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laisser nos droits intacts qiw de les compromettre i)ar une accejjtation (pie Je regarderais connue peu honorable pour la Keligion, et })ermettez-moi de le dire aus.>«i, peu honorable pour nu)u administration, à laquelle Je ne voudrais pas qu'un Jour on pût rei)rocher d'avoir si mal servi les intérêts «]ui m'étaient confiés.
Dès ce inoment, toute négociation fut romi)ue ; et voyant (|ue Je n'avais rien à espérer à (,'anton, Je me décidai à porter notre atlaire dans le Nord où se trouvaient alors nos premières autorités ... .»
Il est bon, pour se rendre parfaiteuMMit compte de cette (liîestion et des difiicaltés soule\ées entre Pévèque et M' d'Aboville, de transcrire ici les notes suivantes d'Henri Cordier('): « Il y a deux ans environ, écrit-il, Ha Majesté l'Emj)ereur daigna promettre à Mgr (îuillemin, i)rétet apostoli<|ue des deux Kouang, qui était alors A Paris, les fonds nécessaires pour la construction à Canton de plusieurs établissements religieux, et notamment d'une église catholi(|ue <lesservie par un clergé français.
« Certaines ditlicultrs se sont présentées cependant au su- Jet du terrain à attéct<'r à c(^tte destination.
« La i)remière de ces dillicultés résulte des dispositions du Concordat conclu récemment entre le iS' Siège et la Cour de Portugal, et (jui i)araîi axoir jjour ettét de rei)lacer sous le Patronage Portugais la ])rovince <lu Kouang-tong, et d'annuler la décision par iaiiuell»^, il > a di^ux ans, le S' Père avait confié à ]Mgr (ruillemin, en le siicrant évé(pie de la \ ice-Koyauté de Canton, les intérêts de la Keligion, dans cette partie de l' Empire Chinois.
« Or, cette dernière mesure avait eu Justement ptuir but de faire cesser les conflits regrettables (pii s'élevaient cluniuejour entre nos missionnaires et l'autorité diocésaine de Macao, investie depuis plus d'un siè<'le de la Juridiction sur le clergé indigène.
« Le Concordat Portuguais tendrait donc à les faire renaître; mais c'est une (piestion à résoudre moins sur les lieux qu'ici même, i>ar une négociation entre le gouvernement de S. M. l'Emi>ereur, <elui du S' Siège et de la Cour de Lisbonne.
« Mgr (Tuillemin, pensant cependant que, d'ai)rès les nt)uvelles conditions consenties i)ar la Cour de Rome, la direction spirituelle du Kotiang-tong sans doute lui échapperait pour être attribuée de nouveau à l'évêcpie de ]VIacao, avait insisté pour obtenir de suite les terrains destinés aux édifices religieux dont il désirait poser sans retard les premières assises; il
(1) "Kolations de l;i Chiui' avec l''.s pui;Svi:inceti ocriilentalos."' (lio mars 18tiU)
l'Impitre %'l - Xoto «l'IltMii-i C.'ortiicr
espérait aiusi que le goiiverneiiieut de l'Ein[)ereiii' se considérerait alors comme eugagé dans la (iiiestioii et se porterait garant que ces établissements ne sortiraient pas des mains de la congrégation des Missions Etrangères.
« M. le Commandant d'Aboville n'a pas voulu prendre sur lui de brusquer les choses pour satisfaire aux désirs de Mgr Guillemin, et il en a référé à la Légation qui semblait disposée du reste H accé<ler aux denuindes du jnélat.
« Une seconde ditticulté fort grave, vient du mode à employer pour obtenir les terrains nécessaires i)our les établissements dont il s'agit.
« Le droit de la victoire (| ne nos missionnaires ont beaucoup invocpié, droit incontestable d'il y a deux ans, à la suite de la prise de la ville, ne semble i)lus pouvoir être exercé aujourd'hui.
« Nous y avons nous-mêmes renoncé en faisant l'acquisition de certains terrains poiu- la connnunaiité fran<;aise. La voie de la légalité consistant à obtenir de l'autorité chinoise, la concession gratuite d'un emplacement convenable en compensation des nombreux édifices religieux dont le culte catholi«iue a été dépouillé à l'époque (!es persécutions, serait celle qui i)résenterait dès lors, le plus de chance de voir r«.'specter à l'avenir, et quand uous n'occuperons plus Canton, les établissements de nos missionnaires.
« Le droit d'une restitution paraît tellement clair que les mandarins se son montrés i>eu disi)osés à le nier, et il serait préférable de ne devoir (lu'à ce droit seul, le terrain sur lequel s'élèvera l'église française.
« Malheureusement Mgr Cuillemin n'a i)U produire des documents prouvant l'existence et la saisie sans compensation de quelques-uns des monuments religieux (pii existaient autrefois dans la province du Ivouaiig-tong. Ces doeuments sont sans doute entre les mains du ('hapitre de Macao, et Mgr Guilleniiu n'a pas osé lui en denumder communication, dans la crainte de s'exposer à un retus.
« L'évêque a présenté trois sites comme lui paraissant convenables pour le but proposé.
« 1" La trésorerie; mais ce site (pii, d'ai)rès le rapport du C* d'Aboville a été désigîsé pour ser\ ir de casernement à 2000 hommes, intéresse i)ar consé(|uent la sécurité de notre vsituation et ne présente qu'un emjjlacement à peine suffisant.
« 2" L'ancien palais de Yé; ce lieu étant non loin du fleuve, présenterait de grands avantages au ])()int de vue de la sécurité; mais il faudrait que le gouvernement Britannique renou- (;At au projet (pi'il avait eu d'y établir un consulat.
Har (àiiilleiiiiii
« 3° La pagode de Tao-Tié; il se poiiiTait, en ettet, que les luaudarius eu visseut sans regret la disparition.
« Daus l'opinion de ^1. le (,'' d'x^boville, toute mesure (jui aurait pour etl'et d'attribuer à nos missionnaires et sans arrangement préalable, un site api)artenant au gouvernement C'hinois, ne ferait que les exposer un jour à de nouvelles tracasseries et à de iu)uvelles persécutions.
« 11 ne croyait donc i)as à i)ropos de donner satisfaction aux vœux de Mgr Guillemin.
« Toutefois, comme il en a référé à la Légation, eu même temps qu'à ^L le contre-amiral Page, il se peut qu'à l'heure (pril est, la question soit autrement décidée.
« 81 la question était encore pendante, lors(iue le i)lénipotentiaire de l'Empereur arrivera en Chine, c'est à lui qu'il appartiendrait d'arri\er à la solution (lu'elle doit recevoir.
<^ Les inforuuitions reçues postérieurement à la rédaction de cette note et datées du LS février, de Canton, apprennent que M. de Bourboulon ai)préciant les considérations développées l)ai' ]M. d'Aboville, avait remis entre ses mains l'aitaire de la concession de terrain.
« ]\L d'Aboville se proposait en consétiuence d'en chercher la solution i)ar les voies légales, et avait par suite insisté auprès de Mgr (Tuillemin pour obtenir de lui les données de nature à seconder ses démarches.
« M. de Bourboulon avait aussi admis les objections soulevées par ]\L. d'Aboville contre l'attéctation du site de la Trésorerie aux établissements des 11. R. Pères.»
Il est aisé de voir que de pareilles tergiversations auraient compromis l'entreprise de révê(]ue, si ce dernier, tenace et vigilant, n'avait ])oint su jouer au clavecin de la diplomatie: «■ En passant à Cliang-haï, rapporte-t-il , j'y vis M. de Bourboulon, ministre pléniitotentiaire en Chine. 11 me re^'ut avec toute la bienveillarice possible, entra de c<eur dans tout ce que je lui proposai; et, comi)renaut que l'honneur de la France aussi bien qiu^ celui de la Keligion exigeait que nous eussions une église h Canton, il s'occupa <le suite des moyens d'aplanir les ditticultés (]ui s'o]>posaient encore îi l'exécution de ce projet.
« Il me remit pour Tamiral Charner une lettre daus laquelle il lui expiKsait ses idées. Puis, me dirigeant vers le Nord, à 5 ou 000 lieues de Canton, j'arrivai sous les forts de Takoii, où se trouvaient nos bâtiments de guerre portant le baron (xros et l'Amiral Cluirner, et frai)pant de leurs coups redou-