‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 14 sur 155 · Chapitre 111 » C'aïUoii · texte numérisé non relu

Chapitre 111 » C'aïUoii

« La capitale du Kouang-toiig est l'uue des jjIus iusalubres de lîi Oliiue: ou u'y compte pas moins de SOOO aveugles et de ,■)()()() lépreux (').

« Les résideuts anglais, (pii sont de beaucoup les plus nombreux et les plus riclies parmi les Européens de la colonie, ont t'ait de leur quartier, bâti dans l'île de Shîuneen, une cité somptueuse, beaucouj) plus saine (pie la cité cliinoise, et pourvue de promenades et d'allées ombreuses.

<. L'enï[)lacement de ce (piartier est bi(Mi choisi, car c'est en l'iU'c de la concession, <pie se bifnrcinent les deux ebenaux les plus protonds de la rivière des Perles.

«. Pour la production industrielle, (Canton est la première des villes chinoises: ses ouvriers tilent la soie, teignent, apprêtent les étottes, fabriquent le papier, le verre, les huiues, taillent l'ivoire et le bois, sculjjtent et vernissent des meubles admirables, tondent les métaux, cuisent les porcelaines, rattinent les sucres, travaillent les mille objets que l'on connaît sous leuom d' «articles de Cauton », et qui s'expédient dansPlutérieur de la Ohiue; les ouvrières indigènes ont i)orté à la i)erfectioii l'art de la broderie : soit pour ragencement des couleurs, soit ])our l'élégance des dessins et le tini de la main-d'<euvre, elles n'ont point de rivales an nu)nde (~).

« (Cauton est le grand entrepôt des soies du midi, connue llau-tclieou est l'entrepôt des soies du centre de la Chine.

« Presque tout le commerce de la cité se trouve entre les mains des négociants indigènes: les Européens de Shameen sont devenus de simples commissionnaires. En 1<S15, avant la mission de lord Amherst, le commerce anglais était simplement toléré; il n'existait avec la Chine ni capitulations comme en Turquie, ni traités de eommerce comme entre les diverses nations d'Europe.

« Mais lorsque le trafic put se faire en toute liberté, Canton, iouissant du monopole des é(^hanges avee l'étranger, prit une inii)ortance extraordinaire.

« L'ouverture de Chang-hai et des autres p<u'ts de la Chine tit tomber (^nnton au deuxiènu^ rang paiini les cités commerciales de remi)ire, mais le mouvement rei)rend i)eu à peu (').

« C'est à Canton que s'est formé, par l'ettet des relations constantes entre Anglais et Chinois, le bizarre iargon apj)elé «Anglais d'att'aires» ou pidffeon eufflish, dont un certain nombre d'expressions sont entrées dans le langage ordinaire des .Vnglais eux-mêmes.

(1) Les lépreux ont été, depuis 1910, consignés hors de la ville, dans un bâtiment spécial, puis définitivement installés dans une île du Tong-Kiang.

(2) J. de Rochechouart, Pt'khi et l'intérieur de la Chine.

(S) Comnieice étransfer de (Canton en 1879 — 195.2G6.97G francs.

.. en 1844 — l'-48.(XK,>.0(Mt

yiK*' iàitilleiuiii

* Une classe spéciale d'intermédiaires qni ne sont ni Anglais ni Cliinois pullule autour des factoreries: ces hommes sont pour la i)lupart tenus en niédiocre estime, et c'est à eux (in'esî dfi dans l'intérieur roi)prol)re qui s'attaclie au nom do «C'antonais».

« Vu dicton populaire exprime à la fois combien la vie est [)éuil)le dans les montagnes de l'ouest, et combien elle est corrompue dans la <>raude ville du midi: « N'ieillard, ne va i>as au Su-tcliuen: Jeuue homme ne va i>as à (^anton » (').

Et c'est dans cette ville où n'avait i)u se rendre Xa\ier, d'où furent chassés tant de j»rcdicateiirs, où tant d'autres périrent dans les fers et où Dieu lui-môme, parmi tant de dieux encensés, restait seul inconnu, (pie, dans la soirée du 1'-'' Octobre 1<S41>, M. (Tuillemin tit son entrée.

Il avait, comme il a été dit, pour compagnon M. Lalanne (~).

" Vers les lO hcffres dn soir, écrit-il le 12 i'évrier 1850, )ious trarersions en silence le.s i nés de la cille^ pour nous rendre au iogemend préparé <inel]iie!^ Jours aupararaid par les soins de M. Renou. du TJiihef.

" J'aurais bien désiré naroir ici que i' asile ordinaire offert an missionnaire par ses néophi/tes; mais Canton ^-enfermant ipiehpies chrétiens portuijais <pii // sont pour leur commerce, et cette ville étant appelée à devenir un point central pour les catholiipie.s chinois qui -s'// rendent de toits les p)oi'}its de reinpire. il était nécessaire (fuc f y eusse une demeure Ji- .l'v coiinup de tout le monde. Elle est simple; il ij a deux chamtires asst'z petites^ puis une antre (pii nous sert de eliapelle.

" Le loidemain, nous arons reçu la risite de plusieurs Portuf/ais.

" Le dimanche suiraid ,ffai en la consolation rV ij voir quelques Chinois se jrresser autour de Pautel nouvellement érigé. .^^

La maison (pi'il habitait, était située dans le (piartier voisin des factoreries, rue Shap-sam-hong "f" ^ ^- ^^^h façade donnait sur cette rue, et derrière était une maison danoise (Uanish liong). Elle était enserrée des deux côtés par des bouti- ([ues chinoises.

L'habitation n'était rien moins que confortable pour l'ancien secrétaire d'archevêque; et Ton se demande comment sa cons-

fl) Elisée Kftlus, V Asïe Onentale.

(2) Lalanne- Sansot Julea-J. Rapi. «lu diocèse de Hayonne, né le 14 Juillet 1842. parti pour le Koiian^-tony: le 8 février 1849. mort à «'anton le 12 juin 1851.

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