‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 72 sur 148 · C'estrà-dire : D'accéder à toutes ses demandes · texte numérisé non relu

C'estrà-dire : D'accéder à toutes ses demandes

PÊ CONFIE SA CHARMANTE FILLE. It7

Yang qui est yenu le premier vous solliciter ; c'est une excellente affaire; pourquoi repoussez-vous sa demande ?

— Si Kon considère, dit Pé-kong, la charge que j'occupe dans le monde, les paroles de Votre Excellence sont comparables à Tor et au jade; mais je suis d'un naturel mou et indolent, et il m'est tout à fait égal d'être en place ou de n'y être pas; seulement ce que je n'aime pas du tout, c'est d'être en relations avec des hommes nobles et puissants. Quoique ma mission actuelle ait été suggérée par M. Yang, au bout du compte, il y a là un décret de l'empereur, et comme je suis un officier de l'empereur, je n'ai pas autre chose à faire que de partir pour obéir aux ordres de l'empereur. Que M. Yang m'ait présenté dans l'intérêt de l'État ou dans son propre intérêt, je ne demande pas à le savoir. Quant au mariage qu'il désire, je suis un magistrat pauvre; comment pourrais-je prétendre à un tel honneur ?

— Quoique vous n'ayez pas de goût pour les charges, repartit Tchang, membre du ministère du personnel, vous devez tâcher d'échapper au malheur. Sans parler delà perfidie des Tartares, en faisant pe voyage, il n'est pas sûr que vous puissiez conclure la paix. Et quand même vous réussiriez dans cetle négociation, il dépendra des officiers du palais de décider si vous avez bien ou mal fait d'aller au-devant de l'empereur et de le ramener, si par là vous avez acquis du mérite ou commis un crime. De plus, quand vous serez parti,

iS8 A U VEILLE D'UN VOYAGE PÉRILLEUX,

si votre fille, si jeune et si fréle, continue à demeurer ici, le tigre ^ attachera sur elle ses yeux farouches; pourrez-vous la préserver de tout danger ? •

En entendant ces paroles, Pé-kong changea de visage, c Suivant les anciens, dil-il, € tant que les ennec mis du royaume ne sont pas exterminés, comment t pourrions-nous songer à notre famille? » Du reste, la vie et la mort, le bonheur et le malheur, sont décrétés par le Ciel. J'obéis aux ordres de Tempefeur. Aujourd'hui, en allant en mission au quartier des Tartares, j'ai fait d'avance le sacrifice de ma vie^; à plus forte raison ne tiens-je aucun compte des éloges ou du blâme, et même de ma jeune fille. On pourra me couper la tète, mais jamais je ne subirai la loi d'un autre homme.

— Au fond, dit Tchang, j'étais venu dans une bonne intention; je ne savais pas que Votre Seigneurie eût pris une résolution aussi arrêtée. Je suis bien coupable. »

Il se leva aussitôt, prit congé et sortit. Pé-kong le reconduisit jusqu'en dehors de la porte principale. Oq peut dire à ce sujet :

Le crédit est aussi fragile que des œufs qu'on écrase; L'homnje séduit parFintérét sembla boire un vîn généreux.

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