‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 4 sur 155 · Chapitre 1 • L.'eiif*aiive · texte numérisé non relu

Chapitre 1 • L.'eiif*aiive

Née le 11 Mal 1779. elle a vécu irrès cT an siècle. Elle est

morte rohtistement Avant de mourir elle i^ut f^avoir que son

fils était arrivé. (')

Ce quHl souffre encore, elle s^eîi réjouit dans le sein de Dieu, où les larmes d' ici-bas se changent en rayons et en couronnes pour de perpétuelles éternités.'' {')

La famille Bel, très lioiioiable dans le pays, ne comptait l>a>s moins de trois prêtres, au moment de la Kévolutiou.

L'un d'eux, l'abbé Jacques Bel était depuis lon^tempKS curé de Vuillafans. Il était aidé dans l'administration do la paroisse par le capucin Luc Guillemin, gardien, avant la liévolution, du couvent de N. D. de Gray. Ce religieux avait dû, aux mauvais jours, se réfugier dans sa tamille à \"uillafans où il vécut jusqu'à l'âge de i)4 ans.

Et c'est ainsi que la collaboration des deux ecclésiastiques à l'd'uvre commune des âmes, servit peut-être, en resserrant les liens d'amitié des deux familles, à cimenter l'union de Kapliaël et de Françoise.

Ce mariage était d'autant mieux assorti, que la famille Guillemin ne le cédait on rien aux Jiel, ni parla fortune qui était assez considérable, ni par les bonnes traditions.

Elle avait toujours fourni des prêtres à l'Eglise, et à l'Etat d'utiles citoyens.

Les Guillemin s'étaient succédé de père en tils, bien avant la Révolution, dans la charge de greffiers des Justices de Cliâteauneuf et de Vuillafans.

Chrétien de vieille roche et fort attaché aux traditions de famille, Raphaël Guillemin avait acquis l'estime et la coutiance de ses concitoyens qui l'avaient élu maire; mais en 1830, il donna sa démission, motivée par son dégoût de la Révolution de Juillet.

Il mourut peu après, (.'5 novembre 1831) âgé de 54 ans, laissant à sa veuve six enfants dont notre héros fut le second.

Né le 10 mars 1814 ('), il fut baptisé le lendemain, sous les noms de Pliilii)pe-François Zé]>hyrin: ''■On n'a <jardé, dit l'abbé Trésoret, (') de ses premières années, d'antre souvenir

(1) Alhision an clerniei retour en OhiiK- de Mu-r (Truillemin (ISTô). '•

(2) Journal V^'Univeni", mai 1870. ■• , '.

(3) En plein temps d'invasion, an moment où, sauf Kesan(,'on, la Franche-CoiÀté était entièrement occupée par les armées antr'ichiennes. » îs»

("4) L'abbé Zépliyrin Trésoret. neveu de- iM^-r.- GuilHniin. t-st aupurd'liui le dis-" tin<^-ui' curé de Ranç, dans 1^,' Doubs. Nous lui devons beaucoup de reconnaissance, pitur l'cx {uise amabilité .|u"il a mise m nous livrer les arcliives dt- sa familli'.

^I$;r 4>iiilloiiiiii

ijHr celui (Ip -sr-s cspiiujh'rivs^ (jijc cl/acuii -sr r((cf)vfe à l'en ri, bien (j/relfef< iw noieiti pd-^' ■sonrent Mijiante-s.

,Sa iiatuye auraif pu rcntra/iicr /oi}/, sans la fcnupié de sa mère qui ne lui passait rien, et sa)rs le martinet de ronde Luc, qni se faisait sentir.

Et, niahjré ces incartades, la piété sr faisait Jour dans SOI/ (ime. A/fssi le cnré, M. Beiireij. Parait-il pris en affection.

Il (trait sa distinijner dans cet enfant des (jnalltés j)récienses ihn/t il farorisera If déreloppement. tan.t par son anu'tié <pie par ses leçons.

Zéphyrin était so)( enfaitt de cliœnr le plus déroué.

Quand il ne serrait pas à Panlef H aimait () se (jUsscr dans les stalles et à occuper la place de M. le curé, ou celle de Fonde Luc, prélextont ipéil priait là mieu.r (pCailleni s.

Dis so plus tendre enfaïa-e, il eut uii attrait tout particulier pour la ueuraine (le S. François Xavier qui se fait ton- Jours arec soleinu'té eii Fi'a iiehe-Coudé.

Sa mère, lui aijant dit (pi' on obtoiait t(ni^ ce qu'(jn deinanihiit èf ce saint pendant sa )(euraine, il se prit (Vun beau ::èl<\ et rcndut faire cette ueuraine arec un soin tout pcniicul ter.

La cloche arait à peine anno\icé le pieux exercice, qu'il accourait à réc/lise. et allait se blottir dans un. coin ponr )i'étre pas distrait.

FJ que demaudait-il donc arec tant de ferreurf

Lui-même fa raconté plus tard dai^s un entretien familier arec les paroissiei'^ de Vuilhifans : il demandait <jn'un Jour, jtar l'intercession de Vajiôtre des Indes, il pnt aroir un beau petit cltercd pour aller risiter la riUe de Paris!...

Ft, après aroir ré r été an.r fidèles ce secret de son enfance, l'éréque ajoutait: ''Or, dites-moi, mes frères, léaije pas été exaucé mille fois plus que Je n'aurais osé l'espérer, rpiahd on songe (pie ce petit enfant de Vuillafans était dés lors destiné èi cdler. u(m pas seulement à Paiis, mais Ju>:(pi\iu.r extréités de la terre, et ipi'uii Jour il serait ap

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apôtre de V Orient termina sa ijlorie

Il se prépara à la première communion avec beaucoup île l/onne rolonfé, faisant de réels efforts pour dompter sa induré et corrij/er ses défauts.

Ft de feiit, à partir d

e ce iiioineu.

t. il

s^oi)ér(< eu lui aue

epies bons chaupernents: et ho mère, (/ni j'us(/ue-léi, désesqiérait

ut.

eom

de l

Llle sonpea éi . l'en été confirmé.

prit font Ir parti ipùm tirerait de sa nature

roijer en pension.

iussitôt qu'il aurait

Mijr de Vill(franc(rn. étant reuu risiter la paroisse de Vuil

(Iiapilr** I - l<:i J<>iiiu>n«i4-

lufau>'i, tu IS^o, ci; fut delà main de ci iirc'lul (jhv Zi'[thijriii rcrut (^^^ aodt) le b-acreii/e/tf de r E.sprit.-ISaiid .

C'était^ disait-on. la prctiiiirc. fois <jn''in (irrhev<'(in<' de Besançon veiiait forifiniier à VniUafau.s,

Mijr G ùfleutin conserva loiijonrs un rif sonnenir de tatd de (/races reçues daits son église natale; et dans les 'u'siles (/nfil II fera p/its^ fard, r é rAÙjuc- m isslivn uai ri', s" ij a<jenO(iillera comme un pèlerin... ^^

Entiu le voici ;iu collège des P. P. , Jésuites à Dôle. (fhini) Sa mère aurait pu l'envoyer au petit-séminaire «l'Ornans <]ui t'sl aux ]»ortes de Vuillatans; ''n/cfis, i»oursiiit l'abbé Trésoret, ^:oif i//i''cllc ail ronin V chiipier daraiii aijr, soil iiii^elle ail dcsiré le confier à des iitaifre.s jdiis habiles, elh^ r<''s(dat de ht vtetfre chez les ^fils de -SI. li/nace.'' '

lieuri'ux, di.son.s-le hautement, les [>arents, les maîtres e( les élèves qui eurent et ([ui ont encore de nos jours, les uns, l'insi)iration d'un choix si justilié, les seeonds, la réputation d'éducateurs d'élite et enfin les diMniers. la chance d'en bien ])r(diter!

Zéi)hyrin ne i»rotite i)as toujours (Uns leçons de ses maîtres. (')

est encore es[)i<',i>le; mais on liii jKirdonne ses écarts

«l'autant plus vit*', qu'il les axone [)lus rranchemenl.

D'ailleurs, il se range d'emblée parmi les meilleurs élèvc?^, comnu' un esprit d'élite, alerte et déeidé, (jui Viut clair dans les livres et «pii répond aux <|Uestions de tout ordre a\c'c goût, raison et imagination. ♦-

droit

.Alai

s ces commencements heureux, dont l'adidescent a (

de se réjouir avec les siens, x'ont être gâtés jiar la politi(|Ue: une ordonnance royale du HJ juin 1<S2<>, siip])rime en France l'enseignement des .Jésuites.

l>es ])roscrits xont alors [»orter en Suisse, dans leur collège de Fribourg, le rayonnement de la science et de la J*'oi, et Zéi)hyrin (piitte la France ]tour les y suixi'c, en compagnie d'autres jeunes gens des meilleures lamilles,

« Dans l'automne de \i''>'M), raconte le chevalier L'idoux, le « Cardinal de Kolian, prince-arclie\ ê(pie de lîesançon, s'étant l'é- « t'ugié à I^'ri bourg, désira un jour (pi'on lui i>rés<'ntât les col- « légiens Comtois. Lors(iuc, selon l'usage, on lui eut amené « le plus sage, (l'histoire ne dit pas son nom) l'Eunnence vou- « lut voir le plus dissipé.

« On lui présenta un frêle entant de H» ans, intelligence « d'élite, Cd'ur d'or, mais nature ardente et primesautière (pii « taisait le déses])()ir <lu préfet de discipline.

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(1) Parmi les m;iitros ((ui cxei'iri-cul sur

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iiencc. il faut citt-'i- le.> L'. V. Jant

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[ilus. heureuse m arilera un .S( lU'e-

71^1- 4ji II il le mi II

« C'était Zépliyriii Giiillemiu.

« Avec son admirable faculté tle discernement, Mgr de Ro- « lian tilt frappé de l'extérieur du «petit indiscijjliué».

« n retint l'écolier durant i)lus d'une demi-lieure, puis coii- « dut par cette annonce, de son avenir: «Prêtre et missionnaire».

Cette parole (jui semblait à beaucou]) une dérision, fait sur rame de Zépliyiin une impression si j>rofonde, que, dès ce jour, poursuivant ses études avec [>lus «l'ardeur que jamais, il obtient des succès marqués, et se préparc en silence au rôle d'iionni^ur «pron lui a ])rédit.

pjt ses succès scolaires n(^ lui font point oublier les règles <le cette modestie chrétienne dont sa mère lui conseillait toujours l'exercice.

« Dailleurs, rr rit-il Ini-mime, son bui n'est pas d'atteindre, « par la culture des lettres et des sciences, une situation bril- « lant-c; il ne sera ni politicien, ni avocat, ni médecin, ni sol- « dat; il méj^rise le mon<le; il le quittera, il sera prêtre».

Et il fait part à sa digne mère de sa résolution, dans une lettre datée de Fribourg, le S août 1S;35.

La voici intégralement:

Ma bt'cu c/ièrt juanian.

''Die>i -so/'f 1)('iti\ et ooKS le hcnirerc arec mot! Voici la dernicre lettre </'ie je roas eo'is o la /?;/, de iia's <-la-sscs; et c'est en nu'ine (ein/>s celle (jui i-(n.i..s eansera^ Je Vey^pcre, le [dus de joie, eii roHrS appreyiaid llieareii.^e issue <i>il ra. les couronner.

Si Je ne eouuaissais ros sentiments, citer": maman, peut-être serait-il nécessaire de in'exj)rimer avec plus de reserve: mais en nije besoin, pour apprendre à une mèi'e aussi chrétienrte la résol'dion que' JJieu m'a inspirée, celle de jne i-onsacrer à sa (jloire et au s dut des dmcs dans F état ecclésiasfirjue.

Oui, an lieu de la tristesse et de f i lapiiètude, ijue de telles noucelles portent saucent dans Cdme des pareiits, Je vous vois tresssaiUir de Joie et remercier Dieu de vous avoir donné un enfant rpi'il veut Inen associer au saird ministère de son Fils.

Il appelle qui Jl lui plait; remercions-le de ce (piil a abalssé les yeux de sa bonté sur notre famille, pour y conserver des meudrres consacres tout erdicrs à son service.

Et vrai/meid, s'il y a de rhoiuieur joaur moi dans une vocation si élevée, cous la partayez avec moi, c/ière maman;

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