‹ Zénaïde Fleuriot, sa vie, ses œuvres, sa correspondanceChapitre 9 sur 89 · Parmi ces publications, on remarque · texte numérisé non relu

Parmi ces publications, on remarque

d° Un volumineux travail sur Le contrat à domaines congéablés. Les contrats à domaines congéables, participant de la vente et du louage, étaient encore en usage en 1825 dans les trois départements du Finistère, des Côtes-du-Nord et du Mor])ihan. L'Assemblée Constituante avait régi les domaines congéables par des lois spéciales, abrogées en 1792, puis rétablies en l'an ii. On conçoit que ces variations avaient donné naissance à une foule, de questions litigieuses qui faisaient de la procédure relative aux congéements une branche spéciale de la législation; Jean- Marie Fleuriot s'était voué à une étude approfondie de la question et y avait acquis une véritable notoriété.

2° Un mot sur Vindemnité due aux anciejis propriétaires des biens confisqués pendant la Révolution. — Cette brochure précéda de quelques mois le grand acte de justice accompli par la loi du 27 avril 1823, qui rendit aux malheureuses victimes de la Terreur une partie des biens dont elles avaient été dépossédées.

3" Supplique au Garde des sceaux, comte de Quélen, à propos de l'ordonnance du 29 février 1822 qui favorisait les avocats au détriment des avoués.

4° Pétition à la Chambre des députés relative à la déchéance encourue par les ayants-droit qui n'ont pas réclamé dans le délai prescrit. — « L'effet de cette non-réclamation, dit J.-M. Fleuriot, ne peut qu'occasionner un retard dans les liquidations des indemnisés ignorants ou négligents, et non la privation absolue d'un droit, car cette déchéance serait, dans le cas contraire, une nouvelle confiscation puisqu'elle en aurait les effets. Or la peine de la confiscation est abolie et ne pourra plus être rétablie (art. 66 de la Charte). »

5° Réflexions sur Vabolition de la peine de tnort. — On lit dans cette brochure les paroles suivantes qui sont encore d'actualité :

droit cl (Jiiilérot exonérai qui attestent une grande compétence et un jugement aussi solide que profond. 11 faisait imprimer à ses frais ces brochures et les

La sécurité publique, qui doit être la première considération dans une matière aussi grave, dans une question d'une si haute importance, semble commander le rejet d'une proposition propre à augmenter l'audace des gens sans conscience qui ne reculent devant leurs forfaits que par la seule crainte de porter leur tôte ~iir l'échafaud. »

G° Lettre à la Chambre des Pairs pour la délivrance de la duchesse de Bernj.

1" Deux protestations en faveur des écoles chrétiennes de Saintlirieuc, auxquelles le conseil municipal avait retiré, à une majorité de trois voix seulement, l'allocation entière des fonds consacrés à soutenir l'établissement des Frères, ce qui amenait le licenciement d'environ 70U élèves.

S" Un mot sur le serment électoral. Dans cette intéressante brohure, parue enl83i, J.-M. Fleuriot traite cette importante queslion : « Un serment imposé aux électeurs doit-il empêcher les " légitimistes de prendre part aux élections? » Il signale le péril qui va résulter du refus des légitimistes de concourir aux élections et les adjure de remjdir leur devoir de citoyens.

9" Lettre à la « Gazette de France « à propos d'une souscription destinée à racheter la terre d'Augerville, propriété de Dériver, souscription dont il déclarait en ces termes vouloir ouvrir les listes de Saint-Brieuc : « La Bretagne ne restera pas en arrière, elle acquittera noblement sa part de cette dette nationale parce que dans ce pays de loyauté on sait être juste envers les grands et beaux caractères; on aime les hommes à l'âme levée et généreuse et on estime forcément ceux qui demeurent onstants dans leurs principes. »

10° Pétition adressée en 183ô à la Chambre des Députés pour demander l'abrogation de la loi du 5 janvier 1830 et l'exécution loyale, complète et entière de celle du 27 avril 1825, relative à l'indemnité des émigrés déportés et condamnés révolutionnairement.

11" Un mot sur quatre questions importantes :

1" Le cens électoral doit-il être abaissé?

2" Tons les électeurs doivent-ils être éligibles?

3" Le serment doit-il être aboli?

\" Duit-il être accordé une indemnité aux députés?

Ces quatre questions sont traitées delà façon la plus libérale. t't résolues avec une telle clarté, une telle vigueur tiu'on aimerait à citer ImiiI .'uljci't' l'inlfTcssanle brochure qui parut

distribuait dans le public, au seul profit de la vérité, dont il était toujours le champion fidèle. Il avait, du reste, un sentiment très vif de la dignité de sa profession, et un respect si grand de la justice que rien au monde n'aurait pu le décider à prêter les mains à aucune manœuvre déloyale, ou même simplememt illégale ; les bonnes causes seules trouvaient en lui un défenseur aussi enthousiaste que désintéressé.

Il avait les plus nobles amitiés; parmi beaucoup d'autres nous citerons seulement celle du baron Hyde de Neuville *, qui avait J.-M. Fleuriot en si grande estime qu'il allait lui rendre visite dans les rares voyages que ce dernier faisait à Paris.

Lorsque Hyde de Neuville fut arrêté en 1832 et impliqué dans le procès intenté à Chateaubriand, Jean-Marie Fleuriot s'offrit pour défendre les deux hommes illustres auxquels il avait voué autant d'admiration que de reconnaissance ; mais l'opinion publique s'étant révoltée, justice fut rendue aux accusés; et le Président de la Chambre des avoués de Saint-Brieuc reçut de son compatriote la lettre suivante :

« Paris, 5 juillet 1832.

« Les journaux vous auront appris, cher Monsieur, que M. le duc de Fitz-James, M. le baron Hyde de Neuville et moi avons été mis en liberté. Je m'empresse quand même de vous remercier de votre offre géné-

1. Le baron Hyde de Neuville, comte de Bemposta, ministre de la marine sous la Restauration. — Royaliste fervent, il fut emprisonné sous la Terreur, et, libéré, parvint à gagner l'étranger. Il ne revint en France (]u'à la chute de Napoléon, et suivit Louis XVTIÏ à Gand pendant les Cent jours.

reuse. Si mon dessein avait été de me défendre, je vous aurais choisi bien volontiers pour un de mes défenseurs.

« J'ai l'honneur de vous offrir, Monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.

« CUATEAUBRIAND. »

Cette lettre était adressée à M. Fleuriot, avoué « défenseur ».

Le lecteur, nous l'espérons, ne nous saura pas mauvais gré de nous être quelque peu étendu en parlant du père bien-aimé de Zénaïde Fleuriot. Tracer son portrait, c'est esquisser celui de sa fdle, qui, entre tous ses autres enfants, semblait avoir particulièrement hérité des dons brillants et des riches facultés qui le distinguaient : sûreté dans les principes, élévation de lesprit, exquise sensibilité du cœur, fidélité dans les attachements , dévouement à toute épreuve; c'est ce que sa vie nous révélera page par page.

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