FONDATION D'UNE ÉCOLE PROFESSIONNELLE
Raphaël, saint Augustin d'Ary Scheffer, une très grande gravure de la Vierge de Dresde, ma chère Alix, les sibylles de Raphaël, en ornent les murs, l'n très majestueux bureau d'acajou se prélasse au milieu; mon petit ameublement bleu garnit le reste. VA j'ai une jolie cheminée de marbre gris, où je brûle du bois. Ma chambre donne sur la rue du Cherche- Midi; j'y ai introduit une armoire à glace; étant obligée de tant paraître, il me fallait un conseiller véridique pour ma toilette.
« J'aime beaucoup ces pauvres jeunes fdles, déjà pétries de mille délicatesses, de mille illusions, et qui ont une vie si dure en perspective. Et les déchues! quelle classe tyrannisée et digne de compassion!
« Toutes ces dames luttent de zèle et de dévouenienl pour l'œuvre. Elles viennent commander robes <'l chapeaux, parler, professer; c'est vraiment édifiant! En tête, quoique sa modestie lui fasse toujours <hercher le dernier rang, se voit Mme Legentil, la pieuse instigatrice de notre école.
« Tu n'ignores pas, ma chère Glaire, puisque je t'en ai déjà parlé, ce nom si connu dans le monde des bonnes œuvres, porté par deux chrétiens éminents. M. et Mme Legentîl, n'ayant pas d'enfant, ont adopté les pauvres, et consacrent leur vie à la charité sous loutes les formes. La Providence leur a donné la richesse; mais contrairement à tant d'heureux d'içibas, qui, ne pensant qu'à leur propre bonheur, insultent par leur luxe à la misère des malheureux, ceux-là se refusent toute jouissance superflue. Ils se condamnent à la .simplicité, pour donner, selon l'axiome de la générosité chrétienne, la plus grande
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