Chapitre 111 - Lh Province de Canton
conceutreut surtout vers le coDflueut du 8i-Kiaug et du Pé- Iviaiig, qui est en même temps la tête du deltn; c'est là que
se trouvent les villes de Sam-ehoï rlTlC et de Saï-Nam. D'après la nomenclature chinoise, Fat-slian i^lil, au sud-ouest (le Canton, ne serait qu'un simple bourg ou village, parce qu'il n'est pas ceint de murailles. Ce village de 20 kilomètre» de pourtour, est classé paiini les «quatre marchés» d(^ l'Empire du Milieu; il forme l'agglomération la plus poi)ulense du delta qui rejoint le l)ras de Sam-rhoï A la rivière des l*crleis. ,
« 11 paraît que hi coulée navigable de .Fat-shan n'a plus autnnt d'eau qu'autrefois: de là peut-être la décadence du village, que Bouvet et d'autres missionnaires disant avoir en un million <rhabitants au 17'' siècle, et qui de nos jours, en aurait seulement la moitié.
« Si Fat-shan a cessé d'être l'égale de Cîinton, du moins peut-elle en être considérée comme une sorte d'annexé pour les manufactures de soie, de <pdncaillerie, de nattes, de papier, de voiles, d'objets de toute espèce.
« A l'est de Canton, Chek-long ^|[|, à la tête du delta (pie forme le Tong-Kiang, est aussi nue dépendance commerciale de Canton: c'est là que s'entreposent les sucres et les autres denrées de l'est destinées à la capitale.
« Quant au l*é-Kiang, il arrose égalen\ent une contrée fort
populeuse, et plusieurs des villes riveraines, telles que 1^^^
Nan-hiong, au pied du Meï-ling, et Chao-tcheou ^S'J^H? '^^^•''t des ports très fréquentés par les jonques. Le tributaire <pu' reçoit le tieuve du Nord à (Uiao-tcheou vient du Tche-ling, ])assage de 400 mètres d'altitude, sur le chemin d<? Canton à Siang-tan. La région montagneuse (lue parcourt le haut Pé- Kiang est très riche eu gisements de charbon .............
« Les annales chinoises parlent de Canton depuis 23 siècles: à cette époque, elle portait le nom de Nan-woutcheng ou «Cité guerrière du Sud»; et (^ert.'S elle mérita cette appellation par ses révoltes fréquentes. Kn l'au 250 de l'ère vulgaire, elle réussit à chasser les Chinois du Nord et resta complètement indépendante pendant une cinquantaine d'années. Au commencement du 10® siècle, Canton devint la capitale <run Etat distinct ne se rattachant à l'empire que par le payement d'un tribut annuel; mais 60 ans après, elle fut reconquise par le fondateur de la dynastie des Song. En 1()48, elle s'insurgea contre les Mandchoux, au nom de la dynastie des Ming, et résista pendant plus d'une année: plus de 700.000 Can tonals périrent , i)endant le siège, et la cité, livrcV au pillnge, fut changée en un amas de ruines.
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« Canton ou Kouaiiii-tcheon ton
»i , est une
(les ci-
tés les plus chinoises du Royaume Central, quoiqu'elle se trouve sur les contins méridionaux, regardant, pour ainsi dire, vers les îles malaises et les péninsules indiennes.
« rom[)arée aux autres grandes cités de l'empire, (prelle dépasse probablement toutes par le nombre des habitants, elle leur est également supérieure par l'originalité de l'aspect et la fidélité au tyi)e caractéristitiue d'une cai)itale chinoise.
« Elle n'a pas, comme Pékin, ces larges rues poussiéreuses, ces maisons eu t'ornu^ de tente (pii rapi)ellent le voisinage des steppes mongoles; elle ne s'imi)ose pas à la vue comme Chang- Haï ou Hankeou, par ces nouveaux (piartiers ofi tout est euroi)éen: maisons, Jetées, bateaux et gens; elle n'a i>as du se renouveler comme Hautcheou et tant d'autres cités de l'empire renversées par les rebelles « aux longs cheveux ». « Elle se montre encore (1S81) telle qu'elle était, il y a plus de ÔOO ans, lorsque les Européens la virent pour la i)remière fois ('). Cette ville, unique au monde, se révèle d'abord à l'étranger par son quartier tlottant, où sont ancrés des bateaux de toute espèce, disposés eu îlots comme les nuiisons de la terre téruje et séparés par des rues d'eau, (pie sillonnent incessamnient les banjues; large de i)lus d'un kilomètre en cet endroit, le fleuve disparaît sous cette flotte de bateaux, où la foule des marchands, des industriels, des restaurateurs, des gens de plaisir n'est pas moins animée que dans la ville de la terre ferme.
« La cité lu'oprement dite, bâtie sur la rive septentrionale du Tchou-Kiang ou «fleuve des Perles», est entourée d'une muraille et, suivant la coutume chinoise, divisée par un autre rempart en deux villes distinctes. La poi)ulation se presse dans cet espace de quelques kilomètres (;arrés: les rues sont étroites et tortueuses; les planches laquées et dcu'ées des enseignes, susl)endues au-devaut de chaque magasin, rétrécissent encore la voie; en maint passage, des nattes sont tendues de maisou à maison, et dans une ])énombre discrète, entre les riches magasins largement ouverts, glisse sans bruit la foule bariolée des piétons; qui s'ouvre (;à et là pour laisser passer les palanquins. p]u dehors de la ville, de vastes faubourgs se prolongent à droite et h gauche, le hrng du fleuve; en face, sur la rive méridionale, la cité de flo-nan s'élève dans l'île du même nom, tandis qu'au sud-ouest, dajis une autre île, s'étend Fa-ti, le « chani]) des fleurf: », habitée par des Jardiniers, 'qui s'occupent surt(mt de la culture des arbres nains et de celle des chrysanthèmes. Des pagodes et des monts-de-piété dominent les agglomérations des nuiisons basses.
(1) Il est hifii établi i\\\f les Ai'abes y aborrlèrent an 8'' rfit^'clo.