‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 74 sur 148 · Au président delà chambre des inspecteurs généraux · texte numérisé non relu

Au président delà chambre des inspecteurs généraux

comment avez-vous obtena tout à coup cette mission, et pourquoi partez-vous si vile?»

Sou, le moniteur impérial, poussa un soupir, c Si vous étiez un autre homme, lui dit-il, je n'aimerais pas à m'expliquer devant vous, mais Votre Seigneurie n'est pas un étranger pour moi, et rien ne m'empêche de vous parler à cœur ouvert •

Il lui raconta alors que Yang, le moniteur impérial, avait voulu lui forcer la main, ainsi qu'à Tchang, membre du ministère du personnel, pour jouer tous deux le rôle d'entremetteurs, et que, de plus^ il avait ordonné à Yang-fang, son fils, d'aller rendre visite è Wang-lhsiouen pour obtenir secrètement son appui. Après avoir raconté en détail tout ce qui s'était passé, « Seigneur Ou, ajouta-t-il, dites-moi un peu si cela est permis. Maintenant que Pé-kong est parti, qui oserait se mettre en avant et se déclarer son ennemi? Voilà pourquoi je me suis hâté de demander cette mission ; mon seul but était de le fuir.

— C'était donc pour cela? » dit Ou, Tacadémicien. Mais comme j^ dans ce moment, les personnes qui reconduisaient Sou étaient fort nombreuses, il se contenta de boire trois ou quatre tasses dô vin, puis il se leva et partit.

Ou, l'académicien, de retour chez lui, se dit en luimôme : « Pour que ce vieux Yang agisse avec une telle témérité, il faut qu'il ait des intelligences dans le palais. Si, par hasard, il réussissait à obtenir un ordre impérial pour faire des perquisitions, mointcnanl que

ma nièce est chez moi, je né le crains pas, mais je serais obligé d'avoir des démêlés avec lui. Ajoutez à cela qu'à la veille de son départ, Thai-hiouen^ m'avait fait mainte recommandation. Si Ton échoue une fois sur dix mille, il n'est plus temps de se repentir. En s'échap* pant d'ici, le seigneur Sou a fait preuve d'une prudence admirable. Demain, je n'ai rien de mieux à faire que de demander un congé. Je profiterai du moment où il n'a encore rien entrepris contre nous pour partir d'avance. C'est un moyen excellent. »

Son plan étant arrêté, dés le lendemain, il demanda un congé. Or, les membres de l'Académie jouissaient . d'un grand loisir. De plus, à cette époque, ils n'avaient point de conférences pour expliquer les livres canoniques, de sorte qu'il leur était facile d'obtenir un congé. Une fois le congé obtenu. Ou, l'académicien, demanda un passe-port, et fit partir quelques domestiques pour l'accompagner. Il choisit un jour heureux et envoya les gens de sa maison en dehors de la ville.

Or, Ou, Tacadémicien , n'avait emmené à la capitale qu'une femme de second rang, laquelle, avec sa fille et lui, formaient i^ne société de trois personnes. Cette femme de second rang devait passer pour sa femme légitime et regarder mademoiselle Pé comme sa propre fille. Il prit en outre une dizaine de servantes et de domestiques, et quitta la ville de grand matin, sans que personne s'en aperçût.

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