‹ Zénaide FleuriotChapitre 48 sur 79 · SIEGE DE PARIS · texte numérisé non relu

SIEGE DE PARIS

un avaiil-goùl du Ciel: il ny a plus d Adam, plus de passions basses, plus dégoïsme : cesl la sainteté, Ouel idéal a eu là cette pauvre Marie I Xous nous voyons très souvent, mon propre chagrin m'a donné une compassion sans bornes pour tout ce qui soulTre; et ici j'ai une dette de cœur à payer. On me rapporte quelquefois ce quil disait à propos de mes brisements; îlles comprenait pleinement.

u Puisque* tu es à Château-Billy, embrasse pour moi ce gentil Georges : le bon Dieu a fait de l'enfance la chose la plus ravissante du monde. Ce petit enfant a été. pour vous, une goutte de baume divin. Que Dieu le bénisse et vous le garde I

« J'entends chanter la Marseillaise tous les jours; l dès que je fais une apparition dans un salon, ce ]ui m'arrive rarement, on m'emmène en Prusse. Oue 4e sang et que de larmes en perspective !

« Adieu, chère et aimée fille, restons unies de cœur t de prières, afin de nous aimer éternellement. ■■

Vers le milieu du mois de juillet, le ciel politique ne s'était pas rasséréné : les optimistes espèrent encore \uç la France évitera un sanglant conflit, et Zénaïde îommence les préparatifs de son voyage annuel en Bretagne.

A SA SCELR

'. Paris, 10 juillet ISTO.

« Un mot en courant, ma chère Marie: j'espère que dans quelque temps nou- en dirons beaucoup sans prendre la plume. Ma Aie est ici surchargée, et plu-

sieurs de mes amies ont été malades. J'ai fait la sœui, de charité.

(' Mes pauvres déchus sont aussi très éprouvés; j< ne puis leur donner d'argent, mais je vais panser leui orgueil qui est une terrible maladie. Il y a dee moments où cet amour-propre est dun comique sans nom. Que l'imagination est sotte et l'ait soulTrir ei pure perte! J'en aurai d'amusantes à te raconter, J« ne désire à mes chers neveux que l'esprit de con duile. l'ordre et la claire vue de leurs petites capa ^ités. Avec cela on se tire d'atï'aire. on avise quan< la charge devient trop lourde, on se prive à temps e gaiement, on s'attache au travail qui produit, au liei de s'occuper des atïaires du monde entier.

" L'autre jour, j'arrive chez une pauvre femmi dont l'état fait pitié, qui n'a plus que quelques jour à vivre: je commence la prière :

« Eh bien! Et la Prusse? " s*écrie-t-elle les yeu allumés.

<' Oui. les vacances me sont nécessaires: mais ji devrai travailler: donc, un peu de douceur et d patience dans la maison, s'il vous plaît? Laissons IJ guerre entre les Français et les Prussiens, et écoi^ tons-nous parler en paix. La vie sérieuse, c'est-à-dii composée de mille petits sacrifices faits de bonne gràC'i est encore ce qui rend le plus heureux. Prudence <| .silence devant les enfants, ma chère Marie: j'ai hâli de les retrouver. Puissent-ils accepter le joug bie doux de mes ordres qui ont tous une portée, et so)| basés sur le désir que j'ai de leur bonheur! ^

A peine Zéna'ide est-elle dans sa famille que .l<j événements se précipitent : le premier échec de Wi

SlK(iK DE PARIS. ;i2.j

ouiboLiri;, k's ([('.sastrcs (.le HcicliotlVii et de Forach retentissent doiiloureusemenl dans son cœur atrio tique.

Lennemi a passé la iVonlière, il foule le sol franais; elle ne peut plus y tenir, et, trouvant que les buvelles arrivent trop lentement en Bretagne, elle

vient à Paris pour se rendre compte de la situation.

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