Voyez la note
m ou RENCONTRE UN HOMME DE TALENT
manche de la cognée S je me trouverais infiniment heureux et honoré. Demain matin, j'irai porter les ordres de Votre Excellence. Je pense que, depuis longtemps, Sou-yeou-pé admire mon respectable maître, qui est élevé comme le mont (Thaï-chân) et radieux comme la Grande Ourse. Il n'y a point (de faible plante) qui ne désire l'appui d'un grand arbre ^.
— Si vous tenez votre promesse , dit Ou , l'académicien, je vous serai bien reconnaissant de ce service signalé. Excellent ami, lui demanda-t-il encore, avant-hier, lorsque vous avez passé votre examen de bachelier, vous avez dû obtenir le premier rang.
— Votre disciple, répondit Lieou-yu-tching, est dépourvu de talent ; il n'a eu que la seconde place.
— Excellent ami, reprit Ou, l'académicien, avec un talent aussi distingué que le vôtre^ vous méritiez d'avoir la première place. Comment a-t-on pu vous faire cette
i . Littéralement : Si votre disciple obtenait d*ètre le manche de la cognée; c'est-à-dire si J'étais chargé de faire les ouvertures de mariage. L'expression manche de cognée fait allusion à Tode du Ghi-king intitulée Fa-ko^ (liv. I, ch. iv, ode 5), où il est dit qu'il faut un entremetteur pour négocier régulièrement un mariage, de môme qu'il faut une branche d'arbre pour faire un manche de cognée. Par suite de ce passage : l'expression tenir le manche de la cognée^ est devenue synonyme de faire roffice d'entremetteur ou d'entremetteuse de mariage.
2. C'est-à-dire : Naturellement, il doit désirer d'épouser votre fille.
Cette locution : S'appuyer contre an grand arbre (fou-kiao), se dit plus ordinairement d'une fille pauvre qui épouse un jeune bonmie de grande famille.
sous DES ARBRES EN FLEUR. J73
injastice? Demain, quand je verrai Son Excellence Li, je veux avoir une explication avec lui.
— L'examinateur en chef, dit Lieou-yu-tcbing, juge les compositions avec une équité parfaite, et j'ai accepté sincèrement sa décision. Si vous daignez me montrer de l'intérêt, c'est à votre bonté particulière que je devrai mon avancement, i
Après cet entretien, Lieou-yu-tchitig prit congé de lui et partit. On peut dire à cette occasion :
Vous rencontrez quelqu'un et vous lui donnez une com* mission.
Dès qu'il s'en est chargé, il devient votre ami.
De tous côtés, vous lui ouvrez les portes.
Mais il est difficile de distinguer si c'est dans Tintérét public ou dans un intérêt privé.
Si le lecteur ignore comment s'y prit Lieou-yu-tching pour aller négocier le mariage, qu'il prête un instant l'oreille; on lui expliquera cela en détail dans le cha-f pitre suivant.