III
Comme il l'avait annoncé, il s'est déjà rendu à Paris où, entre autres qut^stions imi)ortantes, celle de son séminaire le préoccupe beaucou]). 11 écrit à ce sujet le 30 mai 1873 à l'amiraj Jurien de la (iravière, pré.-ident de l'œuvre des Ecoles d'Orient: "Permettez à un évê(iue missionnaire qui jadis a eu l'honneur de vous voir en (^hine, de venir vous entretenir d'une question qui intéresse au x>li^^ haut point l'avenir de sa Mission.
« Il vous la soumet d'autant plus volontiers, que connaissant mieux ces pays lointains, vous pouvez plus facilement juger
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de sa portée, soit au point de vue religieux, soit sous le rapport de notre influence dans ces contrées.
« Chargé depuis 25 ans de la Mission de Canton, je puis dire que notre action n'a pas été sans y obtenir des résultats avantageux. Autrefois, privés de tout établissement, nous y avons aujourd'hui un vaste terrain, sur lequel s'élèvent deux beaux édifices, destinés à recueillir les enfant abandonnés; nous y construisons une belle église ogivale qui sera un véritable honneur pour la France. Nous avons également élevé une belle chapelle gothique sur le tombeau de S' François Xavier dans l'île de Sancian; et ce qu'il y a de plus consolant eucore, c'est que la population en général est bien disposée pour nous, que le nombre des chrétiens augmente chaque année d'un millier de néophytes, et que enfin le nom de la France, à peine connu autrefois dans cette partie de la Chine, s'y présente aujourd'hui environné de la considération et du respect des populations.
« Malheureusement, ce qui nous manque aujourd'hui, ce sont les moyens de soutenir ce mouvement vraiment consolant; et ce qu'il nous faudrait surtout, ce serait un clergé indigène.
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« Et en effet, la Mission de Canton comptant oOO lieues de long sur 200 lieues de large et près de 40 ndllions . d'habitants, et d'une autre part, n'ayant que 30 missiouhaires pour défricher cet immense territoire, avec toutes les difficultés que présente notre titre d'étrangers, on com[)rend (luelle immense disproportion se trouve entre l'(euvre qui nous est confiée et les movens de l'exécuter.
« Que nous ayons, au contraire, un clergé indigène, le travail devient bien plus facile; il se fait sur une ijIus large é-