Chapitre III - Lii. l*roviii<'c «le i'aiitoii
« Lii i)opiilatioii des bateliers, <iui occupe les estuaires par (li/aiues de milliers, se rattache plus iiitiujenieut aux llok-lo ([d'aux autres éiémeuts du midi et ou leur attribue égalemeut une origiue Fo'kieuuoise. La ditt'éreuce du geure de vie eu a tait une caste s])éciale, uou uioius méi)risée (|ue celle de la livière de Fou-tclieou, er désiguée {'\i;alement par des termes or<>8isiers.
« ^V Oautoii, comme à Fou-tclieou, les jL-eus apparteuaut à cette caste ue seraient i»as accueillis sur la terre terme; de pcre en Hls, ils vivent sur des barijucs, errant le ]ou*x des rives, groui)és en villages Hottauts. Dans la rivière de Canton, les lieux trancrane deviennent des proi)riétés héréditaires, et (piand une baiiiue tcuiibe en morceaux, on en construit une nouvelle au même endroit. (')
« Les Poun-ti ^;^ on « Racines <U' la terre » sont les habitants les plus nombreux des provinces du Sud et se glorifient <lu titre d'autochtones. Lssns probablement d'un niélan- <>'e d'immii»rants du nord avec les populations aborigènes, ils se considèrent comme les nuiîtres naturels de la contrée, et même <laus le Vun-Nan ils se refusent à prendre le nom de Chinois: ils veulent être tenus i)our une ra<;e à part. ("-)
« lie})réseutant l'aristocratie du midi, les Poun-ti traitent avec mépris la foule i)lébéienne des Hok-lo (;t des Hak-ka, et même les habitants du nord, (pi'ils sur|)assent en élégance et en rattinement de nueurs. liCur dialecte, <pii est le beau langage Cantonais, a (Hé surnommé Pe-lwa, c'est-à-dire idiome [)ar excellence; un grand nombre d'ouvrages littéraires ont été écrits dans ce dialecte. Les Poun-ti ont la majorité numérique à Canton et dans les alentours, mais ils sont menacés par les Hak-ka prolétaires, descendants de colons qui s'établirent d'abord (Unis la partie nord-orientale du Kouang-tong.
« Le dialecte Hak-ka, très diftéi-ent de celui des Poun-ti et de celui du Fo-kiên, se rapi)roche beauconj) plus du Koan-wa (ou langue mandarine) (pu^ des patois du sud: il semble être une branche de la « laugue vraie, » mais il s'est api)ro})rié un nombre assez considérable d'expressions i)oun-ti.
« Les Hak-ka ^"^ ou Ke Kia, « familles en visite, » sont dans les provinces méridionales, les représentants les plus purs des Chinois proprement dits. Presque tous agriculteurs, ils ne reculent. devant aucune fatigue. C'est parmi eux et parmi les gens du Fo-kien que se rencontrent surtout les travailleurs appelés coulis. Ces émigrants Chinois, (jui se portent en foule vers Formose, Java, Saigon, 'Bang-Kok, les îles Sandwich, le
(1) Gi'ay, Fourteen months hi Catitoti.
(2) Emile Kochor. Jn Province chinoise du Ynn-nan.
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Pérou, la Oaliforiiie, sout des Hak-kti et des Hok-lo; c'est leur dialecte qui se parle dans les villages chinois de Kornéo et à Singapour. (!!ontiuuant ce mouvement de conquête pacifique par le travail qui les a menés, il y a des siècles, de la vallée du Vang-tzé dans celle du 8i-Kiaug, ils débordent maintenant sur le monde. Si méprisés (pi'ils soient i)ai' les orgueilleux Pounti, c'est il leur initiative (ju'est due principalement l'ceuvre de la nation chinoi^sc dans l'ensemble du labeur humain
« Les seuls chemins de la région du Si-Kiang étant les rivières et les portages, les villes se sont toutes élevées au bord «les cours d'eau, surtout dans les endroits où des confluents, des rapides, des arrêts <le navigation nécessitaient l'établissement de dépots de marchan<liscs.
« Ainsi Kouy-lin, la ca])itale du Kouang-8i, s'est bâtie à l'issue d'une brèche des montagnes, au bord de cette écluse du canal ({ui met en communication le Heuve Bleu et le Si- Kiang i»ar la rivière du Siang et celle de Kouy-lin; mais cette dernière est tellement obstruée de rapides, (pi 'elle est à peine navigable, si ce n'est lors des (;rues; (U la ville de même nom, malgré son rang administratif, n'a (pi'une faible importance.
« La grande cité du Kouang-Si est Out-cheou, bâtie en aval de la jonction du « Kouy-lin » et «lu Si-Kiang, sur la rive sej»tentricuiale de ce Heuve.
« Toutes les denrées du Vun-jS'an et du Kouang-Si, les minerais de cuivre, les bois de construction et d'ébénisterie, le ri/ et resi)èce de casse <pu a valu son nom à la rivière et à la ville de Kouy-lin >|^/^ , viennent s'échanger à On-tcheou i^ j^ contre le sel et les objets manufacturés envoyés de Canton. En 1851), l'expédition Anglo-Française cimimandée par Mac Cleverty et d'Aboville remonta le Si-Kiang jusqu'à Ou-tcheou.
« Chao-king ou Shiou-hing ^^, sur la rive gauche du Si-Kiang, en amont de la dernière cluse <iue traverse le Heuve avant son delta, fut longtemps la résidence du gouverneur des deux provinces du Kouang-tong et du Kouang-Si; mais l'administration dut se dé[)lacer pour surveiller les étrangers qui visitent Canton.
« Shiou-hing était jadis la cité la plus propre, la plus élégante du midi de la Chine; mais, ravagée par les Taiping, elle ne saurait plus se comparer A la puissante ville assise au bord de la rivière des Perles; toutefois elle fait encore un grand commerce eu thé, en porcelaines, en dalles de marbre, taillées dans les collines voisines; des grottes que l'on a transformées en temples, s'ouvrent dans ces collines qui dominent la cité
« Le mouvement du commerce et la foule des habitants se