‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 139 sur 155 · Chapitre XV - Xomiiialioii «le son eoadjiiteiir <'haH»se 4ît · texte numérisé non relu

Chapitre XV - Xomiiialioii «le son eoadjiiteiir <'haH»se 4ît

aux siens de lui envoyer tout ce qui lui reste des objets ])ris à Sancian.

Il annonce en même temps (|ue « sa besogne s'avance à liome ; encore une quinzaine, et tout étant achevé, il n'aura plus qu'à reprendre le chemin de France.» ;

Au commencement de décembre 1880, il a lii joie de voir à Rome un de ses missionnaires, M. Grandpierre, qui lui apporte des nouvelles de sa Mission, et vient au nom du groupe fidèle à l'évêque, l'inviter à effectuer son retour en Chine.

C'est aussi vers cette épocpie, (') (pie le Pape lui nomme un coadjuteur, dans la personne de M. Chausse, missionnaire à Canton depuis 1802. (-)

Cette nomination ne devait pas accélérer la question de son retour en Chine. Bien au contraire: elle semblait plutôt un moyen de la terminer à ses dépens, en établissant vis-à-vis de son autorité, désormais nominale et représentée par son pro-préfet Béai, un nouveau gouvernement: l'évêque élu Chausse prenait en mains l'administration efïéctive de la Mission.

A la date du 12 mars 1881, M. Béai, faisant part à Mgr Guillemin de la situation embarrassante où il se trouvait, lui demandait conseil:

J'ai Vhonneiir, disait le pro-préiet, de porter à votre connaissance l'extrait suivant d'une lettre récente que vient de niaclresser M. Rousseille, suj^é rieur du Séminaire de Paris: La S. Congrégation vient de m'envoi/er les brefs de Mgr Chauss-e^ avec une lettre où le Cardinal- Préfet hti dit de se mettre imm.édiate7nent en mesure de remplir la charge qui lui est confiée, et je suis invité à lui faire parvenir ces pièces: c'est ce que je vais exécuter par la prochaiîie malle.»

Ces quelques mots, Monseigneur, comparés aux dernirres lettres que vous in avez fait Vhonueur de m^ adresser, me laissent dans r incertitude sur la conduite que je dois tenir, placé que je suis etitre deux autorités, l'une nouvelle avec laquelle j^ aurai à compter, et celle de Yotre Grandeur de qui j'ai reçu mes pouvoirs.

Je fais des vœux pour que rien ne retarde votre retour que vous annoncez comme très prochain.

Mais si une cause quelconque devait s'g op>poser, je vous

(1) Bref du 29 Novembre 1880, piibliô le IC Décembre 1880.

(2) Mgr Chausse fut sacré m Canton, par Mfî Foucard du Konani^-Si, le 2.5 juillet 1881

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>i$(r Cituilleiiiiii

prie iustavimerd, Mousei(/7ieu)\ de me déterminer claireinent la conduite que Je dois tenir ou sujet de Varcjent particulier que vous niavez confié: cette demande me paraît assez justifiée par la position précaire où me laisserait une plus longue absence de Votre Grandeur.

Si Mgr Chausse arrive, muni de pleins pouvoirs, laissera-t-il les choses dans l'état présent, ou bien m'enverra-t-il en district?

Devant cette éventualité^ Je me demande comment Je pourrais protéger vos intérêts pécuniaires.

Aussi, Je crois devoir prier Votre Grandeur, de me tracer au plus tôt et en termes précis, une ligne de conduite à ce sujet, même par voie télégraq)liique si Elle le Juge à propos.y>

A. Béai, pro-préfet apostolique.

Nous iguorons la réponse de Mgr de Cybistra; mais nous savons que M. Béai s'inclina devant l'autorité nouvelle, investie de pleins i)ouvoirs. (')

La Mission de Canton est doue «lésorniais sou* la direction du coadjuteur Chausse, évêque de Cai)se.

Mais ce titre de coadjuteur admirablement propre aux besoins de la cause, et sauvegardant en quelque sorte, les apparences de l'autorité du [)ré±'et apostolique absent, permettra à Mgr Guillemin de revendiquer toujours l'honneur de présider de loin à son œuvre et d'y consacrer sans relâche, toute sou énergie et tout son cour.

Eome, toujours sage, avait trop apprécié les services de l'émiuent prélat, pour lui arracher des mains cette crosse pastorale qui était devenue i^our les chrétiens de sa juridiction, comme le sceptre de sa royauté sur leurs cœnrs.

Et d'un autre côté, pour faire la part aux revendications du groupe opposant contre l'administration ancienne, ou pour mieux dire, établir dans la Mission cette union sacrée qui y nuinquait depuis longtemps, la cour apostolique avait pris le seul moyen possible: la coadjutorerie.

Mgr Chausse n'avait point été mêlé aux factions rivaleh ; sa conduite privée, à l'abri de tout sou^j^'ou, ses travaux apostoliques et ses talents peu ordinaires, l'avaient désigné au choix de la majorité-

Sa us avoir les grandes vues générales de son Supérieur, dont l'ampleur morale semblait le diminuer un ])eu, il en

(1) M. Béai garda son titre de pro-prt?t'et jusqu'en 1884, année de sou départ pour Xazareth, maison de retraite à Honijf-Kong.

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