SCÈNE IV
URCxANDE, ZIRPHILE, ALMÉDOR,
ZIRPHILE.
Sortez, beau prisonnier; ici l'on vous désire.
LA FÉE URGANDE
Avez-vous, Almédor, quelque chose à me dire?
ALMÉDOR.
Ah!
URGANDE à Zirphile.
Zirphile , il soupire !
( A Almédor. ) Pourquoi soupirez-vous?
ALMÉDOR.
Je soupire d'ennui
ZIRPHILE.
On n'est pas plus naïf que lui.
LA FÉE URGANDE
Qu'avez-vous ? répondez.
ALMÉDOR.
Une tristesse extrême.
LA FÉE URGANDE
Que sentez-vous au fond du cœur'
ALMÉDOR^
Rien.
ZIRPHILE.
Hé bien , c'est flatteur.
8 ZÉLOIDE,
LA FÉE URGANDE
Pourtant vous habitez un séjour enchanteur.
ALMÉDOR.
Oui ; mais il est toujours le même.
LA FÉE URGANDE
Soyez donc , Almédor, libre dès ce moment.
ALMÉDOR.
Je puis aller partout? Oh! que je suis content!
LA FÉE URGANDE
Mais dans un âge si tendre , Que de malheurs pourroient vous arriver ! Contre eux il faut vous préserver , Et j'ai voulu vous en défendre.
AIR
Acceptez de ma main Ces fleurs fraîches écloses ; Et que toujours ces roses Pieslent sur votre sein.
Ne quittez pas ce gage D'un tendre souvenir; Voyez-y le présage D'un heureux avenir.
Dans un péril extrême Il peut vous protéger.
Adieu ; n'oubliez pas qu'en ces lieux Ton vous aime ; Toujours ce doux emblème Yous y fera songer.
{Cet air finit en trio.)