JO ZÉNAÏDE FLEURIOT
çaiscs ; il avait vu de près les nombreux passe-droits accordés en ce temps à la noblesse; et cela avait beaucoup contribué à le rendre admirateur de la Révolution, biien qu'il n'en approuvât pas les cruels excès. Il s'était retiré dans ses pénates, et y vivait paisiblement, s'occupant des fonctions de juge de paix.
(( Il me reçut à bras ouverts; mais bientôt, s'étant aperçu de la mélancolie qui me consumait, de notre divergence d'opinions politiques, et de mon éloignement pour tous les divertissements ordinaires aux enfants de mon âge, ses témoignages de tendresse se changèrent en reproches et en menaces; ce qui me détermina à retourner chez mon saint protecteur, voulant savoir par moi-même ce qu'il était devenu.
« Je mis bientôt mon projet à exécution. Arrivé au bourg, je frappe à la porte du presbytère, personne ne vient m'ouvrir; désespéré et ne sachant où me retirer pour passer la nuit (car elle était arrivée), — je m'assieds près de la maison, fondant en larmes.
« Peu de moments après, vint à passer un habitant du pays qui, me reconnaissant, m'apprit que le presbytère était vide. Sans lui donner le temps d'en dire davantage, je lui demandai : « Mon oncle, mon cher u oncle, qu'est-il devenu? » Cet homme, touché de mon désespoir, me dit que l'on ne savait où il était; mais que son mobilier avait été transporté dans une maison qu'il m'indiqua, pour le soustraire au séquestre national; cette maison était justement celle d'un parent qui avait épousé la sœur de ma mère : tous deux étaient venus demeurer là, à la sollicitation de leur frère, le recteur.