Chapitre 111 - Pa»»N<^ r«'lisî«>nx ilv iaiiloii
tuation religieuse dans la province de Cautou jusqu'en 1848.
Quant à la province du Kouang-lSi, elle ne lU'ofita guère, malgré son voisinage, <lu mouvement chrétien dont nous venons de parler. Cependant, les essais d'évangélisation n'y furent pas tout à tait infructueux, au temps où la dynastie des Ming vint y établir ses derniers retranchements contre les envahisseurs fartares. L'on sait que la famille impériale réfugiée à Kouï-liu, capitale de cette province, comptait dans sou sein plusieurs néophytes, dont riuii)ératrice elle-même Hélène et le petit prince Coustautin. (')
Mais depuis la déchéance politique des Ming, l'œuvre évangélique y fut lamentablement anéantie. « Les rares apôtres, écrit Launay, venus plus tard, eurent à i)eine le temps d'y relever les ruines, sans pouvoir > construire de nouveaux édifices. »
Comme on le pense bien, Tévéquc de Macao, en adressant ses mandements aux chrétiens du Ivouang-tcnig et du KouangvSi, en 1GÎ)5, (-) prêchait, dans cette dernière région, un peu au désert. •
Par la même décision de Rome qui confiait le Kouangtong aux prêtres franc^ais, le Kouang-8i était soumis, en 1848, à leur juridiction ainsi qu'à celle de l'évêque de Macao.
Empruntons maintenant à l'éminent géographe Elisée Reclus, quelques détails d'ethnographie qui nous ont paru assez exacts, sur cette région diT Sud de la Chine. (^')
« Cette partie de Tempire, écrit-il, dont une moitié se trouve déjà comprise dans la zone tropicale, est une de celles qui, par les conditions du climat, par les productions du sol et l'histoire des habitants, se distinguent le i)luiii nettement du reste de la Chine. Pendant la période historique, le bassin du Si-Kiang a souvent appartenu à d'autres maîtres <jue ceux du nord, et vers le milieu du XIX*" siècle, c'est là que natpiit la formidable insurrection des Taïping. Pro])ortionnellement à sa population, un vingtième de toute celle de la C^hine, la i)ro vince du Kouang-tong exerce sur la i)<)liti(|ue générale <le l'empire une influence considérable, et sa capitale, que l'on croit être, en l'absence de recensements authentiques, la cité la plus populeuse de la Chine, est considérée à maints égards comme faisant équilibre à Péking.
« Tandis qu© la « Résidence du Nord » surveille les régions des plateaux mongols, où se préparaient jadis toutes les invasions, la « Cité Orientale, » déjà presque hindoue ])ar son cli-
(1) Voir Pfister, iVof ices.
(2) Pastorales de Jean de ( 'azal des 'M) janvier et 2'^ avril IGDô. Ai^h. de Macao. (S) Elisée Reclus. L' Asiie Onetiiah\ 1882.
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mat, entretenait les relations du monde chinois avec les îles et les péninsules que baigne TOcéan des Indes. (')
« An nord la vallée du Si-Kiang', les diverses rangées de montagnes que les Chinois désignent par mille nonis locaux et dont l'ensemble est compris i)ar Ivichthoten sous l'appellation de Nan-chau, se présentent, comme <lans le bassin du Vaug-tse-kiang, sous formes d'arêtes |)arallèles dans le sens du sud-ouest au nor<l-est et séparées ])ar de larges brèches.
« L'une (Telles, le IMng-yi-chan, s'élèverait jusque dans la zone des neiges [)ersistantes. {~)
« On croit ces rangées du Nord beaucou]» plus élevées en moyenne (pie les chaînes du Kouang-Tong méridional. ('ell©>ci, qui commencent dans le Toidvin, parallèlement au rivage du golfe, se dirigent également vers le nord-est, accompagnées au nord par le cours du Vu-Kiang. Ai>rès avoir formé le haut uuissif du Loyang, d(mt on ne peut gravir le sommet, dit ^Martini, qu'en deux Journées de marche, (■*) elles traversent le Si-Kiang. Les cluses (pii se succèdent en cet endroit constituent la frontière naturelle des deux provinces du Kouang- Si et du Kouang-Tong; plus bas, des chaînes i)arallèles resserrent encore le lit tlu Si-Kiang.
<s D'autres arêtes de montagnes, s'alignant pour la plupart dans le même sens que le Nan-Chan et que tout le système sini(iue, occu])ent la région orientale du Kouaug-T(mg et se prolongent dans le Fo-kien; Tune d'elles commence aux jiortes mêmes de Canton et forme le groupe pittoresque de IVïyun-chan (Pak-\Aan-chan) ou la « Montagne des Nuages Blancs,» dont les j>entes sont couvertes d'innombrables tombeaux.
« Plus loin se dresse le mont Lo-fou (J^o-faou), haut de rjOO à 1. ■)()() mètres et couvert en ])artie de forêts à l'ombre des(pielles les moines taoïstes ont bâti leurs monastères; audelà, d'autres ujontagnes vont rejoindie les rangées ])arallèles du Fo-Kien.
« La rivière à la(iuelle on a donné le nom de Si-Kiang « Sai-Kong ou t1eu\e occidental ». est un i)uissant cours d'eau, grâce à la nu)ussoi; d'été, (pii apporte des pluies très abon- (hmtes sur le versant méridional du Nau-chan: cette chute est évaluée annuellement à i)lus de 'J mètres dans la i)rovince du Kouang-Tong.
« Ce tleuve reçoit ses premières eaux du Yun-Nan et des
(l) Provinces du Si-kiany; :
Kouang-Si 201,680 Klc.
Konang-Tontr 283,728 Kl.\
. 8.121,317 hah. (1842) 40 hab. par Kilom carré 20,142,6C»3 hah. (1843) 8G hab. par Kilom oarré
Ensemble 435,368 Kil. ers. 38,273,930 hab. (1842) 65 hab. par Kil. carré
(2) Mittheilungen Von Potermann. 1861.
(3) Novus Atlas Sinensis.