‹ Zénaïde Fleuriot, sa vie, ses œuvres, sa correspondanceChapitre 57 sur 89 · FONDATION D'UNE ÉCOLE PROFESSIONNELLE · texte numérisé non relu

FONDATION D'UNE ÉCOLE PROFESSIONNELLE

leiire des fêtes; car, ces jours-ci, je suis très sérieusement occupée.

« La chaleur est insoutenable, c'est une véritable soufVrance à offrir à Dieu. Je vous assure (lu'il faut preudre son courage h deux mains, pour se mouvoir vi pour sortir. Mais il y a ici, en ce moment, une armée de gens héroïques, qui préparent, à la sueur de leur front, des institutions destinées à sauver ce malheureux peuple, malade dVnvie et de vanité. C'est un désordre général dans les idées. Ils ont cependant vu que brûler une maison ne donnait aucun droit à la possession de cette maison. Mais on les a rendus stupides, et ils se croient tous des hommes de génie : ce serait bien bouffon si ce n'était si triste. 11 y a dans tout cela de grandes leçons. Hélas! qui nous donnera rintelligence?

« Je mets aujourd'hui à la poste ce que j'ai de journaux pour les enfants. Qu'il m'en coûte de ne pas les voir! mais les grands intérêts généraux ([ui m'occupent me demandent le sacrifice de rester dans ce four à chaux de Paris; je suis un petit ouvrier du bon Dieu, il m'a donné un outil, il a béni mon travail, je dois servir mon (^.réateur et mon Maître, avant de satisfaire mes goûts. Donc je suppoi'te de mon mieux les incommodités de cette saison et les mortifications (pii attendent une Bretonne pur sang, transplantée, après trente ans, hors de son pays. Une «le mes amies de Nantes m'a envoyé du cidre. Je donnerais, bien souvent, tout mon dîner pour un peu de gros pain beurré.

« Les Bretons ont vraiment des entêtements à part, et règle, générale, sont faits pour leur pays.

Ouanl à moi, ce sont bien les circonstances providentielles qui m'ont amenée à tracer mon sillon au loin; mais ce que j'ai, je Fai reçu, et il faut que j'en fasse le meilleur usage possible. »

Enfin la révérende mère Marie du Sacré-Cœur, première compagne de la vénérée fondatrice, élue Supérieure générale, accepte la création de l'École professionnelle. La lettre suivante nous montre le bonheur de Mme Legentil à cette nouvelle :

« 17 août 1871.

« Quelle joie m'a causée votre lettre, chère Mademoiselle! une vraie joie d'enfant. La révérende mère du Sacré-Cœur a accepté; elle s'intéressera à cette nouvelle œuvre, elle l'aimera ! Dieu soit loué , car maintenant nous pouvons répondre du succès.

(( Je n'aurais rien voulu entreprendre sans les Auxiliatrices. Vous voyez, chère Mademoiselle, que la tâche est noble et élevée ; elle est délicate et difficile ; mais maintenant, avec elles, je ne crains plus rien, j'ai pleine confiance.

« Mme Dufaure a vu Mgr Guibert qui est on ne peut mieux disposé pour nous. Il est probable que la maréchale de Mac-Mahon sera Présidente générale; Monseigneur l'a désignée, et c'est un bien bon choix; mais il faut qu'elle y consente.

« Croyez-moi... etc.

« Marie Legentil. »

On était au mois d'août, et l'ouverture de l'Ecole professionnelle de la rue du Cherche-Midi avait été

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