Mot à mot : En te tirant se mirent k picorer
T. I. îl
A cette Toe, les assistants forent saisis d'ëtonnement et reconnurent que Yang-kho avait dit vrai.
En ce moment, Sou-yeou-pé, aflprenant que Yangkho avait trouvé sa femme, fut rempli de surprise et d'admiration. Il descendit de cheval, et Payant confié à Siao-hi, il entra à pied dans le temple pour vérifier le fait. Yang-kho voyant entrer Sou-yeou-pé, il dit h sa femme : c Si ce monsieur ne m'avait pas donné son fouet, et si je n'étais pas allé lui couper une branche de saule» nous ne nous serions pas revus dans cette vie. > A ces mots, il rendit le fouet à Sou-yeou-pé. « Monsieur, lui dit-il, je vous remercie infiniment, je n'en ai plus besoin.
^ Est-il possible, dit Sou-yeou-pé, qu'il arrive au monde des aventures aussi extraordinaires ? Peu s'en est fallu que je ne vous accusasse injustement, mais je vous adresserai une question : ce docteur qui fait des prédictions, comment s'appelle-t-il?
— Personne, répondit Yan|[-kho, ne connaît son nom de famille ni son non» d'enfance. Seulement, comme il porte suspendue une pancarte où on lit ces trois mots : ScH-cMn-sién (l'ermite qui l'emporte sur les esprits) S on l'appelle naturellement Saï-cMn-nén. En achevant ses mots, il remercia plusieurs fois Son-
1. Comme s! Ton disait : L'ermite dont ht pénétration est plus grande que celle des esprits. Dans un autre cliapitre, J*ai trouvé «ai (Basile, 10,506) expliqué par ^ouo(l]^112], surpasser, l'emporter sur. Ainsi tombent Tinterprétation (rHermite de la reconnaissance), et la note du premier tnidoeteur (t. H^ p. 41),
UNE FILLE BICHB ET NOBLE. i07
yeott-pë ainsi que les assistants, et emmenant sa femme, il reprit son premier chemin et s'éloigna rapidement. Sou-yeou-pé^ étant sorti du temple, remonta sur son cheval, et tout en marchant, il se livra à ses réflexions. « Moi, Sou-yeou-pé, dit-il, pendant toute ma vie je me suis montré intelligent, mais, pendant un moment J'ai eu l'esprit bouché. Quoique j'aie entrepris ce voyage par ordre de mon oncle, au fond, c'était pour chercher une belle femme. Puisque ce devin a su que j'étais sorti de chez moi pour un mariage, il doit savoir aussi où se trouve ma future épouse. Si je laisse de côté les nouvelles présentes sans prendre des informations, et que j'aille la chercher dans des lieux où elle n'est pas S ne sera-ce pas le comble de la folie? Maintenant qu'il est encore de bonne heure, il vaut mieux que je coure au village de Kiu-yong. Quand j'aurai vu le devin, je m'informerai clairement de Tendroit où est ma future épouse; j'aurai encore le temps d'arriver à la barque de mon oncle. »
Sa résolution étant bien arrêtée, il tourna bride, et se dirigeant au sud-ouest, il s'élança d'un pas rapide sur la route qu'avait prise Yang-kho, pour le rattraper.
Par suite de ce départ, j'aurai bien des choses à raconter. Après une multitude de contestations et de débats, on verra paraître une belle femme; du milieu de l'arène où se décide la vie et la mort, on ramènera un homme de talent.
1. Mot à mot : Des lieux où il ii*y a ni traces ni ombre (d'elle).
t08 UN PAUVRE BACHELIER REFUSE, ETC.
On peut dire à ce sujet :
Au somiiiet des arbres^ le vent fait tourbillonner les fleurs des saules.
Au milieu des airs^ des fils soyeux Toltîgent sans direction flxe«
Ce n'est point l'amour qui leur communique cette folle agitation ;
Le printemps leur refusant son appui, ils se laissent emporter par le souffle du printemps.
Maintenant Sou-yeou-pé va trouver le devin pour l'interroger sur son mariage. Si le lecteur ignore le résultat de ce voyage, qu'il m'écoute un peu ; il en verra le récit détaillé dans le chapitre suivant.