Chapitre 111 - Les Taipinft
Les circonstances étaient d'ailleurs favorables an développement de la nouvelle secte. En septembre 1850, les Hak-ka, de la même race que Houng", entrèrent en lutte dans le district de Kouei, avec les Pounti. Houng' réunit autour de lui les mécontents qui sont toujours légion en C'iiine; puis les membres de la société secrète des Triades, se Joi«>nirent à eux, et de social, le mouveuient devint politique, ayant pour but le renversement de la dynastie Mandclioue.
Le 27 août 1851, les rebelles alors désignés sous le nom de Taïping ou de Tchang-Mao, (longs cheveux), jtarce .piMls laissaient pousser leurs clieveux comme les anciens Chinois, s'eml)areut de Yong-]Ngan ^ ^, dans la partie orientale du Kouang-
8i, et Houng-sieou-tsiuen est déclaré empereur du Royaume Céleste de la Gi-ande Pureté, Taïping Tien-Kono -^ ZR. ^ |^^
d'où vient le nom donné h cette rébellion.
Les efforts des ujandarins furent impuissants à arrêter le mouvement; dès les premières nouvelles de la rébellion, le gouvernement impérial lit appel au commissaire Lin, i)uis celuici étant mort, à d'autres personnages importants.
Tout fut inutile. L'empereur Taïping place ses troupes sous quatre chefs, 8ong-ynn-sun, Yang-sieon-tchin, Siao-tchao-konei et Onï-tchiug. Les rebelles quittent Yong-ngan le 7 avril 1852, montent vers le nord, assiègent ])endant un mois Kouy-liu j^ jkk^ abandonnent le blocus le 19 Mai, paraissent devant Tchang-cha -^ ^, capitale du Hon-uan (11 septeuïbre) qn'ils assiègent vainciuent pendant 80 jours, pnis par la rivière ^ traversant le grand lac Tong-ting v|^ ^, ils pénètrent au mois de décembre dans le Y'ang-tse i^ ^, où ils bataillent pendant
plus de dix ans, avec des succès mêlés de revers.
Pour ruiner leurs forces et pour sauver la dynastie tartare, il fallut l'intervention des Européens, parmi lesquels les plus célèbres furent l'amiral français Protêt (^) tué devant Changhai j- jig et l'Anglais Gordon (') à ce uiouient le grand soutien de Ly-huug-tchang (^).
Leurs débris allèrent se réfugier sur les frontières du Tonkiu, et c'est le taïping Lieou-yen-fou, en annamite Lun-vinhphuoc, qui à la tête des Pavillons-Noirs, sera au Tonkin un des plus redoutables ennemis des Français (1884).»
Bien que les Taïping ne s'attaquassent pas, au début, anx
(1) Auguste Léopold I rotet, né le 20 février 1808 à Saint-Servan, tué le 17 mai
(2) Charl. George Gordon né à Woolwich, le 28 mars 1833, mort à Kartoum en
('S) Ly-hung-tchaug né eu 1823 à Seu-chou, province de Nyan-hoei, mort en 1901.
ySgr Gnilloiiiiii
Missions clirétieiiiies de l'iutérieur, comme ils le tireut plus tard sur le Yang-tse, eelles-ci n'en éprouvaient pas moins le contre-coup de leur dévastation qui en<>lobait tont le territoire des deux provinces du Sud,
Et M. Libois, (pii n'avait pn faire avancer ses i^rêtres Amat et Jacquemin (^) dans la région du Kouang-Si, pouvait à peine maintenir dans les postes Oantonais les 5 ou (î missionnaires dont il disposait.
Les uns, comme Dupond (^) et Le Turdn f) venaient de subir les pires vexations; les antres, tels Maillait et JVIarizien, avaient déjà succombé, tandis que les rares néophytes et catéchumènes de Canton sonpiraient après le retour de leur Père bien-aimé, toujonrs retenu à Hong-Kong.
Or, l'indisposition de M. Libois n'était pas assez grave, pour les priver plus lougtemps de M. (juillemin, à qui le travail de secrétaire paraissait inaction.
Le 20 novembre, il annonce à sa nièie «qu'ayant pn retourner à la capitale, il y a repris ses occui)ations, et (ju'il va y développer l'<euvre de la 8"" Enfance fondée l'année ijrécédente ».
En décembre, il fait un voyage dans l'intérieur de la province où il administre des chrétientés «privées de missionnaires depuis fort longtemps».
Vers le même temps, il reçoit de Besançon une somme de 400 francs qui Ini a servi «à faire face à bien des dépenses entreprises i)onr la conversion des païens et la décoration de la pauvre chapelle de Canton».
L'année 1851 ne s'acliève pour lui qu'eu malchance: «Dans la nuit dn 28 au 29 décembre, écrit-il, des voleurs se sont introduits dans la maison et m'ont enlevé toute ma chapelle, ma montre, un ornement, deux beaux vases que m'avait donnes Mgr VéroUes a son passage ici, en sorte que je me suis trouvé à im à mon réveil, et 2>lus pauvre qu'un rat d'église».
La mésaveutnre prouve (lu'il «dormait bien»; il se console de son malheur en disant qu'aux fêtes de Pâques 1852, «à défaut de vases sacrés en or ou en argent, se trouvaient rangés auprès de l'autel, de fervents néoi)hytes, qui, après les épreuves, venaient demander les sacrements de réconfort».
Le 23 avril, il a chez lui Mgr Rizzolati, (^) «homme très distingué» qui est eu Chine depuis 25 ans: «Nous ferons, dit-
(1) Chavl. J. Bap. Jacquemin né à Harboué [Meurthe i U' 20 sept. 182G, parti le 27 févi'HT 1851, mort à Hong-kong- le 21 avril 1895
(2) Futiir vicaire apostolique du Siaui.
(3) Pierre —Marie Le Turdn né le G août 1821, au diocèse de St. Brieuc, mort à Canton en 18G1.
(4) Joseph — Marie Rizzolati O. S. K. né à Clauzeto, évêque d'Aradas le- 30 août 1839: mort à Rome en 1862.