C(HUIKS1»UM)ANCES DIVERSES
i ton père que je pensais; c était surtout pour lui que je craignais toutes ces scènes de deuil qui ravivaient des souvenirs poignants.
u Ton pauvre oncle a fait son purgatoire en ce nonde, et je suis heureuse dapprendre la manière Jont il a fini. La résignation a complété le mérite de 5es soullrances. Qu'il repose en paixl
u Je me plais à Ouimperlé, autant que je puis désormais me plaire quelque part, acceptant la vie comme Dieu me la donne, partageant mon attention entre les choses du Ciel et les choses de la terre, vivant de souvenirs qui nous sont communs, ma chère Claire, et d'espérances qui nous sont communes aussi.
o J'appelle de tous mes vœux la naissance de l'enfant de Chàteau-Billy. Cet avenir ne consolera pas du passé: mais il en distraira.
u Ma vie n'est pas établie à Ouimperlé: seulement, le séjour que j'y fais m'est salutaire. Je vis beaucoup à Chàteau-Billy par le cœur, je le revois peuplé comme autrefois: et, pour adoucir la transition à la vie réelle, j'ai le tapage de mes neveux, qui ne respectent pas longtemps mes silences. Je suis un peu privée de l'église; mais j'ai la campagne, une campagne ravissante qui me fait prier.
H Vous recevrez prochainement des exemplaires d'Alix comme le volume que j'ai envoyé à ton père. Tu as bien fait de ne le lui remettre qu'après l'avoir prévenu doucement, mon enfant. Comme je savais que tu veilles, je n'avais pas retardé cet envoi.
« Ce n'est pas une dernière larme, c est une deroière tleur jetée sur la tombe de notre chère disparue. Hélas! ma chérie, j'ai mis un peu le pied dans
cette tombe-là. Mais Dieu a ses desseins; la souffrance est la vraie science de la vie; et morte, ma petite fdle a plus fait pour mon détachement, pour mon bonheur même, qu'elle n'aurait pu le faire dans le cours de sa vie. Je regrette beaucoup, ma Claire, de ne pas pouvoir lire avec toi les pages que je reçois de ma chère religieuse du Purgatoire, Marie de ***, qui m'a été si providentiellement envoyée pendant une épreuve qui dépassait mes forces. Un jour ou l'autre, j'espère te communiquer ce baume, dont j'ai gardé pour moi seule, jusqu'ici, le parfum pénétrant, tout en livrant, pour le bien de certaines âmes, les passages qui n'avaient rien de trop particulier.
« Maman et Marie arrivent mardi. Ma pauvre mère a eu une petite attaque pendant cette malheureuse année 1867, ce qui l'a affaiblie: mais elle est de fer et se remet.
" Adieu, mon enfant, embrasse tous les liens de ma part, et garde-moi un souvenir fidèle. Je t'ai aimée, je t'aime et je t'aimerai en quelque lieu, en quelque position que je sois, je me rappellerai toujours les moments heureux de notre vie en commun.
« Je serai à Paris, nie de la Barouillère, 16, dans les derniers jours d'octobre, et je t'écrirai après la retraite que j'y vais faire. Priez bien pour moi. »