‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 34 sur 148 · Littéralement : Je n'ai pas pear qu'il ne boive pas · texte numérisé non relu

Littéralement : Je n'ai pas pear qu'il ne boive pas

les affaires de Tintérieur, et même lorsqu'il surrenait quelque affaire du dehors^ Pë-kong voulait toujours en conférer avec sa fille. Ce jour-là, un domestique avait appris tout de suite à mademoiselle Pé la querelle que son père avait eue avec Yang, pour s'exciter l'un l'autre à faire des vers.

A cette nouvelle, mademoiselle Pé, qui savait que Yang était un homme déloyal, eut peur que son père, avec son caractère ferme et entier, ne l'eût rudoyé vertement et ne s'attirât quelque malheur. ■ Maintenant, demanda-t-elle au domestique, mon père fait-il encore des vers ou refuse-t-il d'en faire ?

— Sa Seigneurie, répondit le domestique, s'étant obstinée à ne pas faire des vers, Yang, le moniteur impérial, l'a forcée de boire cinq à six grandes tasses de vin, et comme monsieur votre père les avait prises dans un moment de colère, il est maintenant étourdi par le vin; et dort sur un lit de repos.

— Dites-moi, demanda-t-elle, si M. Yang, ainsi que le seigneur Sou et mon oncle, sont encore occupés à boire ou à faire des vers ?

— Ils font tous trois des vers, répondit le domestique. M. Yang attend qu'il ait fini les siens pour tirer monsieur votre père de son lit, le faire lever et le noyer encore dans le vin.

— Mon père, dit Hong-yu, est-il vraiment ivre, ou fait-il semblant de Tôtre?

— Sa Seigneurie, répondit le domestique, ayant bu quelques tasses dans un moment de colère, elle n'est

8t * UNE JEUNE FILLE DE TALENT

pas plongée dans l'ivresse, mais elle en a une certaine dose. »

Hong-yu réfléchit an instant c Puisque mon père est (un peu) ivre, dit-elle, allez chercher furtivement le papier où est le sujet des vers qui lui a été distribué, et apportez-le-moi pour que je le voie. »

Le domestique, docile à ses ordres^ courut de suite vers la table, et, sans que la compagnie s'en aperçût, il prit une feuille de papier à fleurs où était écrit le sujet, et vint le remettre à Hong-yu. Celle-ci, y ayant jeté les yeux, vit que le sujet était Télogc des reines-marguerites. Elle ordonna aussitôt à Yen-sou, sa servante, d'apporter un pinceau et un encrier; puis, laissant courir sa main, elle écrivit une pièce de vers de sept syllabes. On peut dire à cette occasion :

Des nuages noirs, chargés de pluie, arrivent en un instant * ;

Le démon du poignet poursuit des dragons' qui s'envolent en un instant.

Elle n*a pas eu besoin de compter les lignes ^, ni d'aller jusqu'à sept pas^;

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