‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 40 sur 155 · IBO · texte numérisé non relu

IBO

yifiv <>iiill(>iiiiii

iiaires, M. Reruon, ('tiiit loinhé entiv les mains «les pirates, et (jiK' ceux-ci ne «lenuMidaienr |)as moins <le '2(>()() piastres (12. ()()(► tVi's) pour s;i rançon.

<v Le lait est «pie ce bon et di.une missionnaire, se rendant avec deux de ses chrétiens, dans une partie de son <listrict, avait été i)ris par des pirates vi conduit dans un village voisin où ils le conservaient sous bonne ,iiar<le, voulant en tirer le plus (rar<>ent possible.

« Ils avaient d'abord mis sa ran(;on à 2(K)() piastres, ])uis à 1000 et eutin à 000, dernier ternie au(piel ils a^aient consenti à descendre: et })endant ce temps, on ne cessait de le soumettre, lui et ses cliretiens, à toutes sortes d'épreuves, le privant de nourriture et le tourmentant de mille manières, atin de k' déterminer plus i)ri)mptement à se libérer.

<\ Les chrétiens, ayant ai>pris ce triste accident, se cotisèrent et tirent leurs ettbrts pour réunir la somme voulue; mais, réduits })our la ])lupart, à un état voisin de la nécessité, ils ne i)urent recueillir «pie la modi«pie s«)niine «le 102 juastres.

« Alors ^L Bern«)n ne saciiant plus c«>mnieiit s'en tirer, s'a«lressa au c«)nsul aiiiilais de S\vat«)w, le ju-iant de lui avancer les ()00 piastres réclamé«'s pjir les bamlits.

* Le consul, an lieu «ren\«)yer rari>«>nt, .-'emiiressa de prévenir le (\)niman«lant «les Ibrces navales de H«m<>-kon.i»', et celui-ci ex]HMlia aussit('»t une «'aimnniéi'e avec un certain imnibre «riiommes, p«)ur venir au secours «le ^L Bern«>n.

« Co «létachement, arrivé à tenii)s, vint cerner le villa<>e où était retenu le missionnaire; ils le «lélivrèrent, s'em] mirèrent «les neuf ])rinci])aiix chefs «le pirates; et non seulement ils retirèrent l'ari>ent «pii avait c^té donm'^ par les chrétiens de M. Bernou, mais encore rançonnèrent les autivs «le manière à les dégoûter du métier de jMrates.

« Ne saciiant comment se terminerait cette affaire avec des gens «pii ont abjuré t«)ut sentiment d'humanité. Je fus, pen- «lant «]uel«pies jours, d;ins un«' inquiétude bien vive; mais entin, l'heureuse nouvelle «le la «lélivrance «le notre cher (M>nfrère ne tarda jias à m'arriver ici.

« Je rai)pris chez ]\I. «le B«)urboulon, de la bouche même «le ]M. Bruce, ministre plénip«)tentiaire d'Angleterre «'n Chine, le«iuel voulut bien m'en donner tous les «létails.

« Je fus heureux de proliter «le cette «)ccasion pour remercier ]\I. le iiiinistre de tous les services «jue son gouvernement ne cessait de rendre ;i n«)s Missions; et ]M, de B«)urboulon s'unissant ù ma pensé«', a bien voulu, de son «'«'ité, écrire à M. le <'oniniaiMlant Sii[)érieur de la marine britanni«pie à Hongkong, pour lui offrir rexi>ression d«' sa gratitmh'.

C'iinpftrc VII - VoyaK** «i«' IVv<'m|ii«'

« Ce n'est |»as du reste, la première lois (pie nous axons eu ù nous féliciter du dévouement (jue ncuis ont témoi«»né Messieurs les Anglais; partout où j'ai vu de nos missionnaires, jN'u ai entendu faire l'éloge; et, pour ee qui me regarde en ])articulier, je puis dire que depuis mon retour à Canton, je n'ai reçu que des témoignages d'intérêt de la part du général \'an Stranbenzy, eomuuindant de la place, jusque-là qu'à son dé- ])art pour l'Euro]>e, il voulut bien m'ottrir un des plus beaux niouunuMJts trouvés A la prise de cette vilh', le brûle-parfum où le vice-roi Vé offrait ses sacrili^'cs jiux dieux: i)ièce toute en fonte, d'une douzaine de pie«ls de liant, qui a (U'mandé 40 hommes pour être transportée dans notre <lemeure, et (pii un jour, je l'espère bien, ira se ranger ]»arnii les trophées de notre patrie.

«Nous étions à i)eine remis de rin(iuiétude causée i)ar l'aventure de M. Bernon, qu'un autre événement bien ])lus triste et plus grave encore, vint jeter la consternation parmi nous à ( 'hang-haï.

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«Déjà, de])uis quelque temps, on i»arlait de l'api>rochc des rebelles Taï-iting et «les cruautés (pi'ils exerc^aient <lans les environs de cette ville, pillant, et livrant aux Hammes t<uit ce qui s'opi)osait à leur passage.

« Or, le vendredi, 17 août dernier à T) heures du soir, étant dans ma chambre à ct>mbinei' avec le digne 1*. Clavelin, mon compatriote, une ])ronuMiadc à faire le len<lemain chez ses chrétiens, voici que le dévoué secrétaire d'ambassade j\I. de Kleczkowsky, vient nous avertir de la prochaine arrivée des rebelles.

«Et, s'adressant au I*. dlavelin: «Pour vous, mon Père, lui dit-il, liatez-vous de mettre en lieu sûr, eu les enlevant de Tong-ka-dou, Zi-ka-\vei, Tsa-ka-weï, ce que vous avez de plus précieux, et en i)articulier les sculi)tures du Frère Ferrère, dont i)lusieurs sont de vrais chefs-dceuvre. Pjtuvres églises de Toug-ka-dou et de Zi-ka-weï! ajoutait-il, elles seront sans doute brûlées; mais entin, on aura toujours de l'argent pour les relever; quant aux autres choses qu'on peut j)réserver, hâtez-vous de les recueillir, ce soir, cette nuit; car demain peut-être, il ne sera plus tem])s!...

« A l'annonce de cette triste nouvelle, le P. Clavelin se rendit précii)itamment auprès de ses confrères, pour leur communiquer les informations re(;ues.

11 Mcir (iiiiUi'moi

yisv <i<iiîll<'iHiii

* Elles irétaÙMit niallieiireiisciuent quo trop vraies, et déjà, elles couiiueiiçaleut à ^'exécuter au inoiiieiit même où nous eu parlions.

« I^e lemlemain same<li, à deux heures du matin, le P. Lemaître recevait un exiuès de Tsa-ka-weï, leciuei lui annonçait (pie la \eille, ;i 4 heures du soir, les rebelles avaient t'ait irruption sur la maison; (jue le P. Louis INIassa était tombé, trappe de <leux eoups de lance; (pie plusieurs entants avaient été mis à nn)rt, et que d'autres s'étaient noyés en \oulant l)asser le canal pour échapper à la fureur des rebelles.

F]ftécti N'émeut, à la première nouvelle de l'arriAée de cette troupe maudite, le P(M'e avait réuni les enfants d;nis la clia- |»elle, jtour les eiii>a.uer à se mettre d'une mani(^'i'e s]>eciale sous la j)rotecti(Ui du Ciel.

« Les premiers rebelles joraissant, le IN^-re fait ouvrir les ]>()rtes, et un enfant va se jeter aux pieds ^]}l chef de l;i bande, en lui deuiandant de les epar<>ner, '' car, dit-il, nous ik' sommes pas des malfaiteuis, mais des enfants (|ui lu^ faisons de tort à personne ". Lu nuMne temps, il joint les mains et in(dine l)rofondément la t('^te, comme pour toucher par cette marqiU' de vénération, la dureté de son bourreau; mais, tandis (|ue cette l>etite tête innocente s'incline, le l)iirbare él^'N-e son coutelas et l'abat d'un cou}).

« Alors le P. Massa (pii, jus(|ue-là, était resté au milieu des enfants, ju^i>ea (pu' le moment ('>tait airive jtoui- lui de donner sa vie pour ses bi'cbis. Il s'a\'ance au-(ie\ant (\\\ i-ebelle, qui, le tixant d'un rei>ard terrible, lui demande ce ([u'il a d'ar.i>ent, de i)oudre et de munitions.

«. A (pioi le l*ère r(»]K)n(lant modestement (pi'il n'a pas <»i"and' (diose. nmis (pn^ tout ce (|ui est dans la maison est à sa disposition: '' X'oilà, dit celui-ci, le chef de ces dial>les (jui infestent le ])a>'s! " Et en même temi)s, il lui enfonce ])ai' deux fois sa lance dans le cccur, et le IN'mv va tomber à (iuel(]ue distance de là.

« Le ]»asteur une fois frapi>é, on tombe sur les enfants, dont une (piarantaine, dit-on, sont ])assés au til de ré]>ée ou se noient; une vingtaine d'autres ont éualement disj)aru.

« Les chrétiens n'ont pas été |)lus éi>ariiiiés que les enfants; |)rès de 200 ont trouvé la nH)rt s(Uis le sabre des rebelles, et le pauvre P. Massa a été vu encoi-e, plusieurs heur(\s après le COU]» (pii l'a frap])é, liisant dans un champ de riz, les ntains jointes sur la poitrine, les y(Mtx tîxés vcs le Ciel et res[»irant encore.

« lie lendemain on avait la certitude (pi'il avait consommé son sacrifice.

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