‹ Yvon et Finette; conte bleu. Edited by E.C. KittsonChapitre 7 sur 9 · Comment Finette le punit-elle ? 9. Comment était-il après · texte numérisé non relu

Comment Finette le punit-elle ? 9. Comment était-il après

1. essoufflés : hors d'haleine. 2. rendus : épuisés, fatigués. 3. la canaille: le bas peuple. 4. clopin-clopant: marchant avec peine.

ce drôle de voyage ? 10. Pourquoi alla-t-il tout droit à sa (15) maison ?

B. Expliquez : un avis, reculer, la toque, le fourreau, lourd, imprévu, poursuivre, le bouclier, le marais, les rafraîchissements.

C. Conjuguez : Il me fait l'honneur do me parler, etc. ; c'est ainsi que je l'entends, etc. ; mon maître me dit de croiser les bras, etc. ; c'est moi qui me charge do faire cela, etc.

D. Complétez: Je jouerai jusqu'à, ce que (être fatigué); j'attendais jusqu'à ce que mon ami (arriver) ; Finette attendra jusqu'à ce qu'elle (pouvoir" parler avec Yvon).

Tandis que le messier et le sénéchal éprouvaient ces 16 petits désagréments dont ils ne jugeaient pas à propos de se vanter, un grand événement se préparait au château de Kerver. C'était le mariage d'Yvon et de la dame blonde. Tous les préparatifs étaient faits 5 depuis deux jours ; tous les amis étaient venus de vingt lieues à la ronde, quand un beau matin, Yvon et sa belle, avec le Sire et la Dame de Kerver, prirent place dans un large chariot tout garni de feuillages, et se dirigèrent en grande pompe vers la célèbre église de 10 Saint-Maclou.

Mais à une lieue du château, voilà les chevaux qui s'arrêtent et qui ne veulent plus tirer ! Il y en avait quatre, on en met six, huit, dix, douze, vingt-quatre ; peine inutile : le coche ne voulait pas ^démarrer. Plus 15 on fouettait les chevaux, plus les roues s'enfonçaient en terre, comme le ^contre d'une charrue.

Que faire 1 Aller à pied, c'eût été une honte. Monter à cheval et entrer à l'église comme de simples bourgeois, ce n'était pas la coutume des Kerver. On tâchait donc 20

1. démarrer: quitter la place. 2. le contre : fer tranchant de la charrue.

(16) de soulever le chariot, on poussait aux roues, on criait, on s'agitait ; mais si l'on parlait beaucoup, on n'avançait guère. Cependant le jour baissait, et l'heure du mariage passait.

6 Chacun disait son mot ; cela donna de la hardiesse au sénéchal. Il s'approcha du baron de Kerver, descendit de cheval, et levant sa toque de velours :

— Monseigneur, dit-il, dans cette maison qui luit làbas au travers du feuillage, habite une étrangère qui ne 10 fait rien comme personne. Obtenez seulement qu'elle vous prête sa vache pour tirer le chariot ; m'est avis que cette bête-là tirera jusqu'à demain.

Le baron fit signe de tête; trente vilains coururent au logis de Finette, qui, fort obligeamment, leur prêta 15 sa vache aux cornes d'or.

Entrer à l'église traînée par une vache, ce n'était peutêtre pas ce qu'avait rêvé l'ambitieuse dame blonde, mais cela valait mieux que de rester en route sans se marier. On attela donc la vache en tête des quatre chevaux, et 20 l'on attendit ce qu'allait faire cet animal si vanté.

Mais avant que le cocher n'eût fait claquer son fouet, voici la vache qui part comme si elle allait recommencer le tour du monde. Chevaux, chariot, cocher, baron, fiancés, tout est emporté par la bête furieuse. En vain 25 les chevaliers éperonnaient leurs palefrois pour suivre les mariés ; en vain vassaux et vilains ^couraient à toutes jambes, prenant la traverse et coupant au plus près. Le chariot volait comme s'il avait des ailes.

Arrivé à la porte de l'église, le cortège, un peu ému

30 de cette course rapide, n'eût pas été fâché de descendre.

Tout était prêt pour la cérémonie ; depuis longtemps on

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