‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 76 sur 148 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ou, l'académicien, rencontre un homme de talent

sous DES ARBRES EN FLEUR

Nous avons vu que Ou , racadémicfiBn, indigné de^ procédés odieux de Yang, le moniteur impérial^ s'était cru obligé de demander un congé. Il avait emmené secrètement mademoiselle Pé, et était sorti de la capitale pour retourner dans sa famille. Après avoir échappé ainsi à la gueule du tigre, il fut assez heureux pour faire tout ce voyage d'une manière sûre et tranquille, et, en moins d'un mois, il arriva chez lui, dans la ville de Kin-ling (Nan-king). Or Ou, racadémlcièn, avait une fille nommée Wou-yen (sans attraits); elle était âgée de dix-sept ans, et avait un an de plus que Hong-yu. Elle était déjà mariée, mais elle n'avait pas encore quitté la maison paternelle pour joindre son époux. Quoique ce fût la fille d'un magistrat, elle avait Pair fort commun. Elle était la cousine de

Hong-yu K Oa racadëmicien, à qui Pé-kong avait confie sa fille, eut peur que Yang ne se mtt à sa recherche. Il changea aussitôt le nom de Hong-yu (jade rougé) en celui de Wou-kiao (sans beauté), et voulut qu'elle et Wou-yen se donnassent les noms de sœur atnée et de sœur cadette. De plus, il recommanda aux gens de la maison d'appeler Tune Ta^siao-tsie (la grande demoiselle) et l'autre Eul-siao-tsie (la seconde demoiselle), et ne leur permit point de prononcer le nom de Pé.

Quand Ou, Tacadémiclen, arriva dans sa maison, on touchait déjà à la fin*de Thiver, de sorte qu'après avoir fait un grand nombre de visites, et dîné plusieurs fois en ville , il se trouva en un clin d'œil à l'entrée du printemps. Il n'était occupé que de l'idée de chercher à Wou-kiao un époux distingué. Mais quoiqu'il eût pris de tous côtés des informations, il ne trouva personne à son gré. Un jour, tous les magistrats de la ville étaient allés dîner ensemble ^ dans le couvent de Ling-kou 5, pour admirer les pruniers en

1. littéralement : Elle et Hong-yu étaient sœur aînée et sœur cadette du côté de la sœur du père et du frère de la mère.

La sœur de Ou, père de Wou-yen, avait épousé Pé-kong ; par con* séquent^ Ou était le frère de la mère de Hong-yu. Les deux jeûnes filles se trouvaient ainsi cousines.

2. Mot à mot: Avaient eu le vin en commun {yeou-khong4hsieou). Le mot thsieou^ vin, se prend souvent dans les romans pour repns^ collation* *

3. Ling'kou était une montagne célèbre do la province du Kiangnan. (Pd-'wcn-ywfi'fou. Liv. 00 B, fol. 244)

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fleur. Or, la vue des pruniers en fleur, du couvent de Ling-kou, était le plus charmant spectacle de Kin-ling (Nan-king). Près du couvent, sur une étendue de plusieurs li S on voyait partout des pruniers à fleurs rouges et à fleurs blanches. Tout le long de la route, Todorat était enivré de leur doux parfum. Dans Tintérieur du couvent, il y avait quelques pruniers à fleurs vertes * d'une beauté plus remarquable encore. Au commencement du printemps, on y voyait des poètes et des promeneurs sans nombre. Ce jour-là, Ou, l'académicien y avait suivi la foule. Quand il fut arrivé dans le couvent, dès le premier coup d'oeil, il aperçut en effet de très belles fleurs. Un ancien poëte nommé Kao-khi-ti, a composé deux pièces de vers ^ où il célèbre uniquement la beauté des pruniers en fleur.

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