‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 39 sur 155 · V. - l'risc «l«'>» iorlK do Ta-Koii · texte numérisé non relu

V. - l'risc «l«'>» iorlK do Ta-Koii

IfSOl

Le l'ccit «|U(' \a niuis lair*' Mur (Juillcinin de son voya.i;t' au Nord d(^ la (îliine, seniblcrait maintenant inutile, s'il ne ser- \aiî à i>rouver combien il fut prolitable non seulement à ses intérêts matériels, mais enc<ue à son expérience.

Il était homme d'initiatrve sans doute, mais il manciuait alors (l<S()())de ce (pi'on pouriait ap[teler l'érudition apostidicpu'.

Seul, dans un innnense faubourg de la (Jentilité, il avait passé 10 ans, entre les «piatre murs de sa chapelle, réduit au niinimun) de personnalité, conlinant son énei<;ie da!îs un an- .i;le de liberté éphémère; et toujours il avait été frustré des réalisations entrevues.

(Vt homme de Dieu \oulait a^ir dans la clarté et il était tin'é dans l'ombre, impuissant.

yis*' <iiuilleiiiiu

Jl soutirait.

Il voiilciit voir sou peuple cliiiiois se dresser libre vers la lumièie; et toujours il le trouvait courbé dans l'humiliation et l'ignorance.

11 cliercliait. . .

11 lui fallait découvrir au loin toute uiie psychologie orientale dont sou esprit avait besoin, pour rectifier ses vues et ses résolutions.

Dieu l'éclairait.

Il se disait que ce n'était pas trop d'avoir souttert et besogné, mais qu'il devait aussi sortir de sa retraite, pour l'élargir eu y rentrant.

11 sortit.

Ce fut pour voir d'abord, ce (jue ses pairs plus anciens faisaient en des sillons plus profonds que les siens.

Et il vit des choses qui étaient bien.

11 en vit d'autres qu'il ne voulut pas imiter.

Et tout ce qu'il apprit de la Chine <iui cessait d'être au Sud à mesure qu'il voyait, il va lui-même nous le dire sans apprêt, mais très noblement.

Hong-Kong, 10 Septembre 1800, (')

« Me voilà revenu de mon voyage de Chang-haï.

« De la ])rovince de Canton Jusqu'au golfe du Pe-tché-ly où je me rendais, il n'y a pas moins de 500 lieues, ce qui, avec le retour et les courses accidentelles, constitue un voyage de 1000 à 1 200 lieues environ ...

Malgré les contretemps inséparables de tout long voyage, j'ai pu m'occui.er de la grande (piestion qui m'amenait jusqu'au bout de la Chine ....

J'eus l'occasion de voir, à l'embouchure du Pé-ho, les Mottes anglaise et française, com])osées d'environ 200 vaisseaux, ce qui me donna la curiosité d'assister au débarquement de nos troupes et de considérer dans le lointain les forts de Takou qui devaient, peu de jours ajjrrs, tomber sous les coups de nos armées, et nous ouvrir le chemin depuis si longtemps fermé de la capitale du (-éleste Empire.

« Je vis aussi là (pielques amis, nos secrétaires d'aujbassade, et 31. Delanuirre qui, a[)rès avoir passé 25 ans dans la Mission du Su-tchuen, était enqjloyé par le baron Gros comme interprète.

« .Je pus saluer en passant, les rivages de la Corée, ceux de la Maudchourie où d'anciens amis, Mgr Berneux, Mgr Vérolles s(mt occupés à l'œuvre de Dieu.

(1) Cette lettre est adressée à roiir lie la Mission de Canton.

M. Vdisiu, ilirt'cteiir à la nie du Bac et procu-

i' lia pitre VU - Voyaste «le l'évêgiit'.

« Piiis, après avoir terminé (îii (;e lieu mou ouvrage, je pris congé de nos premières îiutorités, et regagnai (Miang-liaï ramenant avec moi une [>etite tille «le 10 ans et son petit frère Agé (le ô ans, lesquels, au débaniuement de nos troupes, avaieut été trouvés tlaus un eoftie, où leurs i>areuts les avaient renfermés, bien probablement dans l'intention de les étouttér.

« A mon arrivée à Cliang-haï, M""" <le Bourboulon, toucliée du sort de cette i)etite tille, de sa tigure intéressante et plus encore du malheur amjuel elle avait échappé, voulut bien la prendre avec elle, tandis (jue le petit gîir(;ou a été remis entre les mains des P. I\ Jésuites qui l'ont adopté parmi les Enftints trouvés.

« Un autre avantage que je retirai de ce voyage, c'est d'avoir vu les Missions disséminées sur le rivage de Chine, depuis Canton jusqu'aux extrénjités du Tchély.

« On comprend, en ettét, combien il doit être intéressant pour un missionnaire de voir ce qui a été fait par ses confrères, les établissements (ju'ils ont fondés, les succès (ju'ils ont obtenus, et les moyens employés pour arriver à ces résultats.

« Et de tout cela, sort un ensemble d'instructions et d'observations qui ne peuvent manquer de nous servir pour nous aider à faire nmrcher notre (euvre.

« A Anioy, dans la province du b\)-Kien, couliée aux 1*. P. Dominicains Espagnols, nous avons vu la belle église à trois nefs que le missionnaire du lieu y fait bâtir; ce bon et digne religieux, attaqué d'une maladie de ])oitrine, consacre ses dernières forces à élever un temple sur cette terre intidè;e.

« Connaissant fort bien sou état, il juge qu'il aura le temps de terminer son ouvrage; après quoi, dit-il tranquillement, ma course sera terminée, et j'irai denumder à Dieu de vouloir bien me donner une i)etite place <lans le temi»le céleste où il réunit ses élus.

« Avec l'autorisation de ce bon Père, deux capitaines de vaisseau et moi, nous allâmes visiter à 12 lieues dans l'intérieur du pays, une . chrétienté <|ui ne conïj>te pas moins de ()()0 chrétiens, tous groupés autour d'une vaste chapelle. Nous étant égarés sur le fleuve qui y conduit, nous n'arrivâmes qu'au mi lieu de la nuit.

« Le Père était absent ; mais quelques jeunes gens préposés à la garde de la maison, vinrent nous ouxrir et nous accueillirent avec tout l'empressement et la cordialité ({ue ces bons néophytes témoignent toujours à leurs missionnaires.

« J'avais annoncé l'intention de célébrer la 8'" Messe, le lendemain à 6 heures . . .

« Bien ditférents <le la ])rox ince «le Cant«)n, où l'animosité

11^1* Uiiilleiiiiii

(lu peuple eoutre le« Euiopéeus ne luuus permet pas de i>araître en publie, niêuie à (pielques lieues de la ville, ici, les chrétiens arrivaient en foule pour assister à l'auguste sacrifice <le nos autels; et, en général, ils remplissent ainsi tous leurs devoirs religieux, sans être incpiiétés ni i)ar les maudarius ni par le peuple.

« Touché de leur piété, je leur dis (jue je célébrerais la Messe pour eux. 11 fallut ensuite leur donner à chacun l'anneau épiscopal à baiser; et la cérémonie tinie, nous allions i)reudre le modeste déjeuner préparé, lors(iue à notre grande satisfaction, nous vîmes arriver le missionnaire chargé de cette chrétienté.

« II u)archait, i)récédé de deux \'ienx catéchistes et api)uyé sur un long bâton; car il axait été (d>ligé de faire plusieurs lieues [tendant la nuit, pour venir nous trouver. Bien <iue à peine Agé de 4.") ans, il avait déjà la barbe tonte blanche.

« 11 portait dans ses traits, son maintien, sa déuiarche un air de grandeur, de simi)licité et en même temps de satisfaction (lui frai>pèrent singulièrement mes deux comitagnons de voyage.

« Nous fûmes bien plus surpris encore, ([uand nous vîmes ce digne Hls de S. l)omini(jue, non seulement se jtriver de viande, selon la règle ordinaire de son ordre, nniis encore se contenter pour tonte nourriture «l'une esi)èce de i)âte molle, faite avec du maïs, d'iiMifs et de (juehiues épiées destinées à lui donner nn peu de goût, le tout arrosé de quelques tasses de thé, qui est sa seule boisson; et voilà 24 ans qu'il vit de cette nuniière, augmentant cluKiue jour le nombre <le ses tidèles et [Kiraissaut i)lus content, au milieu de ses travaux et de ses juivations, (pie le plus riche potentat du monde.

« Ajoutant la générosité à toutes ses autres vertus, ce bra- \e I*ère, avant de nous (piitter, xoulut encore me remettre deux boîtes d'excellent thé (|u'il a\ait re(;ues d'un riche marchand Fo-Kinois, et que je n'acce])tai moi-même (pie i)our nos amis (le France, et jtarce (ju'il me protesta (jue [tour lui, il ne s'en servirait pas.

« Mais, d'un autre cêité, ayant reman|ue, en faisant la visite de son église très propie et très ornée d'ailleurs, (pTelle imnupiait de «chemin de Croix», je lui en i)romis un, «pi'il accepta avec grand plaisir; et c'est une des premières choses dont je vais m'occuper maintenant.

« Nous vîmes avec non moins de plaisir, la belle Mission des V. I*. Jésuites à Chang-haï, leurs beaux établissements et tout ce qiu' les enfants de S' Ignace font eux-mêmes pour ré])andre au Kiang-nan la lumière de l'Evangile.

<'li»|»itre VII - Voja};e «le IV'^ôqiio

« Cette ]Mi«.si(ni doiit Cliaii^-liaï est un «les i>iiiieipjmx points, est la plus belle, la plus tlorissante tle toutes k*s ^Missions (le Chine.

Elle ne eompte pas moins de 7.') mille cliiétiens. Cne trentaine (le .lésuites, avec un évêtpu' de leur ordre y sont h la tête.

-* Lors(]ue nous arrivâmes dans eette ville, tous les Pères s'y trouvaient réunis, soit (prils eussent été (d)ligés de se retirer devant les bandes de rebelles t|ui infestent la province, soit (ju'ils y tussent venus (reux-mêmes, pour prendre (pu^hpies jours de rei)Os, et se ])ré]>arer, en con)paj»nie de leurs conircres, à «le n(uiveaux travaux al^ostoli«pu^s, coninu' ils le font tous les ans.

« Parmi eux. J'eus la consolation de retrouver deux de me^ anciens condisciples de Frit>our,i>; (piebiues annérvs auparavant, J'y aurais é<ialement retnuivé nn)n professeur de pliysicpie, le vénérable P. (lotteland, fondateur de cette INIission, et le P. Fournier, professeur de philosophie A Frib(MU\ii. Mais déjà ces deux Pères, consumés de fatigues et de travaux, étaient allés recevoir la couronne due à leurs vertus.

« Inutile de dire combien J'ai été heureux de retouver ces dignes religieux que Je regarde toujours comme mes maîtres, stuis la <lirectiou descjuels J'ai passé mes premières années et aux soins descpiels Je suis en grande partie ledevable du ])eu de bien <|ui peut se tr(m\-er en nH)i; eux-mêmes n'ont pas été nu»ins bons à mon égard, nu' témoignant t<nite l'amitié et l'intérêt (pi'ils conservent toujours pour U urs anciens élèves.

« IjCS p. p. Jésuites ont dans la i>rovince du Kiang-nan, (piantité de petites cha])elles, mais leurs princi])aux établissenïents sont à Chang-hai et dans les en\ irons.

« Le premier, Tt>ng-Iva-dou, placé sur les bords du Heuve, et comi)renant une vaste étendue de terrain, leur a été cédé par le mandarin, connue co!U])ensation des anciens éditices (jui devaient leur être rendus par suite des conditions annexées au traité de M. de Lagrenée.

« Là, se trouvent l'église, l'iiabitation de l'évêfpu' et des missionnaires, ]>uis le grand séminaire.

«Au milieu (lt;s habitations européennes, se trouve un autre vaste emplacement (jui sert de procure, et où maintenant les Pères construisent une belle église destinée plus s)>éciale- Uïent aux catholiciues Européens de l'intérieur de la cité-

« A une lieue de Chang-haï, à l'extrémité (Pun petit village api)elé Zi-Ka-veï, l'on \<»it le troisiènu* établissement des Pères, formé sur le modèle <le leurs collèges de Fran(;e et destiné i)lus spécialenjent à l'éducation des enfants (ju'on dirige vers les carrières libérales.

«Ils y sont au ncunbre de KM) cuxiron; la bonne mine de

^lui <iiiiillciiiiii

ces enfants, leur tenue plus pi()[)ie indiciuent l'aisance des tiunill(\s aux<iuelles ils upijai'tiennent ; aussi leur instruction est-elJe soignée avec une attention toute particulière; on leur apprend la langue chinoise dans toute sa perfection et l'on ne craint pas de les initier aux premiers principes des arts Européens, eoninie la musique, le dessin, alîu de développer leur esprit et de les mettre à même d'exercer un jour sur leurs concitoyens une influence également utile à la religion et à la civilisation européenne.

« C'est à Zi-ka-weï que naquit le distingué Paul Siou devenu si célèl)re sous la dynastie des 3Iiiig, par la dignité de Co-lao ou de premier ministre, à lacpielle il parvint, et surtout l>ar son zèle à répandre la connaissance de l'P^vangile au nrilieu <le ses concitoyens.

«, Tout ce (ju'il avait d'influence, de talents, de richesses, a été employé, pendant le cours de sa longue vie, h attirer ses infortunés compatriotes à la connaissance du vrai Dieu; et l'un des plus beaux livres Chinois (jne iu)us ayons contre la vanité et les sui)erstitions du i)aganisme, est sorti de la plume tle ce ministre.

« kSa tille Candide, à l'exemple de son [)ère, ne voulut d'autre gloire, d'autre ambition (pie celle de in'oi)ager la vraie Foi.

« J^a première, elle réunit un certain nombre de vierges pour les engager à visre en communauté; elle établit de ses deniers l'ieuvre de la Ste Enfance, et mourut avec la consolation d'avoir énormément fait ])our la propagation de la Foi dans cette province, une de celles qui oflrent les plus belles espérances.

« Le tonjbeau du ministre Siou se voit encore au milieu de la campagne, en\ii<jnné de chevaux, de lions, de chiens en pierre, de grandeur naturelle, insignes de ses aneiennes dignités.

« Les restes de cette famille illustre existent encore, mais son ancienne sph>ndeur est tombée; et les Jésuites ont aujourd'hui, parmi leurs élèves, un descendant de ce grand homme et qu'ils ont re<;u gratis, i)ar reconnaissance envers leur ancien bienfaiteur.

« Tant il est vrai que de tout ce (pie nous avons fait ou possédé sur la terre, il ne reste dans l'avenir, que nos bonnes (euvres, le reste se bornant à un souvenir qui s'efl'ace chaque jour da\antage.

« Le (puitrième établissement <jue j'ai pu visiter est à Tsaka-voueï, à deux lieues environ de Zi-ka-weï.

C'est là par excellence, l'établissement de la Ste Enfance.

On y voit réunis 150 enfants de 10 à 15 ans, sortis de tous

C'hapili'*' Vil- V<».vas;c de i'évêqiic

les rangs de la société; la plupart sans père ni mère, ils n'ont (l'autre ai)j)ui que eelui qu'ils trouvent dans la religion et la charité.

« Là, se t'ait entendre le bruit propre à cliaque métier enseigné à ces enfants.

« Les uns sont cliarpen tiers, les autres menuisiers, d'autres sculpteurs, ceux-ci imprimeurs, ceux-là relieurs; ici sont les cordonniers, plus loin les tailleurs et les dessinateurs; entin chaque entant trouve là, selon son ai)titude et son âge, les moyens de gagner honnêtement sa vie, tout en se formant aux vertus qui eu feront un bon chrétien,

« Un Père se trouve à leur tète et donne le mouvement à tout ce petit peuple: le bon P. Massa, qui n.ous reçut avec la plus grande cordialité; il devait bientôt, comme on le verra l»lus loin, donner sa vie pour ses brebis.

«Après avoir vu la JMissiou des PP. Dominicains à A-moy, celle des PP. -Jésuites à Chang-haï, je désirais également voir celle des PP. Lazaristes à Chu-san et à ]Sing-p(), deux i)oints principaux de la |>ro\ince du Tché-kiang dont ils ont la charge.

« Déjà, j'avais vu la belle procure que ces Pères ont à (Uiangliaï; j'avais fait connaissance avec leur procureur le P. Aymeri dont j'admirai les œuvres. Car, sans autre ressource que l'argent de leurs Missions, cet habile spéculateur a su, au moyen d'achats de terrains faits à propos, de maisons habilement construites, créer un revenu (pii n'ira i)as à moins de 00 mille francs par an: (diose énorme, et qui mettra ces Pères à même de faire dans la suite un bien incalcnlable.

« Comme j'avais encore une dizaine de jours libres, je ne l)OUvais faire autrement que de désirer voir une Mission qui s'annonce sous des auspices si favorables. Je profitai donc d'une canonnière anglaise qui partait pour ce pays, et i'arrivai bientôt dans l'archipel de Chu-san, magnifique pays où la beauté du ciel, la végétation naturelle le disputent au travail des habitants, pour en faire la contrée la tuieux cultivée, la plus jolie et la jdus agréable (pie l'on puisse voir.

« A Chu-san même, les PP. Lazaristes ont, dans l'intérieur de la ville, deux em[)lacements qui leur ont été cédés i)ar les mandarins, à la demande de IM. de Montigny ancien consul de France à Chang-haï.

« L'un doit servir à l'église (pie les Pères se ])roi)Osent d'y bâtir bient()t; sur l'autre s'élève un petit établissement ixmr les enfants abandonnés.

« A une demi-lieue de la ville, au pied d'une (^olline couverte de j)ins et de bambous toujours verts, sur les bords d'un

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]>etit ruisseau, s'élève un jiutie étnblisseuieiit composé <ln <>raii<l séniiunire et «l'une terme modèle où déjà l(\s Pères ont réuni un certain nombre d'enfants plus urands et ])lus torts, pour les former aux travaux des <'liami)s.

« I)e[)uis lon,<>temi)s, on avait i)arlé dans les Glissions, de l'éreetion de ces sortes de feruu*s, sans «lu'on sût bien A (pioi s'en tenir; aujourd'liui le ])robl(-me est résolu d'une manière satisfaisante.

« Ces ])auvres enfants, par leur travail assidu, peuvent sufti.sament tirer de la terre leur nourriture (luotidienne.

« Levés quelquefois à 3 heures du nuitiu, ee sont eux, qui, sous la direction de deux ou trois liomnies sûrs, s'occupent des travaux des cham]>s, dès le temps <les semailles jus(iu'à la moisson. Le soir, il re^aiiiuMit avec «Mnpressement leur couchette, leur souimeil en est ]»lus ]»rofond, leur vie plus sainte et leur santé meilleure.

« Le dimanche est plus spécialement emi)loyé à l'étude de la religion et des caractères; car l'on tient aussi à ce (pie ces enfants puissent comi)rendre un livre et écrire en leur i)ropre langue.

« Enfin, pour les attacher à leur position par une petite part du gain qu'ils obtiennent, on les laisse seigneurs et maîtres des i)oules qu'ils élèvent et vendent à volonté, mettant de coté l'argent (ju'ils en retirent.

« Ainsi, sous le rapi)ort temporel et s])irituel, re^;oivent-ils là tous les secours dont ils ont besoin.

« Reste à résoudre l'autre ]n-oblème: savoir comment, après avoir passé 5 ou (» ans en ce lieu, ces enfants ayant atteint hi 120'" année, seront-ils placés?

« ]Mais A cela, on peut répondre qu'avec de l'aptitude au travail et de la force, il sera facile d'en mettre un certain nombre chez les chrétiens; (piel(|ues autres, avec leurs petites économies, i)OuiTont louer <pielques terres et les cultiver; entin, la Providence de Dieu sera là i)our empêcher, selon la ])arole du Sauveur, que ceux <pii ont <l'abord cherché le royaume de Dieu sur la terre, soient ensuite juives du nécessaire!

« La ville de Ning-Po, où réside ordinairement ]\rgr Delaplace, et (pii ne com])te jtas moins de -'{(M) mille habitants, i-eniérme aussi ])lusieurs établissements fort utiles et cai)ables de faire honneur à la religion

« Dans l'intérieur même des murs, se trouve un magnifique em])lacement qui api)artenait aux anciens missionnaires, <'t que M. de Moutigny, toujours si zélé i)our le bien <les ]\rissions et Phonneur de la France, leur a fait restituer, en obligeant même les mandarins à racheter de leurs deniers ce qui avait été aliéné.

■5(H?îrp?agi?"

C'lii»l»itre VI I - Arrei^taitioii H*- n. Beriioii

« Déjà INlgT Daiiicourt avait élevé sur cet ein])la('enient mie église très belle et très graiHle; mais, bâtie sur un terrain mouvant et roii^é par les eaux, elle n'avait ]>ar tardé à s'attaisser et à tomber entièrement. (')

« Anjonr<rinii, JNIgr Delaplace, avec les matériaux (|ui ont servi à sa ])remière construction, soni>e A la relever, mais dans un endroit ])lus solide et i)lus convenable.

«Tout à côté de cet emplacement, est la nuiison des dign«'s lilles de S' Vincent <le Paul, destinée à recevoir les ])etits abandonnés, tandis qu'à l'autre extrémité de la ville, en dehors des remparts, s'élève la maison ])lus s])écialen]ent destinée aux petites filles de tout a^e.

« Voilà donc les trois Missions que j'ai i)u visiter avec (juehjues détails; et partout j'ai r<'ncontré le même entrain <'t le même dévouement de la part de ces prêtres réguliers. . ;

« La seule chose (]ui m'afiige, est de voir combien notre pauvre INIission de Canton est encore éloignée <le toutes celles (pie j'ai visitées; nuiis encore malgi'é l'état de faiblesse où elle se trouve, avons-nous bien des motifs de bénir le (îiel.

« Déjà la grande affaire de la séj)aration de Macao est terminée, et nous travaillerons sur un terrain qui ne relève (pie de nous.

« Notre église, ])roniise par l'Emi)ereur ne tardera i)as" à s'élever; chaque année, Dieu nous accorde un bon n(mibre de conversions.

« Partout où j'ai été, au Xord de la Chine, j'ai hieu examine ce qui pmt )ious convenir^ et nous tâcherons d'en faire notre ju-otit, soit au matériel, soit au s])irituel; et entin, si nous ne pouvons rivaliser avec nos aînés, nous essayerons du moins de niarclier à leur suite et de faire disi)araître chajpie jour un peu de la distance (jui nous en sépare !

« Telles sont nos espérances et nos joies; mais, vous le savez, les (ouvres de Dieu souffrent contradiction; et si, jus(pi'ici je ne vous ai entretenu que d€s sujets de consolation, il est juste aussi que je vous fasse ])art des tristes nouvelles (pie j'ai apprises et des tableaux de destruction cpii ])arfois sont venus attrister mes regards et porter la (budeur juMpi'au fond de mon ânn».

« Je revenais à peine du Nord, que je recevais àChang-hai une lettre de Rong-Kong ni'annon(^ant qu'un de mes mission-

Ci) Cette constatation ne fut pas d'un inétlioovc poids dans la résolution de l't'v('(|ue do crouser une hase solide m son étrlis^e il<' Canton.

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