Chapitre XIV • L.'Hm irai Véroii
nommé le groupe de la « *S^'*. alliance », sont-ils déjà symptoniatiques.
On y perçoil déguisé.s .sous les termes conventionnels d'un toast, nu appel à Fanion et une inquiétude qui se résument également dans l'explication et le commentaire que le prélat fait de sa devise: In morte vita.
Mais quoiqu'il arrive, et en dépit <les pronostics troublants qui abattraient une Ame moins trempée que la sienne, il poursuivra toujours sa tAclie, quelque ardue (ju'on la lui rende. D'ailleurs la consolation suit toujours r(''pren\e.
■ vTi. :
Le 8 novembre, 1877, il re(;oit de l'Amiral Véron la réponse à l'invitation qu'il lui avait fjiite d'assister à la cérémonie (lu mausolée des soldats français.
Voici ce document:
Shauijhai 1. nov 1871
Monaeigneur,
« J'di l'honneur de vous acciisiM" récei)tion de la gracieuse lettre que vous m'avez adressée de Canton, dans laquelle vous m'invitez à aller assister à la translation des restes de nf>s camarades morts pendant le siège et l'occupation de la ville, et aussi à l'inauguration du monument élevé par vos soins audessus de leurs tombes pour perpétuer le souvenir d'une campagne qui fit honneur à nos armes.
« Je m'empresse de répondre à Votre Grandeur que je serai h'ureux de concourir avec mes lionimes à cette solennité et que je me trouverai ^si les circonstances ne viennent pas contrarier mes projets) dans la rivière de Canton avec l"'Atalante" et le " Hugou " vers le milieu du mois prochain.
« Je me félicite en même temps de l'occasion qui s'oflEre à moi de faire la connaissance du i)rélat aussi universellement estimé et honoré que celui de Canton.
« Jai l'honneur d'être ^
Monseigneur,
avec le plus profond respect, de Votre Grandeur, le très obéissant et très dévoué serviteur
A. Véron.
P. S. J'aurai l'honneur de vous faire connaître mon arrivée à Hong-Kong d'où nous pourrons régler le programme de cet-" te fête nationale.
26 lUgi' iiuillemin
Mgr Gnlllemln
Est-ce dans la perspective de cette cérémonie, que l'évêque convoque, pour lui donner plus d'ampleur, tous ses missionnaires à une retraite spirituelle?
C'est un fait qu'à la date du 20 novembre, 17 de ses collaborateurs étaient réunis à Canton.
Il profite de cette retraite pour mettre en ordre sa correspondance un peu négligée, et il se prépare avec quelques-uns de ses missionnaires à recevoir dignement le brave Amiral Véron.
La cérémonie du cimetière sera fixée au 26 Décembre.
Les détails de cette fête que l'amiral traite de "nationale", furent publiés dans les " Missions Catholiques " du 7 février 1879. Les voici:
» C'est le 29 Décembre 1S77 qu'eut lieu V inhumation des restes des soldats français dans le monument érigé sur le cimetière catJiolique de Canton.
Déjà, quelques mois auparavant, Mgr Guillemin les avait fait recueillir des différents endroits où ils avaient été déposés ^ puis, renfermés dans des urnes de terre, ils avaient été transportés au cimetière ; et enfin, la veille de la cérémonie, en présence de l'évêque, ils avaient été mis corps par corps, 08 par os, dans le tombeau commun destiné à les recevoir.
Chaque couche était recouverte d'un lit de chaux et de mortier, à l'exception de la dernière, qui les laissait voir dans leur état naturel.
Le Vice-Roi de Canton voulut donner, pour la cérémonie religieuse, une escorte de 60 soldats chinois, autant pour rendre honneur à la France que pour maintenir le bon ordre. Une compagnie de matelots français se joignit à eux, et, à la suite de ce petit détachement, s'avançaient en palanquin et revêtus de leurs habits de cérémonie : Mgr Guillemin, M. l'Amiral Véron, commandant de la station navale de France en Chine, avec le commandant du " Hugon " navire français mouillé dans les eaux de Canton ; M. Lichon, aumônier de la frégate ; l'état-major et les officiers • M. de Lagrenée, consul de France et son chancelier; les missionnaires avec les catéchistes en longue robe ; enfin une foule de chrétiens et de païens, attirés par un sentiment religieux ou par le désir d'assister à un spectacle si nouveau pour eux.
« Arrivé à l'entrée du cimetière, le cortège fui reçu au bruit d'une détonation de pétards, et se rendit à une tente dressée au pied du monument et où avait été placé un autel drapé de noir.
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