‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 138 sur 155 · Chapitre XV <■ I^c Ciuiou «le l'Amiral Véroii · texte numérisé non relu

Chapitre XV <■ I^c Ciuiou «le l'Amiral Véroii

Au sujet de ce canon, rappelons l'anecdote suivante, qui montre la volonté inflexible du prélat.

Lors du passage à Canton de l'amiral Véron, en décembre 1877, Mgr lui demanda la faveur de faire transporter la grosse pièce de cuivre sur son croiseur en partance pour France.

L'illustre marin qui était un galant homme, n'osa pas refuser; mais, comme c'était un objet par trop encombrant sur un bateau d'aussi faible tonnage, « mieux valait, disait-il, qu'il fut d'abord mis en morceaux!

Et en disant ces mots, le rusé marin pensait bien décourager le prélat, réduit à l'impuissance d'exécuter ce travail, à la veille même du départ et dans un pays dénué de tout engin puissant de limage: » Qu'à cela ne tienne, amiral, lit l'évêque avec assurance, demain vous recevrez le canon en morceaux! »

Et le soir même, il avisait une équipe de cliaudronniers, qui, suant, soufflant comme une forge, s'escrimèrent toute la nuit à cisailler, à torturer le monstre de cuivre si fortement, qu'à l'aube, ils en portaient les membres pantelants au prélat émerveillé: «Voici, jimiral, lit-il simplement en les lui présentant. »

Et l'amiral Yéron accepta sans bronclier, ces i)ièces mutilées, les emporta jusqu'à Lorient, d'oii l'on ne sait comment, passées au Mans par hasard, l'évêque les y retrouva.

Dans une lettre du 4 septembre à son frère, il rend ainsi compte de son voyage dans l'ouest de la France : «Mou votjage en Bretagne a été lienreux et satisfaisant- f y ai vu plnsieurs familles de nos mi'îsionnaires et Je m' g suis ocncpé surtout de Vacquisition de nos cloches qiii sont commandées^ l'une pour le poids de 0000 livres, les deux autres pour un poids devant concorder acec celui de ht plus grosse...

Mais je ne suis jjas au hoiit de mes emjjlettes; avec des cloches., il faut nécessairemeid. une horloge, et si Je pouvais y ajouter un Jaquemart, ce serait bie72 la merveille du j^a^/s...» Puis il ajoute ces réflexions à jjropos d'un projet dé visite au président Grévy: « Quantité de personnes que je vois, m'engagent à Vintéresser aux œuvres qui restent encore à fonder dans la Mission de Cantoii. Si les chers cousins Palmire Vali'ïide et Joseph Lanoix imis Vun et rautre par les liens de Vamitié a.î;ec le Présidetif de la République, étaient encore de ce monde, il m'eût été facile de me faire présenter par eux. Veuf -être qui'an milieu d,c la mrnpagne, où se froure

yjgv tiuilieuiîii

Villustre Pî^ésident, Il me serait plvs facile et jjlus avantageux de le voir qu'à Paris, oh, environné de ses gens, il est moins abordable et moins traitable.

En tout cas, si Je n'ai rien, à gagner, Je n'ai rien à perdre; et le motif qni m'engage à lai faire nne visite, est suffisant, pour me Justifier aux yeux de tous ceux qui seraient tentés de me blâmer.

Prends donc des infonnations pour savoir oit est iwésentement notre Président, et quand tu le sauras cVune manière positive, écris-moi un mot.

Mais, si tu veux faire des démarcJtes pour- cela, il faudrait que tu les fsses de suite. Car, h docteur me jjresse cValler encore, à Vautomne, prendre uv.e saLson de bains, et comme nous sommes au déclin de Vétê, il n' g aurait plus à retarder rixécntion de ce qrrojet.

Et si Je dois voir Grévg, ce sera sans apprêt, sans m'annoncer, sans faire connaître préalablement V objet de ma visite^ mais simplement parce que Voccasion s'en présente.

Puis une fois admis à Vaudience., au ton qu'il prendra avec moi, Je verrai le plus ou moins de confiance et de laisser-aller que je puis avoir avec lui. En tout cas, comme chef de Mission, obligé de traiter avec les membres de notre gouvernement, p)ersonne ne saurait se formaliser et me blâmer d'une dévnarche comme celle-là, qui resserra entiireihent des nécessités de ma jJosition. "

Fut-il dissuadé de cette \isite au Président Grévy, ou l'occasion lui mauqua-t-elle, ou ne saurait le dire, mais nous pensons qu'elle n'eut jamais lieu.

Le 8 septembre, il préside un pèlerinage à Issoudun; après quoi il s'achemine vers Aix-les-Bains où son médecin l'euA^oie combattre un reste de bronchite qui persiste à le faire tousser. tSur son passage, il s'arrête à Paray-le-lVIonial, pour recommander sa chère Mission au Sacré-Cœur,

A Lyon, il monte à Fourrières, puis fait un détour à la Grande-Chartreuse et profite du calme de cette solitude pour mettre à jour sa correspondance laissée en retard par ses voyages.

Son séjour à Aix-les-Bains est court, puisqu'il se trouve à Kome le 9 octobre. 11 célèbre la messe du 3 Décembre à l'Eglise du Gésu où, ayant adressé quelques mots aux personnes présentes, celles-ci, charmées des détails qu'il leur donne sur Sancian, lui témoignent le désir d'avoir un petit souvenir du tombeau de S. François Xavier. Pour les satisfaire, il écrit

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