‹ YusufChapitre 2 sur 18 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

Le récit de la carrière du général a déjà été fait païf mon camarade de Tarmée d'Afrique, le colonel Trumelet, des tirailleurs algériens. Mais son travail, constamment soumis aux appréciations de Mme Yusuf, a subi son influence. Celle-ci n'a jamais vu son mari qu'à travers le prisme d'une admiration passionnée. Il en est résulté un ouvrage qui ne donne pas la véritable physionomie du général et qui est resté peu connu. Les anecdotes qui rendent sa vie si curieuse ont été noyées dans les expéditions militaires et son vrai caractère ne ressort pas de sa biographie. En outre, l'auteur a coupé son récit par des chapitres de notes rétrospectives qui en rendent, la lecture difficile. Tout cela a nui à son sujet.

Ici, en revanche, il n'y aura que des épisodes, des souvenirs, des incidents racontés par le général lui-même, ou dont j'ai été le témoin.

Yusuf a eu deux aides de camp qui lui ont été particulièrement dévoués et qui sont restés ses amis : le capitaine d'étatmajor Faure et moi. Faure, qui est devenu général de division et major général de l'armée de Mac-Mahon, en 1870, a connu Yusuf général de brigade et de division, pendant la période la plus active de sa carrière. A mon tour, j'ai vécu près de lui après la conquête.

Entre nous deux, divers officiers d'état-major ont été ses aides de camp; mais ils n'ont fait que passer. Faure et moi, au contraire, nous sommes restés longtemps dans son intimité. De plus, nous avons été liés. Le général Faure, très estimé des anciens généraux de l'armée d'Afrique, m'a honoré d'une vive amitié. Ses conseils m'ont souvent guidé et son expérience m'a plus d'une fois servi.

Enfin, divers incidents m'ont attaché au général Yusuf et ont gravé dans mon cœur une profonde reconnaissance pour ses bontés. J'ai parcouru avec lui les provinces d'Alger et d'Oran, une partie de celle de Constantine, le Tell, le Sud et la Kabylie ; je l'ai accompagné dans notre expédition du Maroc, en 1869 ; et, bien souvent dans nos soirées de bivouac, dans nos campements, dans nos étapes à cheval, il s'épanchait en

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pleine confiance. La vue du terrain évoquait toujours en lui quelque souvenir, qu'il aimait à rappeler.

Ce sont ces détails, racontés à des camarades, dont l'histoire m'a été souvent demandée, et que je me décide aujourd'hui à tirer de l'oubli.

Mars 1906,

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