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Chapitre XV - Sa \iv â K«»iii

possédait toutefois la piété ferme et le zèle des âmes, aiitaut que le bou sens.

Sa devise était: Liter omnes mitis ; et cela A'Oulait dire: Fax! Fax! Trêve aux disputes!

De fait, les luttes fratricides cessèreut peu à peu, sous le nouveau règne; on n'eut que le temps de faire des baptêmes d'adultes; et, tant que le. vénéré prélat vécut, il sut occuper ses prêtres à la seule prédication de l'Evangile.

Nous avons connu ce " brave homme d'évêquCj " au début de notre apostolat; et, quand la mort pâle vint le faucher trop vite, hélas! en li)00, nous l'avons suivi, très contrit, jus(iu'à sa dernière demeure, à Béthanie de Hong-Kong. r

L'élection de son coadjuteur ne semble pas avoir attecté outre mesure Mgr Guillemin ; en tout cas, dans sa correspondance, il n'y est jamais fait allusion. 11 continue ses habitudes de vie comme par le passé.

Dans les premiers jours de l'année, il est très préoccupé de ses cloches, et des inscriptions qu'il doit y faire graver.

Le 25 janvier 1881, jour du 24" anniversaire de sa consécration épiscopale, il obtient une audience de Léon XIII, qui le reçoit avec bienveillance, lui accorde la bénédiction apostolique pour tous les siens et lui parle longuement de sa Mission, eu lui promettant de dire le lendemain, la Messe pour lui et ses œuvres.

Le diacre A-tsin et M. Graudpierre, assistent à l'audience et ofl'reEt au S. Père une lithographie de Saucian et deux boîtes de thé.

Le 20 février, anniversaire de l'élection de Léon Xlll, il obtient une seconde audience, au cours de laquelle il offre au Pontife deux magnifiques vases de porcelaine de Chine.

Ces réceptions lui donnent l'occasion de faire imprimer un état de la Mission de Canton qu'il s'empresse d'envoyer à tous ses bienfaiteurs, en gage de souvenir et de reconnaissance.

Si nous ne reproduisons pas ici cet opuscule, c'est qu'il ressemble par trop, au document que nous citerons bientôt et où le prélat fera un exposé complet de l'histoire de son épiscopat.

Malgré les amertumes de sa situation, il garde presque toujours dans ses lettres, une sérénité qui surprend: " Samedi prochain, écrit-il à sa sœur Eulalie, c'est le jour de ta fête. Puisse ma lettre arriver assez à temps, jjour te dire tous les vœux que je formerai, ce jour-là, pour toi.

« Au moins, tu peux être sûre qu'en ce jour, ma messe, la récitation de mon bréviaire, de mon chapelet et tous mes autres exercices de piété seront pour toi et à ton intention, deman-

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(laiit a IVkmi (ju'Il veuille bien t'aeeonler tontes les nnu'es et bénétlietions (jue tu peux désirer sur la terre, et surtout celle de nous retrouver tous un jour, réunis avec ceux ijui déjà nous ont précédés, au séjour bienheureux des élus!

« Demain matin, je déposerai au chemin de ter et pour hi destination de l>esan(^'on, une i)etite boîte i)ortant ton adresse. Ce sont 12 [)etites oran,ii,es qui vieniunit du jardin du Pape, et (|ue j'ai cueillies moi-même, pour te les en\oyer an jour de ta fête. *

M. (xrandpierre (juittanl Rome, courant de mars, vient visiter la famille (iuillemin à \'uillafans <'t donne d'assez i)auvres nouvelles du prélat; il « l'a trouvé, dit-il, cpielque peu fatiiiué par le carênu'; et il craint pour sa santé. » Deux mois après, cette prévision sc' contirme. Le diacre A-tsin annonce à la famille ^ (pie Monseigneur ne mange ni ne dort pins; que les chaleurs de la saison le débilitent. »

On lui écrit d'abandonner Rome, et son frère -Joseph le presse à maintes reprises; mais c'est en vain. Et il reste tout l'été, an détriment de sa santé, dans la fournaise qu'est Rome, eu juillet.

C'est vers cette époque, (pi'il apprend la mort de sa chère cousine Gérard, qui lui fait un don généreux poiu' sa jVIissiou.

Presque an même moment, lui arrive la nouvelle de la maladie du cousin Henri Bel, jtour (jui il sollicite une bénédiction de Léon XIJl; et le cousin guérit. On in\ite l'évêque quelques jours après, à l'ambassade:

« Le jour de la S^ Louis, écrit-U, le iW (tout, dînant avec tons ces Messieurs de l'ambassade, comme on vint à parler de la belle statue de 8. Louis qui se trouve dans uiu^ des niches, à côté de la porte de l'église, je n'ai i)u m'empêcher de dire combien je serais heureux à Canton, si à cê)té de nos beaux établissements élevés par la France, je {)ouvais nu)ntrer à nos braves Chinois, nu si beau et si touchant sou- ^euir de la mère patrie.

« Or, j'achevais à peine ces nu)ts <]ne le premier secrétaire d'ambassade m'adressant la parole: " Eh bien, oui. Monseigneur, me dit-il, vous l'aurez, et nous serons heureux nous-mêmes de pouvoir par là, nous associer à vos travaux et aux belles œuvres que vous élevez dans ces pays lointains, pour y propager notre sainte religion et le nom de la France! "

<^ Et immédiatement après le dîner, nous avons pris nos mesures pour faire exécuter une belle statue en fonte sur le nu)dèle de celle de St. Louis, et mesurant environ (> i)ieds de haut; mais, ce n'est guère qu'en France qu'un semblable tra-

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vîiil pourra se faire, et je ui'eii oi'ciiperîii sitôt que Je serai de retour dans le pays!.»

Du 1") au IS Septembre, il a un accès de fièvre très violent qui cède (levant (piehpies doses de (juinine.

Le 27 Novembre, [)ris d'un <;r;nHl malaise, il envoie quérir le médecin qui le trouve atteint de plilébite.

A-tsin inquiet avertit aussitôt la. tamille; mais cette fois encore, le mal <*ède devant les bons soins dont il Tcntourc; et voyant qu'il lie se décide toujours pas à (juitter Konie, le diacre demande qu'on lui envoie (lu liii^c- et des vêtements chauds.

On comprend, en etîet, qne sa ^arde-robe devait être bien dépourvue, puis(pril n'était venu à Home qne dans l'intention d'y passer une quinzaine. Or, voilà phis d'un an qu'il y (>tait.

Ce long séjour permettait à A-tsin de j)oursuivre ses cours de théologie au (\)llège de la Propagande, ce (pu ne l'em {>("'chait pas <le veiller, avec la i)lns grande soHicitnde sur la santé de son maître vénéré.

Eu cette tin d'année 1H81, cette santé restait chancelante; malgré cela, le prélat, toujonrs actif, avait rédigé, pour sa d('fense, le mémoire dont nous avons [)arlé ])récédeininent et (jue nous citons pres(pie en entier <hms le i)rochaiii chai)itre.

Ce mémoire (jiii porte la diite de 1 <S<S2 devait être pnVseiité, comme il a été dit, soit, au {^)nseil de Paris, soit à la Projiagande. Les amis du prélat, Louis \'«niillot entre autres, le lui avaient conseillé fortement.

Nous avons les plus sérieuses raisoihs de croire (pi'il est resté dans les cartons de son auteur, sans jamais avoir été iiréseiité aux destinataires.

Il serait peut-être plus décent de l'y laisser encore, mais notre respect pour la vérité, nous fait un devoir (Peu reproduire les ])arties documentaires; car il résuiue admirablement la carrière et les (euvres du prélat.

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