DÉDICACE
A SON ALTESSE MADAME LA PRINCESSE DE SAYN WITTGENSTEIiN
« Chère Princesse,
« En vous offrant ce livre, il me semble que je « dépose un bouquet de bruyères sauvages sur cette u table, où s'écrivent tant de pages éclatantes. Vous « l'accueillerez par un sourire, car personne, mieux u que vous, ne sait dégager de la plus humble chose u ce qu'elle peut renfermer de charme et d'utilité. Et « puisque les fleurs d'or qui s'élèvent dans votre (( vaste champ et les bruyères qui éclosent dans ma u petite lande fleurissent en l'honneur de la même « cause, elles peuvent, il me semble, mêler un instant « leur parfum dans votre salon, si gracieusement « hospitalier.
A LA MÊME
Grenieux, ce 27 septembre 1869.
« Je vous écris pendant une des haltes de mon voyage, chère Princesse. Après avoir, suivant votre conseil, bien secoué Tourlet de ma robe pour qu'il n'y reste pas de poussière parisienne, j'ai passé quelques jours dans le riant Ouimperlé. Puis j'ai pris Francis, et nous avons commencé une tournée en Basse-Bretagne. J'avais tous mes amis à revoir et jélais bien aise die le leur présenter.
H Notre voyage en tête à tête lui a l'ait beaucoup de bien. En ce moment nous sommes chez mon amie, Mme de Kerigant, au château de Grenieux près Ouintin, une vieille retraite de chouans. Je viens d'y lire le terrible manifeste du père Hyacinthe.
« Cet hiver, je l'ai entendu ici et là; il a été plusieurs fois très vivement attaqué devant moi, et un de ses discours « sur le cœur » m'avait fort impressionnée. Je le défendais chaudement, et je ne puis vous peindre ma désolation. Ou'est-ce donc que la vôtre? Vous le connaissiez, vous l'admiriez.
« Il est bien triste de voir ainsi tomber des astres. On murmure le nom de Lamennais. Je veux encore espérer qu'il nira pas aussi loin. On l'a bien agacé, bien tourmenté, bien travaillé; j'en étais parfois tout à fait irritée; mais voici qu'il vient de donner raison à ses adversaires. Que l'humilité est une belle, salutaire et difficile vertu!
« Je vous demande pardon de vous tant entretenir