‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 43 sur 155 · Chapitre VlII · texte numérisé non relu

Chapitre VlII

I. - < oii|» d'u'il Miir rt'iitii^uolÏNsitioii «iii Koii:iii;;-ioii;;'.

El. - lia ^li-sKÎoii «lu lioiiaii^-Ki: <lill!i4-iil(ô!^<it> l*a|»osl<»lal: iiioi'l

«io H. l.v Tiirtlii.

III. - i'ri'iiiit'i'o^i <i'«»!isii'oicli<»ii!4. I\. • € al «'«'Il i Xi !«'><: tisil«- a 31 \ i4-«'-IS<»i.

y. • .lowc'pliiiM' riîSK«'.'»: 4l4>j»art «les iroii|»«'S alli4''<vs. \l. - T.V|>lioii.

VII - imiit'HlM's «iaais ses «-oiisilriiriioiis: le "'l'ir**. \ III • Itilan.

A peine install('> dans sa modeste liahitatioii des ruines du palais de Vé, M^r ( Jnilleniin, dont Taltention va se porter désoinnais sur les constructions matérielles, n'oublie pas ])our autaut son rôU^ princi|tal <|ui est la conversiiui <les (Jentlls.

L'auuée 1S(>0 a été fructueuse; il s'en lélieite d'tiutauï plus, (|ue, uial.iiré son absence prolouiiée de Canton, « l'évau^^élisation, dit-il, ne s'est pas ralentit'».

(Ji'âce au zèle de ses catéchistes, le cliitIVe des baptêmes d'a<lultes s'élève à .'><>4, celui des petits nnuibonds à 4o4(). Dans ce nombre ue lii^nrent [>as les baptèuu^s laits par ses coutVères de Tintérieur.

VA puis<]ue nous voici dans la statist i(pu', jetons un coup d'u'il rétrospectif sur l'état reli,<ii<'U.\ des deux provinces, «le 1 <S,")2 à 1S<I(>. Cet exiK)sé servira à mieux Jui^cr «les difllcultés «pi'avaieut à surmonter l'évêciue et ses uiissiounaires, à cette éjKxiue tumultueuse d'enfautemeut de leur Mission.

^'ons avons déjà <lit précédenfment le rôle joué à Canton uièuu', par son premier apôtre, ]M. (iuilUunin, dès 1S4Î), en compagnie de son confrère ]M. Uilanne.

nav Ciiiiiifiiiiii

En cette même ;iiiuée, leur sout adjoiutï^ (juatre Jeunes mis- .siounaires: M, ^I. Jk'inou, ]Mailtail, Amat et ÙNlarizien.

Eu 1S50, 'SI. Le Turdn.

En 1<S51, M. M, Biseh, Jae(iuemin et C'Iiagot.

En 1852, M. M. C'hapdelaine, Dehu- et Lavi^iie.

Eji 180-1, 31. M. Fontaine ci Hevnailou.

Eu 1S5.S, M. Delsabut.

En is,')*), :M. 3J. Philippe, Taitly et (loutaguy.

En l<St)t>, yi. M- Chousy, .loily, Foueanl et Alibert.

Fax tout 2'.) uiiss.ioniiaii<'s sonî <l»>ne \enus grossir j>eu(laiit onze ans la première expediticni de 1<S4Î>(').

A noter (ju'au l)onl de ces onze ans, il n'en ii'srait plu."^ <jue 1-1.

31. M. lîernon, Le 'Purdn, 31arizien, -laeciueuiin evan<>éli!saient les districts (!«> {"Est, (jui conipraieut près de l. ■>()(» néoi)liytes euj LSôO.

M. M. l\lailt'aii, Amai, Hiscii, Dchic, Alibert, C'inigot dirigeaient les chrétientés de TOnest et de Pile de llai-nan (1400 né()l>hN tes).

3L M. Lalanne, L*hilippe, Delsahut, .lollx, Gi)utagiiy, Tardy, Chousy, Foucai-d s'occnpaienl de celles du centre vA du Xord, comptant^ près de (iOOO tidèîes. y compris ceux de Canton et des t'aul)ourgs; ce chiltVe s'élevait à [)rès de lôOO.

L'administration <le ces postes se taisait le i)lns souvent en tdtiinini et touj'ours au ris(jiie dv coiui)romettre i)astetir et troui)eau. ("était seulement la nuit (ju'on célébrait les saints mystères. N'avons-nous pas \ u iious-méme, lors de notre arrivée à ("anton en 1 Sî>S, (juehpies vieux missionnaires conserver eiu'ore, dans leurs visites à domicile, la prudeute réserve du temps des " Catacombes ".

Vêtus :\ la Chinoise, aAec leur tresse cliàtain-clair (pli les dé- ,<>iiisait mal, ils pénétraii'ut dans les bourgades, à la chute du Jour, ensevelis au fond <l'un j)alaiujain j)areil à celui <lout se servent les épousées.

De braves Véroni(iues, averties de leur arri\ée par un messager d'avant-garde, leur préparaient le thé de l'hospitalité, au fond d'un réduit qui servait d'oratoire: et les néophytes venaient alors, silencieux, déposer aux [)ieds de leur Père, le l)oids de leurs fautes et communier.

Quel idéal touchantî . . 3[ais ce n'était i)as la liberté.

Inutile d'ajouter <iue la dualité <le juridiction achevait de briser l'élan îles [)rédicateurs et rharnu)nie des tidèles.

il) Outre ues 23 protio^. cit'

>n> onct

re 31. Libois

jui en avait été le 1,

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non résiliant; puib M. M. Diipond, Albraml. lirnou ot Girard, (jui. appartenant ;t il'aiiti'os Mission^, prêtèrent à ces Messieurs de Canton, par intervalles, le précieux

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<'hapitre VIII - «oui» «l'wil !>surlu .MÎMsion «lu K4»UHu;;-Ki 17»

Et faut-il s'etoiiuer que la Foi elirétieime, malgré la loroo (lout la soutient l'Esprit de Dieu, n'ait Jamais tjiit en Chine, jusqu'à nos jours, que de faibles j)i'o«)rès.

Et parmi les provinces de rEmi)ire, ne Toublions pas, deux surtout avaient été délaissées: le Kouang-tong et le Kouang-8i. Xon pas qu'elles aient manqué, i)lus cpu^ «l'autres régions, des moyens suttisants d'apostolat: les prêtres y avaient, au contraire, jusqu'en 1 7o'2, établi de nombreuses (^t solides chrétientés; mais, dei)uis cette date luneste où les édits de Vongtching leur axaient enlevé les «prophètes», elh^s végétaient dans la répugnance à embrasser h» * religion d<\> étrangers».

Le Kouang-Si en i>articu1ier, à cause de son isolement, offrait aux tentatives d'évangélisation, des diHicultés t'ucore plus sérieuses.

Les prêtres de Macao (|ui jJouvMient, de U)in en loin, visiter les ])ostes chrétiens du Kouang-tong, avaient assez de peine à y entretenir le flambeau vacillant «le la Foi, i)our se hasarder de le j)orter au-delà des monts «le la (Jentilité.

Dès le «lébut de son supériorat, nous l'avons vu, ]\L Libois avait bien tenté d'y euv«)yer deux ou trois missionnaires: mais les i)irates les avaient fait déguerpir.

Le zèle de ^L (Miapdelaine tbuda «lepuis, il est vi-ai, «luehjues petites chrétientés à Sy-liu; mais on l'y uuissaci'a en 18ô(>; et cett«> mort, toute gl«)rieuse «ju'elle lût. n'avait ]>as enc«)Uragé le nouveau Sn])érieui' (iuillemin à lui «lonner un successeur: «// ne }Uf paraitrait pas prudent, «'crivait-il /) M. Lions, dti, Kni(jjJ(']ieo)i. le lO j'uiJ/ef Isnii. ire'nrn//pr Jh idi .■^pcoml missionuriire jhi. (h:ûlemnï<'iif ^ieretif ^\riH>s<' an mcme -sort <pie lui, .sr/;/,9 jirod'iire le bien e/n'il k fedf. Xc .sera/f-il pa.'< à erainflrf. l'omme iU{jà <-e-s Mes:<<ieiu-.s du Sfi-ielnien d eln Konf/fi'heoft le reflonf aient, ([ne rarrin'e iPuu miin-i'aii prédicafmir ne fui le !^ignnl <Vuu redotd^lcnient de per-séi-ufieni, et u'f.rpo- !^dt les J//.s'-s'/o//,s n)i.'<iues an l'efii^entirueuf des nmudnrinM/

SauH doute. Mais il ne serait pa,s tuoius dur et iucuuceraf)le ijup nous ahandomrio)is ers paurre.s e/fus^ et que nous les laissions retoniher dans /f.s- ténPbres du jia(/anis)ne. (Toii ntms avons eu tant de peine i^i les tirer-».

Alors M. Perny «lu Kouy-tcheou fut chargé «U' s'occuper des chrétientés «le ]\L Ohap«lelaine: «Etant sur les lieii.r. écrivait AL (Tuillcmin, il sera facile à e,e inissio)inaire, de connaît re leurs besoins spirituels et temporels^ <it de rair eoniment nous j>ou/'rons !j subvenir. C

<^ // sera bon de leur do}n)er un catéchiste, et la Mission de Canton en fera les frais. S^il faut, eu (uttre les aider à se nourrir, à se procurer u.u peu de travail, j'i' remettrai

.llgi' <îiiill(>iiiiii

entre les mains de M. Pem// mn- ro-hihic sonnix^ comme 1(i(i ou 200 piastres.

Par là^ si noic^ ne faisons pas font ce (jne le.s besoins de ces chrétiens ejciijent, dn moins ?enr mont rproiis-nons tonte notre bonne volonté à l,eur fijardy

M. Perny, au lieu d'aller lui-uiême à Sy-liii, v driuVlia i>onv quelques mois, uu sémiuariste, Thaddée Yau<>.

Le même, devenu i)reti'e, y retourna eu 1<S<;0, au niouieiit de l'irruption des Taï-i)in^- (jui y inassaci-èrent encore quelques néophytes. L'année suivante, Tlia<ldée Yan,i>- visita ces postes ])Our la dernière fois.

"Si à cette époqne, écv'wn'w ^hj^r (Miousyf'), o/) /<'s traités de la France arec la Chine renaient d'ét rc signés (JSOO), on se fat acti renie)d occnpé d'or(/aiiiser des œurren dans le Kofiamj- Si, cette Mission n'anrait pas ré(/été pendant -si lontitempx ( 1s9H); et elle serait snr an pied anssi Jloris.sa id (pie les anti-en Missions qni, elles, ont pn jtrofiter toni de s/rite dn mnirel état de choses pon,y s'organiser.''''

Ceci est évidemuïent un eoiip droit porté à l'administration de Mgr (luilleniin.

Et voici comment l'histcuMograplie Adrien Launay apprécie le jugement sévère lU'écité:

Nous comprenons, dit-il, ipie Mfp- (JhoH,s// ait exprimé cette opinion, qui est chez Ini l'expression de regrets intimes; mais, quand, on examine les r<i rages faits à ce moment [iHiiO') dans le Kouang-Si par les ret)plles. /'^s• I raran.r et les efforts considérables et relatirement peu frnctnriu- des prédicatenrs de l'Evangile, de l86ô à lOoo, la tenaci/é l/ainense des ma.ndarins qui sans cesse leur barrent la ronfe et Icnr dénieid toute justice, le petit nombre de pré ires dont disposait alors {IS6o) Mgr Guillemin, V absence d'anc'iens chrétiens bien formés et de stations solidement établies ponrant serrir de base d'opération, nous nous demandons si r<iiiiovr ipie Mgr i^honsg avait ])our son Kouang-Si ne Ini a pas nioidré la situation plus lielle (pi-' elle n'était en réalisé, et les progrès phi s faciles qn' ils ne se sont jamais offerts.

La comparaison rpi'il fait du Konang-Si avec les Missions qui jrrofitèrent dn nouvel ét<d de chuses, ne .^anrait être comptlètement juste, puisque ces Missions étaient anciennes, organisées, ])0Ssédant des ressources et an personnel préparé, tandis que au Kouang-Si toni était à rreer. Xons crogo)is cependant avec lui que Venroi an Konang-Si , vers Isin). de mis-

(1) Préfrt apostoliqnp du Kouan^-Sj ( 1 SiKi- 1 s'.ii»)

<'hîii>ilr«> VIII .niilu'iiltéw <!«> Tapostolaf

siomiai rett expérinieAifé-s, iietit />«-s- été h(n?s aiutitfrujt's jiour le présent et 2^0 h r Vavenir de cette Mission.'"

Xons lie discuterons pas ici les raisons niajenies (in'avait l'évéQne de (\vbistra de ne pas ])oni'snivi'e an Kouan,<;-Si I'omivre si bien en^a^ée de M. ('liaixleiaine; mais hi «piestion n'est-elle pas tranchée en jiartie i)ar ce seul mot (le Launay «qu'il manquait de prêtres»!

S'il y avait faute, cette faute retombait donc en jmrtie sur le Séminaire de la me du liac, s<Md fournisseur «'t pourvoyeur (les Missions.

D'ailleurs, nous verrons bient('>t (piehpu's missionnaires <le Canton, désignés par l'é\ ('''(pie, essayer de rei>rendre, (pioijjue (Ml vain, révaii,i>élisati(Ui du Kouan^-Si.

(lomme nous exposerons plus loin les détails de cette ex- ])édition apostolique dans ladite province, cl('>turons ici ces i'enja.rques générales, })onr rejoindre celui doiil Pactixité va maintenant (l<S(;i) créer à Canton, des o'uvres solides autant (pie profitables à la Religion.

I/évê(ïue consacre les i)reiiiiers mois (le l'anmV à s'établir dans le terrain qui lui a été concédé.

Tout y était encore en ruines dejuiis le si(\<;«^ de la ville; il y aménage deux ou trois chambres, et c'est là qu'il loge désormais, comme un homme de jieine sur sou chantier.

Il y est ;\ ])eiue installé (pi'il re(;()it des lunn elles in(|uiétantes des districts:

« Que Je suis en retard dans ma corresiHnidance, n^rit-i/ à M. Voisin! Dejiuis longtemjKs, j'es])érais trouxer un moment ])oiir vous faire le l'ésumo des j)rincii>aux faits (pii se sont passés dans la ]\rission de Canton, et Je n'ai encore pu réaliser mes désirs. Aujourd'hui ici, dem;iin là, tiraillé en inille sens, J'ai cessé en quehpie sorte d'être à moi; et, a[)rès avoir travaillé tout le Jour, la longueur de mes veilles ne suHit plus pour satisfaire aux devoirs de la reconnaissance et de l'amitié.

« Mais vous m'excuserez, vénéré Père \'oisin, vous (pii, dans vos longues années passc^es au Su-tchuen, avez connu et pratiqué mieux (juc ])ersonne la vie de missionnaire...

« Depuis (pielque tem])S. J'avais écrit à deux de nos missionnaires ]K)ur obtenir d'eux des détails sur le nomlire et la ])osition des |)aïens (pi'ils ont !)a]>tisés dans le cours de l'année. Or, voici la réponse (pie l'un d'eux m'adressait: «Excusez-moi, ^'lon seigneur, me dit-il, si vous n'avez i»as encor(^ re(;u mon compte rendu. Deux fois, je l'ai envoyé à A'otre (îrandeur et deux fois il a été saisi iiai- les voleurs qui ont enle\é à mes courriers tout ce (pi'ils ]>ortaient. Je l'avais donc ivdigé encore une fois ])(uir vous le faire parvenir moi-même, eu allant

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tl^r (liuilleiiiiii

à Taï-yiiuii: iiuiis voilà (jiie xuo'i aussi, Je suis tombé entre les mains d'une bande <le voleurs. Deux t'ois ils m'ont concile eu joue; j'ai éré pille, dévalisé jusqu'aux os, et c'est à peine si, dans ma déroute, j'ai i)u re^ai^ner Taï-yun<>- pour vous écrire ces (pielques liones. Dans quelques jours, je reprendrai le chemin de Kia-vn, mais v arriverai-ief

<v Dieu lésait! Pour nHn,je remets ma vie entre ses mains, et tout ce que je lui demande, c'est que lors que mon dernier jour sera arrivé, il veuille bien me faire miséricorde ''.

« Un autre de nos missionnaires, habitant le Tsord de la pro\ ince. m'écrivait il v a (Unix mois:

« ,Ie ne sais ce (pie nous allons devenir. Déjà l'année derni(M-e les rebelles ont pillé par deux fois le pays, et le bruit se répand (pie leurs hordes sauvages s'avancent à grandes journées. \'oiis ne sauriez vous faire une idée de la terreur qui s'est emparée des habitants de la contrée à cette triste nouvelle.

On ne voit de toutes parts que femmes, vieillards, enfants fuyant du côté di's montagnes et ])ortant sur leur dos t(mt ce (pie la faiblesse leur a permis d'enlever.

<^ Je vais bieiit«")t les suivre, et je me dirigerai vers la petite chrétienté de ilo-chaou-kang, située au milieu des montagnes et renfermant des cavernes <|ui ne sont connues (]ue des chrétiens seulement.

« C'est là (pie je dé]ioscrai mon petit bagage, et que j'irai moi-même me réfugier, s'il est nécessaire, attendant le sort (pi'il ]>laira à la dis ine Providence de me réserver. Afais ce qui me touche, c'est l)i(ni moins ma [xisition (pie celle de tant de pauvres gens (pii. cliass('s de leurs maisons, campent sur les montagnes, sans abri, sans ri/, et contractant par suite de ces privations, des ulcères (pii les rongent et les conduisent au tombeau.

« Déià, j'en ai vu bon nombre succomber sous le i)oids de leurs souffrances! et je comj>te bien, lors de ma prochaine lettre, vous faire le tableau plus détaillé des att'reuses misères dont je suis le témoin et aux(pielles j'ai ma j)art comme les autres».

« .VilhMirs. ce sont les mandarins (pii, profitant de l'éloigneinent où ils sont, cherchent malgré la teneur des traités, à vexer nos chrétiens; on bi(m. ce sont les païens eux-mêmes qui, voyant abandonner le culte de leurs idoles, soulèvent la i>opulation contre nos fidèles, pillent et brûlent leurs maisons et les chassent honteusement du milieu d'eux.

* Aujourd'hui, muis a\()ns plusieurs chrétientés (pii se trouvent dans ce triste état, et deux de nos missionnaires ne sont

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INTENTIONAL SECOND EXPOSUREl

^l^r <>iiill<>iiiiii

;'i 'l'jiï-vuuu: mais \oilA (|iu' moi aussi. Je suis lombo (Mitro les mains (rniic bande de xoUmu's. Deux lois ils m'ont couclio en jonc: J'ai oté i)ilU\ dévalisé jasipTanx os, ot c'est à ]»(Mno si, dans ma déroute, j'ai pu reuanner Taï-vunii pour vous écrire ces (|uel(pu"s liu'nes. Dans (lue'cincs jouis, je reprendrai le cliemin (U' l\ia-vn, mais y arri\ (M'ai-Je?

.V Dieu lésait! Tour nn)i, je reuu'ts nui vie entre ses mains, et tout ce que Je lui demandes c'est (pie lors «pie mon <leriiier jour sera arrivt'. il xcuillc bitui nie t'airt' miséricorde ".

». In autre <le nos 'uissionnairi's. liabitanl 1<> \ord de la pro\in«-c. m'éci'i\ait il \ a deux mois:

». de ne sais ce «pie nous allons dexcnir. Déjà l'année dernière les rebelles ont pillé' par «leux lois h» pays, et le bruit se répand (pie leurs bordes sauva^'cs s'aNancent :\ urandes journées. \'ons ne sauiie/ \(M1s faire une idée de la terreur (pii s'est emparée des liabiinnis de la contrée fi cette triste nouvelle.

On ne \<>it de toutes parts (pie l'emnies. \ ieillards, enfants fuyant du co\v des montauncs ei portant sur leur dos tout ce (pie la fail)lesse leur a ]>erniis d'enlcNcr.

». de \ais biente')! les sui\ re. et je me dirlucrai \ ers la ]»etite cliréiicnte de II o-cliaou-kani;. située au milieu des montaiiiics et renfermant des caxcrncs (pii ne sont connues (pie des (diréliens seulement.

<. ("est là *)ue je (h'poserai mon itetil baiiaii'c. cl (pic j'irai moi-même me réfuuier. s'il (>st nécessaire, attendant le sort (pi'il jtlaiia à la di\ inc Pi'o\ idence de me i('vser\ cr. .Mais ce ()ui me touclie. c'est bien moins ma positi(>n (pie celle de tant de |)auvres ^cns (pii. cliass( s de leurs maisons, cain|»ent sur les montaiiiu's. sans abri, siiiis li/. et (•(nitractant par suite de ces privations, des ulcères (|ui les l'onacnt et les conduisent an tombeau.

<» D(''jà. j'en ai \ n bon nombre succomber s(mis le ])oi(ls de leurs soutî'rances! et je compte bien, lors de ma pro(diaine lettre, vous faire le taldeau jdiis détailU^ des attrenses misères dont je suis le lémoiii et aux(pielles j'ai ma part comme lesautres»^.

<> .Villeui's. ce sont les mandariiis (pii, protitant de l'éloigiienient ofi ils sont, (dierclient malgré bi teneu]" des traités, à vexer nos clirétiens: ou bien, ce sont les païens eux-mêmes qui. voyant abandonner le culte de leurs idoles, soulèvent la \h>l>ulation contre nos fidèles, pillent et brûlent leurs maisons et les chassent li(Uiteus(Mnent du milieu d*(Mix.

<^ Aujourd'liui. nous a\()n> plusieurs chrétientés (pii se trou- \ent dans i-v tiistc état, et i\t'U\ de nos missionnaires lu^ sont

-Jy ;

4'IiHi>itr«' VIII - Mort d*' M. I^o Tiirdii

pas sans danger pour leur vie. Car, quand bien même ceux-ci aient lenr.s ])asseports, signés en bonne et due forme, il faut longtenii)s encore pour que l'esprit des traités puisse pénétrer au sein des po]mlations chinoises et leur faire déposer les injustes préventions.

« Aussi, continuons-nous à rester cachés dans l'ombre, persuadés que pour le moment, c'est encore le meilleur moyen de pourvoir à notre sûreté et d'assurer le progrès de la Foi dans ces contrées.

« Pour moi, résidant le ]>lus souvent à Canton, sous la sauvegarde de nos armes, je n'ai pas eu de semblables misères à dé[)lorer; mais je nie suis vu, ces dernières années, tellement accablé par les voyages, le soin de nos chrétiens et l'administration générale de la Mission, que le jour n'y sufltisant pas, je suis obligé de i»rendre sur la longueur des nuits, et encore ne i)uis-je me mettre au courant de mes atïkires.

« Et il ne faut pas s'en étonner, lorsqu'on ijense que cette Missi(m ne renferme pas moins de 40 millions d'habitant», qu'elle est vaste comme la France, et (|ue nous ne sommes que 15 missionnaires i)our exploiter cet immense territoire.

« Et encore la mort vient-elle de nous enlever un de nos meilleurs ouAriers, un de ces hommes d'élite faits pour donner l'élan à une Mission, en un mot, un véritable apôtre, qui, jeté deux fois dans les prisons pour la Confession de la Foi, y avait contracté la maladie qui l'a conduit au tombeau.

« Ajoutez qu'il était mon ami particulier, mon Pro-préfet, et (pie JMs(iu'ici, la niTMne conformité de vues et de sentiments nous avait unis de la manière la ]>lus intime.

« Touj(mrs au chevet de son lit, i)arce qu'il voulait, disait-il,

mourir entre les bras de son <'vèque, je ne le quittais i>resque

pas, ou si (jnelquefois je m'éloignais un peu pour expédier les

attaires ])lus ])ressantes, je revenais bientôt près du cher malade.

* Enfin, le 15 juillet, l'ayant quitté à 1 heure du matin, pour aller ])ren(lre quelque repos, il me fait appeler un quart d'heure ai>rès, en me disant avec autant de calme que s'il se fût agi de la chose du monde la plus ordinaire: «Venez, je vais mourir!»

« C'était le dernier sentiment de son existence ici-bas, le pressentiment du départ pour le grand voyage de l'éternité.

« .Je lui renouvelle la grâce de l'absolution; nous nous embrassons une dernière fois, il me serre la main en signe de notre ancienne et inaltérable amitié, efdéi)ose sur ses lèvres le signe sacré de notre Rédemi)tion, répétant une dernière fois: «.Jésus, Marie, .Tose])h, venez à mon aide!»

12 Mgr Gvillpniin

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