer des gens. Tout à l'heure, comme je ne voulais pas faire des vers, vous m'avez dit qu'il me fallait absolument composer avec vous^ et que^ si je ne composais pas, vous me puniriez de dix grandes tasses. Et, lorsque je consens à composer, vous dites encore que vous ne cqmposerez pas. C'est évidemment vous moquer (c'est donner à entendre) ; que je ne suis pas un poète, et que vous dédaignez de composer des vers avec moi. Quoique je n'aie pas de talent, comme j'ai eu aussi l'honneur * d'être porté avec vous sur la liste des

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