Mot à mot : Qui a poussé le moj'eu du char
3. On sent que Pé-kong est au contraire fort irrité de la conduite de Yang, mais, par politique^ il ne peut en ce moment parler autrement.
mais si, une fois parti d'ici, je viens à échouer dans cette affaire, j'ai bien peur que M. Yang n'ait à rougir de jsa présentation.
— Moi-même, dit Tchang, je n'en savais rien. Un décret impérial avait ordonné à notre ministère de prendre une décision. Comme cette affaire était de la compétence de notre bureau, M. Yang est venu m'en informer de point en point, de sorte que j'ai été tout de suite au courant. Aujourd'hui, je viens exprés vous rendre visite pour savoir si vous allez faire ce voyage de bon gré ou contre votre gré.
— Seigneur, dit Pé-kong en riant, pourquoi m'adressez-vous cette question? Dans ma position actuelle, je suis un officier de l'empereur. Que Sa Majesté m'envoie de l'orient à l'occident, du midi au nord, je n'ai autre chose à faire que de lui obéir. Comment pouvezvous me demander si je pars de bon gré ou contre mon gré?
— Monsieur, lui dit Tcb^ng, de tout temps j^ai admiré la pureté de votre caractère. Si je suis venu ici, c'était dans les meilleures intentions. Il faut, monsieur, me parler sincèrement et ne me rien cacher.
— Seigneur, lui dit Pé-kong, après avoir reçu de vous une si haute marque d'amitié, comment oserais-je vous cacher mes sentiments? Mais il y a un point sur lequel je vous prierai de m'éclairer : Qu'enlendez-vous par partir de bon gré ou contre mon gré ?
— Si vous partez de bon gré, répondit Tchang, je n'ai plus rien à dire. Demain, quand vous aurez reçu le dé-
cret, vous n'aurez qu'à vous mettre en route. Si, au contraire, vous ne vous souciez pas de partir, je vous parlerai avec une entière franchise. Voici le fait : c'est M. Yang qui^ pour avoir échoué dans sa demande, vous a suscité cette fâcheuse affaire. Suivant le proverbe : Vhomme le plus propre à détacher le grelot^ est celui qui Va attaché. Ce qu'il y a de mieux à faire, est de me charger des premières ouvertures. Si vous consentez à ce mariage, M. Yang présentera une autre personne pour vous remplacer, et alors vous serez dispensé de partir. D'ailleurs, pour ce qui regarde cette alliance, votre compagnon d'études a une position de fortune égale à la vôtre. Je ne vois là aucun empêchement. Vous ferez bien de réfléchir mûrement et de vous décider.
— Je ne savais pas, dit Pé-kong en riant, que mon compagnon d'études eût tant d'adresse.
— Quoique M. Yang ne soit qu'un moniteur, répartit Tchang-tchi-jin^ il est extrêmement lié avec Ghi, le commandant en chef de la province, et de pluî, c'est l'ami intime de Wang-thsiouen, l'un des alliés de l'empereur. Il a dans le palais de puissantes relations S et môme les deux ministres Tchin et Wang ne manquent jamais d'écouter tout ce qu'il dit *. Comme vous remplissez ici une charge, vous ne pouvez vous dispenser de vous soutenir l'un l'autre. Quant à ce mariage, c'est
1. Litt. : Dans rintérieur, les fîceUes et les cordes sont très-efficaces. *