‹ Zadig, and other storiesChapitre 71 sur 86 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Alors Micromegas prononga ces paroles : Je vois plus que jamais qu'il ne faut juger de rien sur sa grandeur apparente. O Dieu! qui avez donne une intelligence a des substances qui paraissent si meprisables, Tinfiniment petit vous coute aussi peu que Tinfiniment grand ; s et s'il est possible, qu'il y ait des etres plus petits que ceux-ci, ils peuvent encore avoir un esprit superieur a ceux de ces superbes animaux que j'ai vus dans le del, dont le pied seul couvrirait le globe ou je suis descendu. ' 10

Un des philosophes lui repondit qu'il pouvait en toute surete croire qu'il est en effet des etres intelligents beaucoup plus petits que rhomme. II lui conta, non pas tout ce que Virgile a dit de f abuleux sur les abeilles, mais ce que Swammerdam^ a decouvert, et ce que 15 Reaumur- a disseque. II lui apprit enfin qu'il y a des animaux qui sont pour les abeilles ce que les abeilles sont pour Thomme, ce que le Sirien lui-meme etait pour ces animaux si vastes dont il parlait, et ce que ces grands animaux sont pour d'autres substances devant 20 lesquelles ils ne paraissent que comme des atomes. Peu a peu la conversation devint interessante, et Micromegas parla ainsi:

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