MORT HÉROÏQUE DE SON FRÈRE
Sur le monument élevé par son escadron, se lit cette inscription touchante en sa simplicité :
Ce 14 Juin 1862 FLEURIOT
MORT AU CHAMP d'hONNEUR Maréchal des Logis au 5* Escadron du 3* Spahis.
Les journaux des Côtes-du-Nord racontèrent le l'ait avec enthousiame, et, notamment, la foi bretonne que nous avons sous les yeux.
Plus de vingt ans après^ V Argus de la presse nous envoyait un article publié dans un journal militaire, le Troupier , relatant avec admiration le trait de sublime dévouement accompli par Jean-Marie Fleuriot; suivait cette réflexion : « C'était Théroïque maréchal des logis Fleuriot, le frère de cette femme de lettres qui a écrit de si nombreux ouvrages pour la jeunesse. »
Après avoir longtemps pleuré ce frère qu'elle aimait si tendrement, Zénaïde finit par triompher de sa peine et se remit courageusement au travail.
Au mois de décembre 1862, elle publia, dans la Semaine des familles^ u Un cœur de mère », qu'elle dédia, par une délicatesse affectueuse, à Mlle Marie Fleuriot, la sœur dévouée dont la maternelle affection ne s'était jamais démentie.
Puis vinrent Babils d'hiver et Causeries d'été signés du pseudonyme Camille du Royou, réunis en un volume sous le titre de Au hasard. M. Alfred Nette-
ment, dans sa chronique de la semaine, en annonce l'apparition en ces termes :
« C'est toujours une bonne nouvelle que celle d'un livre de Mlle Fleuriot. Aw hasard^ Causeries et Nouvelles recevra donc un aussi bon accueil que ses aînés. Comme il y a de malheurevix hasards, il y en a aussi de fortunés; celui dont nous parlons est du nombre de ces derniers. On retrouve dans les Babils d'hiver et les Causeries d'été, qui forment le fond de ce volume, le talent et les qualités précieuses qui ont fait le succès des œuvres précédentes de l'auteur : la notion claire et juste du réel, avec le sentiment relevé et poétique de l'idéal, cet esprit d'observation sans lequel il est impossible de peindre les mœurs et les caractères, et une étude sérieuse de la vie humaine au point de vue des grands principes qui dominent la belle et noble intelligence de l'auteur. Non seulement Mlle Fleuriot a beaucoup d'esprit, mais beaucoup de bon esprit, et elle fait servir à la cause du bien le talent que Dieu lui a donné. »
Au hasard commence par ces lignes de l'auteur :
« C'est bien au hasard que se promène ma plume cette fois, mes lectrices. Je lui ai mis la bride sur le cou, elle va de ci de là, mêlant la fable à la vérité, le récit vrai au récit imaginé, la causerie à l'anecdote.
« L'été, je vous conduis aux eaux; l'hiver, je vous dresse un inventaire, ce que je n'aurais pas osé faire si j'avais lu le Voyage autour de ma chambre du comte de Maistre, un chef-d'œuvre, dit-on.
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*' Kn écrivant ces Causeries, jo me suis rappelé ce vers fameux :
L'ennui iKi«iiiit un jour de l'uniformité.
^< Et j'o(Tre aujourd'hui, au public sympathique qui me connaît, un ouvrage dont la fantaisie est certainement la marraine, et auquel on voudrait donner le succès comme parrain. »
En 1863-1864 la Semaine publia une œuvre où s'affirmait de plus en plus le talent d'écrivain d'Anna Edianez et qui eut un immense succès. Il avait pour titre : Les PrêvalonnahK
u Les Prévalonna\s, scènes de province, dit M. Jouin, est une étude de mœurs d'une grande beauté. Au milieu d'incidents coordonnés avec art, tous les types sont mis en lumière. Il y a surtout un héros principal, une figure d'avare que Molière eût voulu connaître. Je ne crois pas écrire une phrase banale en disant que la plus grande partie des détails qui servent à faire ressortir ce personnage, d'une réalité vivante, ne se retrouveraient ni dans Plante ni dans Molière, et que ces deux poètes se seraient certainement applaudis de les avoir inventés. »
L'année suivante parurent dans la Semaine : « Les deux Clercs » (Mon Sillon), « Souvenirs d'un vieux campagnard », et une saynète : « Ce que femme veut, Dieu le veut ». Les Souvenirs de jeunesse d'un vieux campagnard ont été reproduits par la librairie Hachette,