Chapitre XV -Sa vie h Rome et ft Paris
ci -après, à la composition duquel il travaille dès ce niomeut, mais qu'il ne présentera qu'en 1882. (1)
Il se morfond à Rome de longs mois, sans obtenir le moindre éclaircissement sur sa situation.
Au mois de septembre, il annonce à son frère son arrivée à Paris, et son désir de venir le plus tôt possible en Franelie-Oomté " refaire un peu ses forces avant de rejoindre sa lointaine Mission."
A Paris, les médecins lui conseillent une saison à Aix-les- Bains, car « ils la jugent très utile à sa santé ». Il se prête à leur désir, et ce n'est qu'après avoir fait sa saison, qu'il vient passer quelques jours dans sa famille oii un deuil l'attendait: sa sœur ainée, Mme. Trésoret, mourait le 19 I*?ovembre 1871).
II assiste à ses funérailles et rei>art immédijitement après pour Paris.
Pendant cet hiver 1879-1880, qu'il passe entièrement à Paris, au Séminaire de la rue du Bac, il a une vie très occupée, et très active. Tous ses moments sont pris, soit par les visites qu'il reçoit ou qu'il rend, soit par les réunions qu'il est appelé a présider un peu partout; il dvîune des sermons, fait (les conférences dans l'intérêt de sa Mission.
Sa porte était tellement assiégée, que son neveu M. Léonce Guillemin, qui faisait alors son droit à Paris, avait peine à le voir.
Un jour qu'il venait le visiter, il croise dans les corridors du Séminaire, un prélat qui sortait de la chambre de Mgr Guillemin. Trompé par sa vue qui était très myope, Léonce le prend pour son oncle et s'empresse de le saluer comme tel. Le cardinal Guibert (c'était lui) devinant la méprise, lui répond avec un affectueux sourire: « Je serais, dit-il, très honoré d'accepter le titre que vous me donnes, mais vous, vous y perdriez au change! l'évêque de Cyhistra vaut deux archevêques de Paris ! »
Dans les conférences qu'il donnait souvent devant un auditoire d'élite, il faisait à la fin, lever son diacre A-tsin, qui adressait à la société un petit compliment de remerciements pour son bienveillant intérêt; et le jeune Chinois clôturait la séance par la récitation de "l'Ave Maria" dans sa propre langue. '
A-tsin se prêtait à cela de la meilleure grâce; aussi était-il très aimé dans la bonne société.
Un jour, il avait accompagné Monseigneur, à l'Ecole de
(1) L'abbé Trésoret pense que le docutacnt ne fut jamais présenté à la l'ropao-ande.
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droit, et, après le cours, il avait témoigné le désir de visiter la Faculté. .
Or, pendant que Léonce Gnillemin se mettait en mesure d'obtenir l'autorisation nécessaire, A-tsin est abordé par un professeur de la Faculté qui le salue par son nom et qui s'empresse de lui faire les honneurs de l'Ecole. Ils s'étaient rencontrés quelques jours auparavant dans une de ces réunions où le séminariste savait se faire apprécier i)ar son à-propos.
Au mois de mars 1880, Monseigneur fait une fngue en Franche-Comté, pour répondre à l'invitation de M. le Curé de Gellin à une cérémonie de bénédiction de cloches.
Comme il ne sait jamais refuser une visite, il «vient en liAte faire la dite cérémonii', puis regagne Paris sans passer par Vuillafans.
L'aifaire de son retour en dune le préoccupe toujours.
Fa c'est pourquoi cette <piestiou pendante entre lui et le Séminaire lui fait i)resser tous ses voyages; il s'aitiige du faux de sa situation et il croit qu'il est temps, [)Our avoir un consolateur, d'en faire part à son frère, dans un billet du 14 mai:
Voici Hiie lettre, dit-il, tjui te causera quelque peine; mais il faut bien que tu sois au courant de tout ce qui me concerne.
Et jmis, il n'est pas de chose, quelque jjéiiïble et désagréable qu'elle soif, qui n'ait son bon côté.
Ainsi, si mou retour en Europe est un indice de Vopposition formée contre moi, d'une autre part, il sera également pour moi la cause a' un bien, en me permettant de faire diversion à mes travaux ordinaires, de me reqjoser un peu, et de reprendre de nouvelles forces pour retowner à l œuvre commencée.
Disons donc de fout cœur: " Que la sainte volonté de Dieu soit faite !
C'est là notre force, notre aqjpui, et avec cela, nous tirerons toujours un avantage qmsitif de tout ce qui nous arrive.
Mais ce qui me rassure surtout, c'est que aganf fait foutes choses p)o/ir le plus grand bien de la Mission et de la i^ropagation de V Evangile, elle secours d' En-haut nfagant toujours accompagné d'une manière presque visible dans tout ce que J'ai fait, cette même grâce ne permettra pas que ce voyage soit au détriment ^de ma Mission et une perte pour moi ...
Quand tu auras lu les pages que Je t'envoie, tu verras si