‹ Zénaide FleuriotChapitre 55 sur 79 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Locmariaker. — Bref de S. S. Pie IX.

Correspondance (1871-1872-1873).

Zénaïde Fleiiriot, d'abnégation en abnégation, est arrivée jusqu'au sommet où elle fixera définitivement sa tente. Nous la verrons se consacrer de plus en plus au double apostolat de la plume et du dévouement à la jeunesse ouvrière.

Comme elle Técrit à la princesse Wittgenstein, <' les sillons sont largement ouverts, et attendent qu'elle y sème à pleines mains le grain de la vérité et du bien sous toutes les formes! »

Désormais, quelques lettres choisies entre les plus intéressantes de sa correspondance nous tiendront au courant des moindres incidents de sa vie. depuis 1870 jusquà J890, année de sa mort.

A MADEMOISELLE CLAIRE DE KERKVER

« Paris. 6 ortobro 18:i.

<- Tu fais bien la dame avec ta pauvre Zaza, ma Claire: <i tu savais cependant combien elle pioche,

COnRESPONDA.NCF. :{T .

depuis quelle se regarde comme une eréature unici uoment destinée à servir Dieu, à l'aimer et à le fjiire connaître!

M Maintenant quelle est devenue une sorte de petit ouvrier, dans cette admirable création de son Seigneur, elle travaille comme un nègre.

. Jai bien envie que tu lises Marga, la suite de Ce pauvre vieux. Tu me diras si jai réussi, si j'ai pu, dans ce bavardage d'imagination, jeter deux ou trois bonnes semences. Je te demande, dès maintenant, de le parcourir très lentement, un crayon à la main, et de m'analyser l'impression qu'il t'aura laissée : non pas au point de vue de Milord Jiohert, mais au point de vue réel, pratique, religieux.

« Mon genre d'apostolat voulu est d'envelopper sous une coque d'agréable aspect des vérités dont l'application aura dans les âmes un retentissement éternel; mais il faut que je sache si, la coque brisée, on a mangé l'amande, ou si l'âme y a trouvé seulement une de ces petites pelures racornies qu'on rencontre parfois dans celles qui ont la plus belle apparence.

'• Maria *** m'intéresse au point de vue apostolique: je lui crois de l'intelligence, de la volonté, et elle est abandonnée. Jusqu'à son mariage, je pourrai lui répondre par billets, et arranger pour elle les conseils l(jue je puise à une source bénie; c'est ainsi que j'entends ma promesse de lui écrire. Tout ce qui fait Juire un rayon de vérité sur les âmes, est un double gain éternel: le reste est temps perdu.

« Adieu, etc. "

C'est sur Marga, dont Zénaïde conseille la leetnre

378 zKNAÏni: fleip.iot.

à Mlle de Keréver. que M. de Pontmartiii a écrit un charmant article que nous aimons à reproduire.

Au tome VII de ses Xouveaux S aînedis ^. 3ii^rb< avoir parlé de quelques romans malsains, qui font à la fois la honteuse renommée et la fortune de leurs auteurs, l'indépendant et judicieux critique, s'adressant à ses lecteurs, s'exprime ainsi :

■ Et maintenant permettez-moi de vous associera mes respectueuses sympathies pour ces conteurs qui nous otïrent des modèles d'abnégation. Assez spirituels pour savoir à quel prix s'obtiennent les succès dargenl et de tapage, ils se placent résolument à l'extrémité contraire, s'y font les volontaires, j'allais dire les martyrs de la vertu, et réussissent à nous émouvoir en réduisant des trois quarts les ressorts ordinaires de la fiction romanesque. Lorsque Paganini. après nous avoir éblouis des prodiges de sa virtuositt' fantastique, se mettait à jouer la Prière de Moise, sur la quatrième corde de son violon, après avoir brisé devant nous les trois autres, nous disions : u C'est beaucoup plus beau, c'est beaucoup plus dif- « ficile. •> Eh bien 1 c'est avec la quatrième corde que Mlle Fleuriot nous compose ces intéressantes et charmantes histoires : Aigle et colornhe , Sans bpauté, Réséda, Ce pauvre vieux, Marga. »

Ce bienveillant article fut communiqué à Zénaïde, et elle se hâta d'en remercier l'auteur qui, peu de jours après, vint à Paris et se présenta rue du Cherche-Midi, sans rencontrer celle qu'il y était venu chercher.

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