Sotre capitale Borne. Pion, éditeur
SiKClK DE l'AKIS. :i\\)
le moyen ine va. Cependant j'aurai l'urt recours à
j mon bon ange clans ces heures solennelles. Voilà une
. douce et consolante dévotion, que ma Mère et vous
m'avez inoculée. .Je l'ai pour de bon. et j'en ressens le
. jiionfait.
• \otre chère marquise a été malade. C'est fini. .l'ai . été sérieusement alarmée deux jours. Quand elle r reste couchée, l'elTroi est permis. Hier elle m'a r invitée à dîner. Elle a paru toute pâle encore, mais j parée et charmante. MM. Davout et Montégut étaient ! parmi les convives; ce dernier est venu me parler de I vous et de Rome. Il trouve votre portrait superbe. I Qu'Hébert l'envoie donc à l'exposition prochaine! Si I vous le permettez, ce serait une manière de vous t revoir.
u Je sue à grosses gouttes pour ma paresseuse personne, sur mon voyage d'Italie: je corrige et je perfectionne la forme autant que possible.
« Je vous écris le bras en écharpe; il m'a fallu consentir à me laisser vacciner. L'aspect des enfants de Paris me faisait reculer; enfin j'ai subi l'opération en présence d'une belle petite génisse noire, fort éveillée, qui m'a fait rêver campagne.
« Je regarde toujours, comme sœur Anne du conte de Barbe-Bleue, si je ne vois pas ^otre Oraison venir. Où donc s'est égaré ce beau livre?
" Adieu, chère et illustre amie; de loin comme de près, je vous aime tendrement et fidèlement. ■■
320 ZÉNAÏDE FLELRIOT.
A MADEMOISELLE CLAIRE DE KEREVER
» Paris, 1"^' juillet 1870. ■
« Ma Claire, sois sans crainte ; je traverse saine et ' sauve toutes les maladies de Paris, dont l'état sanitaire est peu rassurant ; mais on meurt partout et on se porte bien partout : notre vie est chose trop précieuse, dans sa fragilité, pour être livrée au hasard, et ce que Dieu garde est bien gardé.
u Le nom seul de la brise de mer me fait envie; ici toute brise est un mythe. Je m'arrête parfois aux alentours de nos grands jets d'eau, pour me rappelei ce que c'est que la fraîcheur. Il y a des gens fort incommodés de cette chaleur: mais, Dieu merc j'ai toujours supporté assez allègrement ces petite malaises; il y en a un réseau autour de nous, et, i faut bien le dire aussi, j'aime mieux le chaud que le froid.
« Mon nouvel appartement est entouré d'arbres cela me fait illusion : je me crois à la campagne.
M La chère Marie Nettement va et vient dans \ei châteaux de ses parents qui la veulent distraire; maij chaque jour l'éclairé sur la perte qu'elle a faite, e elle ne se console pas. C'est un bonheur de rencon trer des âmes aussi belles que celle de son admirabh père, un cœur si plein de justice, d'amour, d'élévation, mais on ne se fait pas à leur absence, c'est impos sible. Je ne crois pas que tu puisses concevoir c< qu'était ce pauvre ami; je n'ai trouvé personne qui lu ressemblât, sauf celle qui, en ce moment, m'entour de ses soins maternels, Wvve avec ces personnes es