‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 46 sur 155 · IH · texte numérisé non relu

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« Obligé, le jour même, de parcourir la ville, pour les affaires de mou miuistère, je ue pus surpreudre une parole, un geste qui iudiquât le plus petit mauvais vouloir de la part de la population.

« Aujourd'hui la paix continue, et déjà nous recueillons les fruits précieux de cette longue occupation.

« Le plus beau, sans contredit, est la concession de notre vaste terrain et où bientôt, nous l'espérons, s'élèvera l'auguste monument qui redira sur cette terre étrangère le nom de notre sainte l'eligion et la gloire de la France.

« Aujourd'hui mieux que jamais, nous pouvons juger de l'importance de cette concession et voir coiulnen la Légation (le Sa Majesté l'Empereur était dirigée par des vues <lroites et élevées, lorsqu'elle combattait i)our cette grave et intéressante question.

« Supposons un moment (pie, cédant à une politique timide et sans portée, on nous eût donné un terrain ist>lé; hélas! quels regrets aujourd'hui n'accableraient pas nos cœurs!

« La France, sans commerce ni prépondérance financière dans ce pays, eût été bientôt réduite à l'état d'iuibli où elle était précédemment.

« Mais, Dieu merci, il n'en est i^as ainsi.

« l!^os troupes sont parties; mais elles laissent derrière elles un glorieux souvenir de leur séjour ici.

« La religion chrétienne est implantée au centre même de la seconde ville de l'Empire, et le nom de la France brillera sur ces rivages d'une auréole de gloire que les plus lointains âges n'effaceront jamais.

« Honneur donc à la pensée supérieure qui a si bien compris ces besoins; et i)our nous, voulanr compléter autant que possible une si belle (euvre, ce que nous demtaidons maintenant, c'est que l'église projetée s'élève bientôt avec les œuvres qui doivent l'accompagner; et alors, nous en avons la confiance, nous pourrons travailler avec succès à hi proi)agation de l'Evangile. -

« î^ous pourrons représenter dignement le n<nn de la patrie, et lutter avantageusement avec les étrangers dont les brillantes factoreries parleront moins aux yeux des Chinois (pie les œuvres de la Foi et de la charité cinétienne. »

Ces oeuvres de Foi et de chnrité dont ]>arîe ]\lgr Ouillemin, nul mieux que lui ne savait en promouvoir hi création; nul n'était plus digne de faire l)riller i)nr elles, cette auréole du nom français « que les plus lointiîins Ages n'effaceront jamais.»

Déjà il recueillait au commencement de 18()Li le premier fruit de ses efforts: un jeune architecte de Nancy lui était ar-

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livc; il allitit eiitiii, {)ensair-il, [nnivoiv conmieiioer Jt\s travaux (le tron éiilise.

jNIais ce qu\ lui inanqnail, c'était un a[)pareilleui', ouvrier (lui donne la taille, la dimension des pierres et qui ensuite les fait poser: « 7'» me ferais bien plaisir, (H'rit-il à son frc^^re Josej)!), si tn pouvais t'occnper /Je me trouver un ouvrier de cette e.ni)(''ct'. Il t'a II (Ira if (pie ce f/H au l/oiame infelligeuf, hiev rel/le" et ifaa caractère traitahle.

* J" lai ns.sfircrais aa traiteineai de Inon francs par an, 110)1 compris sa noarrltare, et il pourrait compter rester ici an moins 4 aa^^ ce ipii lai ferait t) sou retiair une honue petite somme.

* // est peu iTourriers dans y/o.s- paj/s (pii juiissertf au bout (lu )}}(■' nw temps, .s7- promettre <le pareilles <'c( momies. Si tu jKUirais l'aroir () uu>ius, il e.sf ('rideut (/lie cela iifae/réerait.

« Les fonde meut s de }a>tre enlise sont creusés., mais les foudations non eiH'orr placées, à cause du refard de fauforisatiou <jue /"ai denanidée au Vice-lioi (Tourrir inie carrière au bord de la mer, et ipii s'est fait attend r? Jusqu'il ce Jour.

« Elle rient enfin d'arrirer. Xous aurons là (Texcellentes pierres, (fune e.vtraction facile, et èi un jiri.r bien moins êleré (]Ur celui des Anglais i) ffouif-Konp.

* A^ous allons donc nous mettre à V<uirraije.

« En attendant.^ mais ne perdons pas. notre temps; nous somjues actuelien/.eitf occupi's <) hdtir le mrupiijinuc orphelinat ; dans trois uaa's, je pense, nous Faurous Jiiti.»

Sur ces entrefaites, un (épouvantable typlion s'abattit le 27 Juillet sur Canton: « 11 a failli, dit-il, nous engloutir, nous, nos ouvres et toutes nos espérances.

« 11 a été si violent, que, en quelques heures, plus de 5000 maisons ont été renversées, plus de 1)00 barques submergées et i)lus de 10.000 cadavres ensevelis sous les décombres ou dans le Heuve des « Perles. »

«C'était le dimanche, à 10 heures du matin; je venais de célébrer la S,''' ]Messe à laquelle avait assisté la foule recueillie de nos chrétiens, lors(iue le vent s'éleva avec une force extraordinaire. Je courus à rori)helinat en construction, pour voir s'il n'y avait pas moyen de consolider les échafaudages et surtout le toit i>rovisoire (pii n'était qu'en nattes.

«JNIais déjà il n'était ])lus tein])s; à ])eine arrivais-je, (pie les bois ébranlés jdiaient et cra(]uaient avec un bruit é]»ouvan-

<'lm|>iaro VIII - 'r,v|>li<Mi

tîible; je n'eus que le temps de me retirer, et eneore tis-je une lourde chute, en voulant éviter des éclats de bois qui venaient tomber à mes pieds.

«En (jnelques instants, le toit, les écliafandn^es étaient enil)ortés, et je craignais que les murs n'<'ussent le même soit (jue le reste; mais un bon mayon païen, auiiuel je saurai toujours ^ré de cette attention, s'aj)in()c]iant de moi, me rassura en disant: «Père évô(iue, n<' craignez i'i<ni, les murs sont solides, ils n'aïu'ont .aucun mal. »

«Tvaiuiuillisé de ce côté, je me transportais aux jtoints les

plus exposés de notre habitation, lorsipie, passant à côté de la

cliapelle, je la vois s'aitaisser sur elle-nu'^me: l'autel, les baucs,

les tableaux, les armoires, tout était enseveli sous les ruines.

«Ue toutes parts, <*'étaient (h's m urailles, des maisons (pli s'écroulaient.

« On enten<lait <lans le lointain, le tleuve mugir comme une mer en fureur, et, au bruit de ses vagues soulevées, venaient se joindre les cris des mallieureux (jui mouraient victimes de ces tristes ravages.

«On ne savait si l'on devait se tenir à l'abri d'un toit au ris- (pie de le voir s'effondrer sur son dos, ou s'il valait mieux rester eu plein air avec le danger d'être eini)orté par la t-jurmente.

«Dans cette extrémité, je fis clouer toutes les fenêtres de notre habitation; j'appehïi les deux missionnaires du lieu, et nous allâmes nous réfugier sous une esi)èce «le Ijangar un ]>eu pins solide (pie tout le reste.

«jNIais bient<'>t, je vois la fenêti-e de ma chambre enroncée ])ar lin coup de vent; j'y vole [)our la refermer; un instant je lutte contre la violence de l'orage; mais, obligé de céder, la fenêtre est démontée, ses parois sont renversés, mes livr(»s, mes papiers, tout est emporté parle tourbillon, et par surcroît de malheur, les tuiles tombant en masse du toit, me ferment tout ])assage pour retourner.

Où me réfugier? Je me jette dans la chambre voisine où un mur plus solide et encore intact m'offrait un abri plus sûr. J'y reste un moment, incertain de ce qui doit m'arriver, jusqu'à ce que le vent s'apaisant un i)eu et les tuiles cessant de tomber, je profite rapideineut de cet instant de calme pour fuir d'un lieu où j'étais si j)eu en sûreté.

«Me voilà donc hors de danger, mais une inquiétude non moins vive me pressait eu ce moment: c'était au sujet de nos petits enfants de la «Mitraille.» Laissés dans un vieux mandarinat, ])rivés ])our le moment de la présence du J*<"'M'e (pii est ordinairement à leur tête: " JNIoii Dieu! mo disais-je, ({lie vontils devenir? qui leur donnera un conseil i)our les sauver î

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«Heiireuseinent les Saints Alliées veillaient sui' eux!. «Le i)i'eniier de leurs niaîries, jugeant au craquement des poutres, que l'établissement ne pouvait tenir longtemps, eut la bonne idée tle faire sortir les enfants et de les conduire en un lieu couvert, au milieu de la cour.

«Il était t-emi)s: (piehiues minutes après, la salle d'étude, le dortoir, le réfectoire, tout venait en bas, couvrant de ruines le mobilier de la n»aison et le petit butin des enfants.

«Maintenant où se lo<>erf Où s'abriter <,*ontre les toi-rents d'eau qui tombaientf On resta au milieu de la cour, où l'on ])ut; puis l'orage s'apaisant un peu, ou alluma de grands feux, ou tit cuire un bon riz; pnis, avant recueilli quelques plancbes ^"à et là, einnme on aurait pn le faire ai)rès un naufiage, on tit la ])rière <lu soir, et t(Uii le monde, harassé «le fatigue s'étendit snr ces couches improvisées, heureux de trouver un peu de somnjcil ai)r('S les ('motions de cett»' etfrayanle et lalorieuse Journée.

« Ainsi se termina, vers le soir, ce terrible «)uragan «pii l)«>rta le deuil et la consternation <lans tant de familles.

« La crédulité populaire ne manqua pas<le s'en em[)arer, pour lui donner une exi)lication en rapport ave<' ses idées sni)erstitieuses.

« On dit qu'un dragon, se reposant un soir, sur le pic avancé de sa caverne, un chasseur imi)rndent eut la hardiesse de décharger sur lui son cou]) de fusil;

« Le plomb tombant sur les écailles de l'animal, fut «l'abord repoussé vers le chasseur, i)iiis, le <lragon i>renant son envolée, se répandit sur toute la i»rovinc(% déchaînant aimXs lui les vents et la tempête.

« Hélas! il y avait (pielque ehose de ])liis certain que ces fanta.smagories de riniagination chinoise: c'était le mal incalculable produit par ce typhon.

« Non seulement les (Uiin<)is, mais encore ]»lusienrs Eurol>éens y <»nt trouvé la MKU't.

« Trois jeunes Anglais se sout noyés à i»eu de distance de notre habitation. L"n ministre protestant également ju-ès de chez nous, a été enseveli sous les luines de sa maison, avec sa femme et son petit garçon de 10 ans, au moment où ils prenaient leur réfection «le midi.

« (Trace à Dieu, nous n'axons eu aucune mort à «léplorer, même parmi nos chrétiens, mais nos jjertes matérielles ont été considérables, et «le loni;tcinj)s eiicoi-e, nous ne ])ourrons les réi>arer!

« Quand la main de Dieu xient nous vit;itcr, nous n'avons ])lus qu'à nous soumettre au «b'cret «le sfj volonté sur nous.

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s. François Xîivit'f.

Les initiat»'iirs «le l'ôpopot- ••lirL-ticnin' en Asie, aux XW». et XVlt> siôdcs.

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

Vl^r <>Mill«'iiii II

vv HtMircMisiMiKMil les Saints Aiii^cn \ fill.iitMit siif eux!, vv Le pn'inici- (le Umus niaiirt's, jiiu(':inl ;iii <'i';i(|iu'iiu'iil des {)oUtrtvs, (jnt' l\<i;il)lis.siMiuMit ne poinnil IcMiir loiiutciiips, ciii la btMUU" ith't' (le taire' sort ir les futanls «M de les ('oixliiirc eu un lit'u l'omtMt. au milieu de la l'our.

vv II ('tait t-t'iups: (|u<'l»iiu's Miiuulcs a|>ivs, la salh' ({'«'tudc. \v dt)rti>ir, le rt'tcctoii»', tout \tMtait <mi l)as, conNiaiil (\v laiilU's It* niobilitT de la maison i-t le ix-lit l>ntin des «Mil'anis.

^vMaintenaut où se iom'r,' Où s'abriter eoiilfe les lori'ents d'eau (lui tombaient»' On resta au milieu de la cour, où Ton l»ut: puis l'iM-aut' s'apaisanl un peu. on allunui de urauds lenx. ou tit euife un i)on rj/; puis, a\ant recueilli (|uel(pu's plaiielies eà et là. connue on aui'aii pu le taiie après nu nautVam', ou tit la pfière du soir, et tout le monde, liarasst- de l'ati^ue s't'tendit snr ces c()uches ini]uo\ is,M's. heureux de irouNcrun pende sommeil après les ,'nioiions de cette eiVraxante «M laloi'ieiise journée.

vv .Viusi se termina, xcrs le soir, vr terrible ouragan (pli })(>rta le deuil c\ la consternation dans tant (!«■ lamilb-s.

vs La crédulité i)Oi)ulaire ne mauipia i)asdes'en empai'«'r, pour lui donner nue explication en rapport a\»'c ses idi^vs supersiirieuse.s.

s^ On dit (pi'tiu dragon, se reposant un soir, sur le pie a\auet> de sa ca\eriu'. nn chasseur imprudent eut la hardi<'sse de déehai\ut'r sur lui son c(Mip de lusil.

^- Le plomb !«»mbaut sur les ('cailles de l'aninud, lut d'al)onl repoussé \t'rs le chasseur, puis, le dramm picnant son envolée, se r(''pandit sur toute la pro\ince. d(M'Iiaînaul après lui les \euts ci la lem]tète.

<v Hélas! il \ a\ail (piehpte chose de ])lns certain (pie ces lautasmau'ories de Timaiii nat ion chinoise: c'était le nud incalculable produit par ce t> pbon.

<^ N(Ui seulenu'ur les Chinois, nuus encore plusieurs lùiro- ]téens y ont trou\é la nnu'l.

h 'l'rois jeunes Auiihds se sont noyés à peu de distance de iu)rre haltitation. Tu ministre protestant (''^alemeid près de chez n(.)Us. a «Mé enscNcli sons les ruines de sa nunson. avec sa femme et son petit uaiçon de 10 ans, au moment où ils prenaient leur rctécticm de midi.

<v (îràce à Uien. nous n'axons eu aucnue mort à déplorer, nu^Mue i)armi nos chrétiens. mai> nos pertes matérielles (»nl ér<'' cousid.'''rab]es. ei de lon;!eiiij>s enc(ii(\ nous ne ]»ourrons les réparer!

<> <^)uand la main de Da'ii \ ient nous \'i>iter, iu)us n'avons ]>lus (pi'à nous soum'^rtre an di'crei de sa x'olonté sur iiiuis,

( i:î;m I if.Oi

.\l|)li..n.sc ir.\lliii.|in-f(ii ( 1 i;.:! i:,i;.)

\';is('<> '11' (iaina.

lii's mit iiit<Mii-n lie l'4''iM>iii''t' l'iiii'l ifiuii- l'ii A~ii<

X\'.- .'t XVI,- .■,;."•<•!. .

Vue de Macao. La '•! riia Grande".

Mek'hior rarneir<. S. J. ('vèijue d(''lé<;u('- de Chine et du Japon en rébidenoe à Macao (l.jli!-15S;{)

.M-'tthirn Kir.i ,s. J. ( 1Ô5L'-I<;i(i:

C'iiitpitre VIII - Construction «le» l'ondatioiiw «le l'église

It»»

eu le remerciant de nous avoir épargné, et en lui demandant de vouloir bien à l'avenir, nous tenir à l'abri de ses ailes.»

La persécution des éléments n'était qu'un prélude âiiJC déboires que lui cause déjà la constriiction de son église:»

« Jamais, écrit-il, oii ne se féru, vue idée deff peines et des obstacles que nous avons eu à surmonter, pour arriver an

point où nous en sommes. - ■"-'■■■ '"'^''V.-'- " ' '" " ^ '

« Je n'en citerai que quelques-uns. r . .c-î,'". '-! ^^ >

« r^/? bon religieux^ habile architecte, ^éîaif^^Ji^-'ert''^^

veni'f construire, notre édifice. ' ' . ,; ? v • ; . îtc. v \, .■

« Muni de toutes les autorisations données jmi'- ia'Cop ff'i'égation., il s'était embarqué à Outafs' sur lu Jindel,\60j mais, depuis, nous n en avons plus entendu parler^ et foutes' nos reclierclies n'ont abouti' qu'à nous convainere de plus en plus quril a du yérir dans un naufrage.

« Plus tard, le général de Montauban nous arait envoyé un capitaine du génie, pour diriger le grand ouvrage; mais, après ravoir considéré de près, celui-ci tro>rva qu'il était tj-oj> en dehors de ses premiers travaux, et nous ofrit, à la 'plavt\ de construire l- orphelinat; faccejjtai su proppsitioii avec reconnaissance, main la construction de l'église n-€i7^ était pas moins mise de\ côté.

« // fallut donc chercher 2in troisième architecte; et, à pMne celui-ci était-il arrivé, que de nouvelles difticnltés surgi re7it les unes après les autres, et en pa.rticuliey celle qni a rapport à V extraction des pierres. , '

« Jje Vice- Roi de Canton., à la demà,nde de M. de Trenquah/e notre consul, nous avait donné Vautorisation d'ouvrir une carrière sur les bords de la mer. Prises en ce lieu, elles nous faisaient, po>tr timte la construction de Véglise, une économie d'au înoins 40 mille francs.

«Déjà trois bateaux nous arrivaient chargés du précieux granit, et tout nous faisait espérer que Vou\yrage marcherait rapjidement, lorsque les gen^i d'un village voisin, poussés par Je ne sais quelles idées S7iperstitieuses, se Jetèrent sur nos ouvriers, en blessèrent six autres, dissipèrent le reste au nombre de ISO, s'emparèrent de leur ppfii avoir ci mirent le feu à leurs barques.

« Je m'empressai de porter me.^ plaintes an Vice-Roi qui

13 Mgr Guillemm

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

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(Ml 1(^ leiiuM'ciant de nous jixoir épar^n*', cl en lui (U'iiiaiidant «le vouloir hioii à l'avenir, nous tenir à l'abri «le ses ailes. v

; v^ri : ■

La pcrsé(',uti«)n des éléments n'était <|n'nn prélude aux déboires (|ue lui eause déjà la eonstnu't ion de son é;;lise:»

« J(iiU((i,s^ ('",riit-il, OH lie se lcr(< iiiir Idi'c (h's peines cl ilr.s obstacles que nous (iiwns en à .snnmniter, pour arrirer <tn

point où ii(in'< en .soiNii/es. ■ ■ • ■ • .

« Je n'en eiferni (pie (pie.hpies-nn.s.

« l^n bon rciiijienx ^ Imhile o rch il('el(\ s\'f«ti/ "^nf/'cj-i ponr rc'iiir eojisfrn.ire notre ('difice.

«. Mnn.i (le tontes tes anlon.sol ion.s 'données par la iUmifréipition, il s\'lnil en/ha rqné à ('a lois sm la fin de IsliO; inais\ depnis, nous n'en (irons pins enlendn parler; et huiles nos rechcrclics n'ont ohonti (pr'it nons eon m i nere de pin.-, en pins (jn'il a d/l périr dons nn nonfroije.

« pins lard, le (p' né rai de Montanixen nons ara il enra//é nn capitaine dn (jénie^ ponr diriijer le (jrand onrra(p'- in<tis^ après raroir considéré de près, celni-ci tro'ira {pi' il était trop en dehors de ses premiers 1 raranj\ et nons (,[frit^ à la place, de constrnire lOr^d/ctindt; j'accejjta/ s(( /proposition arec re- C()ii/fais,s'ai/ce, niais la constrnci ion de léi/lise n'en était pus moins mise de côté.

« // fallut donc chercher nn troisième architecte; ef, à jn>'ine celui-ci éfait-it arriré, ipie de nonrelles dif/icaltés sim/ireiif les nues après les antres, cl en parficnlier celle <pii a rapjiort à FcxtraeU'on des pi<'rres.

« IjC Vici'-Iioi de Cruilon, à la deinaiide de M. de Troi- (jnalf/e notre consul, nous arait donné rantorisafion (rouvrir une carrière sur les Ixrrds de la mer. Prises en ce lien, elfes nous faisaienf, jjour tiaife la consî mclion de réglise, une écoiwmie d'au, moins 40 mille /runes.

« Déjri trois bateaux nous a rriraicnt charijes dn précieux yrairlf. et tout laïus faisait espérer (pie l' ou r raye marcherait rapidement, lorsque les (feus d' un rilUufe roisin, poussés par je ne sais quelles idées supersfitii'nses, se Jetèrent sur nos ourriers, en blessèrent six autres, dissij)èrent le reste an noinbie de phj^ s'emparèrent de tcnr petit ami, ri niireut 1^ fen à leurs barepues.

« Je m'empressai de porter mes plaintes an Vice-Ikoi ipii

13 il/<//' OuiUeinin

Hfiv <àiiill«'iiiiii

»<)f(S d(>ii)ia (Ij'oit, et nous protnit de iionn taire reuilre prompte Jn^tice: nutis^ -lepuis cinq mois (pie la c/iosc a été déférée il ■'^'o/i f '•if)iiird, rien- n'a eue m' été an',n)i/é: rt, eu ntteinhiiit, il iin/is iij'ai.n. en prenii'r lien, f'ain' eidener les nmrfs, soi(/n('i' It's />/('.s's<'n. nourrir et en' retenir les antres jnsipi'à ee Jour.

o. Il (( /(illn, en sre()nd lien, si- ponrrtn'r di' pierres (n'Ilenrs, ajin de ne /)as arrêter trop IntiipenipK les trnran.e et ne pds s\\vp()>i('r ((Il ilanifer de rolr ni-rirer It-s phiies, dr-inf ijnc /e-^- fondations j'n.s'se/i' eompr-temeiit sortirs de terre, ee ipti nous a (/raudenient contrariés i-f a anipnentt' de beeineonp le eli(^re de nos déj.)enses.^

« Les toudatioiis do son ciilise ('(>ùt('nt ;in prôhit ('iioniiéluent lie soucis et (rarui'iit.

« ()l)liiié (l'y établir l'iMUMn-liomcMit sur pilotis, ;i une .i>nni- (le profondeur, il emploie t uis Uvs uioyens pour assurer «laus ee terrain d'alluvion, la .st)liditt^ «les assises.

11 [M'éside lui-iiuMue à ehacpu' optM'atiou, surveille les niélauii'es de ni:it(M'iau\, reprend les erreurs, ;u'tive tout son monde: * I^lns de li>'i <>nrriers. dit-il, // traraillent dn matin an soir. Les ans transporti'nt les pierres,, les antres les taillent: eeux-ei préparent la clianx. le nmrtier et le béton, e.t an milien de tont ee monrement, rons ponrrii': roir den.r points ni)irs s' njiter ponr )nettre de l'aetirité et dr rordre parfont: e%'-tt Féréipc d>' Canton, devenn liahiie nniean et ii.n de nos j'ennes ennt'rèr<'s, M. (tenncroisi', leiprel, après aroir échappé an nan/r(f</e. est arriré t<uit récemmenf /)onr nir prêter l'appni de son eo))ciui rs et de son ajf'eetnen.r <léronentent .

v< fl Jdndra dn temps pour arrirrr an dernier point de cette i niportiuite entreprise. J'aronerai même qn'elle dépasse de beancoup mc'^' forces: mais, qnand on fait qnelque chose pour Dieu, il ne faut pn^ calculer arec sa propre faiblesse, parce qn'on est d'n.c à fai r' runrrai/e: et c'est cette pensée qni me fait espérer qn'nn jour, snr la terre de (^ai/ton. nans rerrons s'élcrer n)ie bell<' éi/lise, pmelamant le nom de Dien et les gloires dn cathol icisme.

* f)h.' qu'il sera beau, ipfil sera (jlorien.r et utile à la wlii/ion, que snr cette terre depuis si longtemps enrahie par les folles superstitions du payanisme. le rrai Dien ait enfin son temple et sa demen-e!

« Aussi, est-ce là notre ienrre de prédilection, celle que je recommande le plus à Dieu, en lui disa)d arec le prophète: •«Beni^iiie tac Domine, in hona \ dlunt.-ire tii.-i Sion. ut a'dirtcentur niuri denisaleni. »

4 Iiii|»iir4> VIIB - l.4> *-'l'ir"

t\' l'olc (11' hAti.st^tMM- «in'il assimir (l«\s maintcimnt, vji absorber rôNO'qiu* h tel i»()iiit, (iiie tous s«>s actes, tontes ses déiiiiU'cIios, t<>nt('s ses |><'iis('u's M'auront (l'autre «lii'cctioii, «l'autre mobile «luc.sou t'élise.

* VA (]uau(l, i>our une raison ou' poni' une autre, les ti'avaux eu seront suspendus, il dirigera son activité \'ers des <'ous(riU'tions iu)U\t'IIes, alin, disait-il. « de ne pas ixM'drc le t<'Uips ».

("est ainsi cpTau cours de cette niènic anut^'c 1 sr>'', il j)rojette l'établissciuent des S(eurs, sur un terrain appel('> le «Tir», rt'ceiunieut conctMh': « A pende dislance du palais de V('', l'vrit-il, se trou\ait un euii)lac(Muent \aste (piiser\ait au trelbis de champ de tir et de manège au \'ice-i^oi, et (pii était comme nue déin'udance de son palais.

lleau terrain plac('' en face d'une des piiucipales poi'tes <le la \ ille, il »''tait à craindre (pie le h'oun ('ruement clnnois ne s'en servît, soit pour v 'tablii- \\\w caserne, soit pour en l'aire une place d'arnies ou un mandarinat destin(''à lo^cr (piehpu' haut fonctionnaire de l'I^^mpire; ce (|ui eût (''té un triste Noisina^ic pour noire (\ulise et surtout pour nos (du'et icunes (ddi^ees de [ïasser devant les coliorti^s arnu'cs pour se rendre à la maison de Dieu.

D'une autre part. Jamais emplaccuu'ut ne fut plus convenable pour une cominunauti^ de S(eurs; et Dieu sait combien un établissement de ce iicnre serait utile dans celte ville.

« Combien de piiivres tilles (dn'étiennes ou païennivs aux- (pu'lles il faudrait donner une éducation religieuse, et qui en sont complètement privées! CoMibien de Jeunes et ferventes elirétiennes (|ui ne deniandx'ut (ju'à se c(Misacrer à Di(Mi, et (jvie nous enverrions ensuite dans les ditlércnts points de la l)rovii)ce i)our y exercer les (euvres de charité (jui se feraient dans la maison-uière à Canton!

« Or, pour tout eebï, il fallait un local convenable, (d tontes ce.^: raisons rc'unies étaient plus (pic sutlisantes pour nous faire désirer le « Tir ».

« j\Iais, comment en faire h\ demande au ^onvernemeiil chinois, lors(]|iie (l(''Jà nous avions re(;u l'emplacenient de iKutre é.u'Iisc? Tu seul moyen d'accommodement nou^ restait.

« ("était de diMuander le « Tir » en échange des ancit;nnes (diaixdles (pie muis i)ossédions dans la ])rovinct^ et (pie muis avions droit de réclamer (raj)rès les derniers traités, de même (][iie le terrain de Vé nous avait été concédé c(uume compensation des ditférentes éiilises (pii se trouvaient autrefois dans la ville de Canton.

Mgi* Ciiuilleiiiiii

« J'eu tis la proposition à M. de Bourbonloii, lequel, plein (le dévouement pour nos Missions, et voyant un véritable avanta»e à l'exécution de ce projet, l'approuva en principe, et me dit qu'il ne s'agissait plus que de trouver l'occasion favorable de l'exécnter.

« Quekiue teuips après, M. de Kleczkowsky, premier secrétaire d'auil>assa<le, venant à Canton, <'ut ordre de jNI. le Ministre de s'occuper de cette affaire.

<^ Il la termina lieureusenient a\'ec le \'ice-l\oi; et le 4 mars 18():?, il m'en ap[)<)rta la consolante nouvelle, en ajoutant (pril avait réservé en notre faveur les ciiui principales chai)elles (jui se trouvaient dans l'intérieur d<' la province.

« .le ne saurais dire (inelle fut ma Joit^ à une annonce aussi précieuse.

« Je m'emi>ressai d'en témoi<>î)er ma reconnaissancîe à notre digne secrétaire et à notre ministre plénipotentiaire, les- (piels, je dois le dire en toute Justice, se sont toujours nu)ntrés on ne peut plus dévoués aux intérêts religieux et ])olitiques qu'ils eurent à défjindre dans ces contrées.

« Quelqnes jours après, le 25 mars, je prenais }H)ssession de ce nouveau terrain, en célébrant la 8'" Messe dans une sorte de masure écliai>p<''e aux désastres de la guerre, et j'offrais à la Reine des Vierges cet emplacement (jui désormais sera plus s])écialment consacre à son service, et (pii contribuera puissamment à sa gloire et à celle de son divin Fils.

« Toutefois, ce n'est [las assez d'avoir re<;u ce vaste terrain.

« Je ne m'en croirai réellement le maître, (pie lorsque j'en aurai pris i)OSsessiou par (|uelque construction importante.

« l)(\ià une année s'est écoulée; et il n'y a encore rien d'établi, rien de commencé: ce qui est pour moi la cause d'une réelle inquiétude; car. si nous sommes heureux d'avoir cet emplacement, les Chinois ne doivent pas moins regretter de le voir entre des mains étrangères; et ils auraient toute en- A'ie de le réclamer, en voyant qu'on n'a pas encore su l'employer.

« Aussi, pour arrêter toute prétention et ap])oser sur cette nouv«^lle propriété, un cachet visible aux yeux de tous, je viens d'y faire trans])orter une provision de i)ierres et de bois. i»our y commencer la construction d'une nouvelle maison.

« Déjà le plan en est fait. Dans peu de temps, nous en jetterons les premiers fondements; et alors nous n'auroiis plus à attendre que les Sceurs pour eu ])rendre possession. »

i'iiapitro VIII - Le %'i«'<'-lSoî l^aou; Uilaii |>oiir lj*6g

Pendant que l'évêque est tout entier livré à l'espérance, une nouvelle déception vient l'aliiiger: le V'ice-Koi Laou est destitué de ses hautes fonctions de jnouxeineur, et rappelé ;», Pékin: « Ce départ écrit-il, est une vraie perte pour nous. ViW cet habile fonctionnaire, une fois <|u'il était entré dans hi voie des négociations, y marchait avec autant de bonne foi (jue d'intelligence. -

« C'est à lui en particulier, (pie nous devons la concession du palais de Vé, ainsi (pie celle du Tir, la restitution (lu cimetière des chrétiens, celle du magiiiti(]ue tombeau du Père Provana. 11 était d'une bienveillance (]ui nous permettait de recourir à lui pour tout ce (pii regarde le bien de la Mission.

« Quand les mandarins subalternes et le peuple ap}>rivent son dé[>art, ce fut comme le signal d'une réaction contre nous.

« «lugeant le moment favorable i>our reprendre une intluence dont ils nous avaient vu jouir d'un (cil jaloux, tous se liguèrent pour nous susciter (Uss dillicultés.

« On lan(;a dans le public des attiches mal\ cillantes, trois (le nos familles chrétiennes furent maltraitées dans di\ers points de la i)roviuce; on les (léi)ouilla de leurs biens; on les chassa de leurs maisons, et aujourd' hui encore, elles restent sous le poids (le ces injustes vexations, sans (pie ikuis ayons pu obtenir justice pour elles. -

« Mais, au milieu de ce revirement général, notre chargé d'atlaires à Pékin, M. de Kleczkowsky ne s'endormait i>as.

<^ L'ceil au guet, et comprenant tout ce <pie nous devions à M. Laou pour les. services immenses (pi'il nous avait rendus, il alla trouver le î)rince Kong, régent de l'Em])ire et obtint de lui (pie, non seulement Laou conserverait la {)rérogative de son globule de P' degré, mai» encore (pi'il serait envoyé au Ivouy-tchéou, en (puilité de plénii)oteutiaire de l'Empereur, atin d'arranger l<\s affaires de cette Mission.

« Cette mesur;' i)roduisiî ie meilleur eflet sui- la p(»pulati()n ùe C'antoii ' ;

« Les ])etits mandarins et le peuple, voyant l'inHiience (pie notre Légation conservait à l*ékin, n'eurent gaide de rien tenter de 1)1 us.

« Enlin, M. de Kleczkowsky, voulant tirer de cette circonstance le meilleur parti possible pour le bien de la Mission, eut la délicatesse de demander (jue j'accompagnasse notre consul dans sa visite au Vice-iJoi Laou pour lui annoncer' sa réintégration dans tous ses droits.

« Je fus donc i)résenté encore nue fois, à Son Excellence, en habit épiscopal, et en présence de toute la ville de Canton

.Micr (àiiilleiiiiii

(lui i)iit V(Hi' ainsi ; riioiHK'ur i-eiidu par notre (Join eiiiemcnt, à l'iiii (le sets évO'(iues missionnaires.

« Je remerciai Son Excellenee de tout ee (ju'Elle avait fait l)our nous; Je lui ex[)rimai le regret bien sin('(^M'e de La voir partir, et lui remis, à sa demande, une lettre i)i)ur M^r Faurie, vicaire apostolicpie du Kouy-t(di('M)u, avec le(|uel Elle de\ait incessamment se mettre en rap})ort au sujet du meurtre de .M. Xéel.

« fie lui recommandai une dernière t'ois les intér('Ms de nos Glissions, et Je me retirai.

« C^ette \isite, laite d'une mani(n'e solennelle, en compai>nie de notre consul, au nu)ment oft notre intluence à INkin se reltnait d'un pr(^tendu ('ndiec (lu'elle avait i(M'u. n'a pas éti^ sans (^tre bien renuu(iuée de la jtopnlation.

« Dieu N'euille la ln-nir, ei m'en taire retirer p«Mir la propaji'ation de l'Evangile, tout l'avantaiie (pie Je puis désirer.»

Et pour ne pas tinir ce rapport sur une note de dii)loniatie, le |)rt^Iat dresse comme suit, le bilan de ses <envres d'a]»ostolat en 1(S<)2: <t >sous voici à la tin de rann(H'. Vv matin, dans ma nn-ditation, Je repassais devant Dieu toules les circonstances i\n\ en ont rempli le cours; bien des ni^uliiicnces sans doute, se sont ^lissi^es dans rexercice de mes de\()irs; bien des fautes nfont (''chapix'^; bien des fois ia lauiiueur est \enue encliainer mon coura<i(' et ralentir nu's efiorts.

« rie m'en suis liumili('' piotondément ; mais, disons-h' aussi à la <iloire de Dieu, il n'a pas laissé i)érir son <eu\!-e; il l'a fait marcher, malgré la faiblesse des instruiiients doiit il s'est servi pour la dirii^er: et je suis heureux de pouvoir vous en entretenir aujourd' hui.

« Ce cou[) d'ceil i'ai>ide sur nos iraxaux, sera le meilleur moyen de clore cette année nw nous échappe, eî (l'en i-eeommeucer une nouvelle.

« Parlons d'abord du baptême de nos j?auvre> i>aïens qui est bien la plus belle et la plus consolante de nos (cuvres.

« L'année (jui a suivi mon retour de France en KSol), ncuis n'avions eu (pie 245 baptêmes d'adultes.

« En 1<S()0, leur nombre s'était élevé h ."177; et en ISfJl il est allé Jus(][u'à r)4'J.

* L"u certain sentiment de crainte me faisait redouter une diminution pour cette année 1H()2: nous avons eu cependant 740 baptêmes d'adultes.

« Je vous laisse à penser (pu'lle est la Joie du missionnaire,

4'lt»pitie Vlll-I(il>iii

lois«iiie au bout d'une année de labeui'H, Itiisant ses e<)n)i)tes avec Dieu et avec lui-uiême, il voit les pro^a-ès qu'il a obtenus et les bénédictions divines sur son niinistère...

« Oe qui au<>iuente encore uotre Joie, c'est de voir la tendre i»iété de nos i)éo[)hytes.

« (\)Uin»e ils sont heureux d'avoir secoué le Jou^des idoles l»o[U' embrasser la loi du vrai Dieu!...

« Oe serait un tableau bien curieux et bien intéressant, «jue de montrer par (luels moyens ils sont arrivés Ji la connaissance de la vérité; c<unment ils ont réjjondu à l'a|)i)el de la ^race, et (juelh's espérances nous fondons sur eux i)our amener leurs parents et leurs amis à la même félicité.

« Il y aurait là toute une ('tude des voi(;s <le Dieu et le sujet de milita récits intéressants; mais ce travail nous nu'Mierait trop loin, rie le réserve pour ceux qui nous aident plus si)écialement à répandre la Foi <lans ces pays inlidèles, en nous fournissant les moyens d'entretenir des Catéchistes supplémentaires. . .

« Après avoir ga^né de nouveaux enfants à la Foi, il faut bien leur trouver un sanctuaire ovi ils juiissent venir offrir leur cœur à Dieu et i>articiper aux bénédictions (pie Dieu se plaît à répandre dans sa sainte maison.

« Aussi, avons-nons eu le bonheur, dans le cx>urs de l'année, d'élever ou de réparer i)lusieurs chapelles, modestes à la vérité, mais siifiisantes cei)endant pour les faibles commencements où nous sommes: nous y dépos(U)s les objets qui nous viennent de France: tableaux de la S."' N'ier^e, (diandeliers, ornements d'autel, la plui)art dons i)récieux de ces nobles dames (pli se gr(mi)ent pour travailler dans l'intérêt des Missions.

« Oh! (pielle joie pour nos chrétiens, (jnelie satisfaction pour leur c(eur, de voir représenter à leurs yeux les mystères au- <>ustes de notre sainte religion !

« Trop i)eu spirituels pour s'éle\er par l'esprit seul à la contemplation de ces vérités, ils en saisissent le sens dans les cérémonies qui frai>i)ent hurs yeux.

« Un autre avantage immense (pie nous trouvons dans l'érection de ces chai)elles, c'est d'attacher la religion an sol même du pays

'< Nos néophytes aiment a poser leurs tentes autour de la maison de Dieu; alors, que le vent de la persécution vienne à soutHer, il pourra bien dissiper (juchpies tîdèles ])lus faibles, mais la masse des chrétiens restera int'^branlable ; et quand la tourmente aura ])assé, ou verra ces chrétientés refleurir et s'étendre plus (jue jamais.

«Aussi, mon plus grand désir senit-il, (piand ,nous avons

•MHi

^■ki' 4iiiiîll<>*"iii

converti (|uel(iues païens, de jK>uv()iv ininiédiateinent leur offrir un sanctuaire pour abriter et développer leur foi naissante; mais ici, comnie pour tout le reste, il faut bien aller selon nos ressources et attendre que la Providence de Dieu nous euvoie les uutyens de l'aire !(■: plus grand bien dans ces régions.

« Quant au non»l)re des enfants moribonds baptisés il a été de 3000.

Quarante baptiseurs dans toute la province s\)Ccu{)ent spécialement et uniquement de cette (euvre, sans i)arler des chrétiens (}ui, chacpie fois <pu' l'occasion s'en présente, ne manquent pas de verser sur ces i)etits abandonnés, l'eau sainte du salut.

« D'autres fois, ee sont les païens eux-mêmes qui nous les ajtportent ...

« Hier, Je reconduisais un mandarin tartare Iors«pie arrivé à la i)orte de la Cour, l'on me j>résente un de ces maliieureux enfants (pi'on venait de trouver exposé à peu de distance de notre demeure.

« A la vue de ses i)laies livides et de sa nuiigietir extrême, le mandarin etîrayé dét»)urne la tête, en me denuindant ce (jue nons faisions de ces pauvres petits recueillis chez nous.

« Je lui réponds (|u'on nous les ai)i)ortait pour voir s'il y aurait moyen de leur procurer quelque soulagemeut.

« C'était toute la réjionse que je pouvais lui faire en ce moment: mais aux yeux de la Foi, quel antre sentiment j>lus élevé nous dirige dans cette (cuvre de charité! .. .

« On lit dans la vie de S."'' Thérèse un trait charmant et <iui s'est présenté bien des fois à mon esiuit, <piand il s'est agi du baptême de ces pauvres petits abandonnés.

« Un jour, cette sainte, tenant entre ses mains un enfant de sa sœur, à peine Agé de trois semaines, lui disait dans son langage plein de Foi: «]Mon tils, si tu devais jamais t'éloigner du service de Dieu, je Lui demande (pi'Il te prenne ainsi petit ange, avant qiu» tu puisses l'otténser».

« Quelques jours après, l'enfant était atteint d'une maladie mortelle.

« La séraphique vierge voyant qu'il allait s'envoler vers la céleste patrie, le prend de nouveau entre ses bras et le regarde tixement.

« Eu ce moment, le visage tle la sainte s'ilhuniue d'une clarté toute céleste et devient beau comme celui d'un ange. L'enfant avait cessé de vivre.

« S.*^ ïhrérèse veut l'emporter, i)our épargner à sa mère la vue d'un spectacle aussi affligeant; mais celle-ci, se doutaut de ce qui est arrivé, réclame son enfant j)our le voir une dernière fois.

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