‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 47 sur 155 · Chapitre VIII - I/friivre «le la Kaiiito Knlaiice · texte numérisé non relu

Chapitre VIII - I/friivre «le la Kaiiito Knlaiice

« S/'' Thérèse le (léi)()se entre ses bras en lui (lisant d'un visajie riant: «Oli! (in'il y a de quoi bénir Dieu, quand on voit quelle multitude d'anges viennent recueillir l'Ame de ces petits entants (jui leur ressemblent!...»

« C'était cette scène céleste qui venait de trai)per les re^j>ards de Thérèse et qu'elle rapportait à sa sceur pour la consoler.

« Il ne nous est pas donné, comme à la V^ierge !Sérai)hi(iue, de contempler ce (|ui se passe dans les régions du Ciel; mais nous savons que lorsiiu'un petit entant (piitte la vie avec la grâce du baptême, son âme s'envole au séjour des bienheureux, et que là, il ne cessera d'aimer et de louer Dieu pendant toute l'éternité.

« En faut-il davantage, pour nous l'aire bénir mille fois l'œuvre de la S.*'' F]nfance, et nous engager à lui i)rêter tout notre concours.

«Mais, plus cette (euvre est belle, plus aussi il semble (pie l'enfer redouble d'ertbrts [)our en arrêter les i)rogTès.

« Dans le cours de l'année, <les aftiches ont été aj)[)osées dans les i)rincii»ales villes de la province pour |>révenir et exciter les païens contre nous.

« 8aus désigner les chrétiens d'une manièi-e iK)siti\e, on les rei)résentait comme les partisans d'une secte abominable, dont un des i>rincipaux points était de mettre à mort les femmes et les enfants, atin de se servir de leurs restes inanimés pour en composer des reuïèdes d'une nature diaboli<pie.

« VA ce qu'il y a de plus triste encore, c'est que récemment, des magiciens du [)ays ont été suri»ris manipulant les restes de teunnes et d'tMifants (pi'ils avaient mis à mort, pour coni- [»osc?r leurs remèdes sataniipies . . .

«Et l'on conclut (pie nos bajitiseurs font de même!...

« Mais nous n'en continuerons pas moins et avec j>lus d'ardeur, à envoyer au Ciel (piantité d'enfants qui plaideront notre cause auprès de Dieu.

« Du reste, le baptême des nH)ribonds n'est (pi'une i>artie des (euvres dont s'occn])e la S." EntVmce.

« Tarmi les enfants (pi'on baptise, il en est un certain nombre qui échapijent à la mort; et, c'est pour nous un devoir de les élever jusqu'à ce (pi'ils puissent se suttire à eux-mêimes.

« Comme toutes les (euvres de début, notre orphelinat a eu ses ujouients d'épreuves et de dangers.

. « Formé au temps de la guerre de Canton par notre vénéré confrère M. Le Turdu, il occupait d'abord la moitié d'un couvent de bonzesses, oit la plupart des choses, connue les cours, les puits et les Jardins étaient en commun.

« Chassés de là par le canon anglais qui voulait occuper

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militairement ce point, les entants tiirent transportés à la «JVlitraille», vieux mandarinat qui était alors inoccupé, et où ils restèrent pendant trois ans, jusqu'à ce que le fameux tyi)Lon de juillet vînt les chasser de ce nouvel abri.

« Reçus d'abord à la Trésorerie par le Consul de Trenciualye, il fallut bientôt évacuer ce lieu pour faire place à un détachement de soldats français.

« Entin, après bien des recherches, tout ce que l'on put trou- \er, fut une maison assez étroite, sans cour, sans eau, sans air, et ne présentant aucune des conditions nécessaires pour un établissement composé de 80 enfants.

« ïel est le lieu où ils sont aujourd'hui.

« ^[ais, Dieu merci, cet état provisoire ne durera pas longtemps ; (hms un ou deux mois, nous pourrons les conduire dans le nouvel orphelinat...

« C'est encore la vérité d'ajouter que l'teuvre de la S"" Enfance non seulement fait un bien immense en soi, mais encore devient l'auxiliaire de la propagation de la Foi, puisque, })armi les 25 élèves de notre grand séminaire, 15 d'entre eux sont encore les nourrissons de l'œuvre. .. Tel est le résumé de nt)s épreuves et de nos succès.

« Tt>ut n'est i)as fait, il s'en faut bien; longtemps encore nous aurons à lutter contre bien d'oppositions, contre une foule de circonstances fâcheuses qui traversent nos projets; mais entin l'<euvre de Dieu avance, et chaque jour l'Evangile jette de 1)1 lis profondes racines au milieu de ce i)euple.

« Ah! venez tous à notre aide, ô vous qui vous intéressez tant au bien de cette portion de l'Eglise de .lésus-Christ!

« Abandonnés à nous-mêmes, nous ne pouvons qu'être écrasés sou.> le i>oids des ditticultés qui nous assiègent; nos efforts resteraient infructueux; et, après avoir longtemps travaillé, nous devrions dire comme ces infortunés ouvriers de l'Evangile: "Per totani noctem laborantes, niliil cœpimus!"

« Mais si vous daignez nous secourir, nos progrès ne feront ([u'aller en croissant, et nous ser<yns heureux, un jour, d'en partager avec vous la consolante réconjpense.

« Car, en réalité, j'aime à le dire, nous ne sommes (pie vos mandjitaires, ehers bienfaiteurs; nous faisons le bien que vous nous mettez à même d'opérer, et une des plus douces consolati<Mis de notre vie apostolique, est de vous eu exprimer notre vive et bien sincère iiratitude.»

i'hapiti'o l\ - Fête à ViiHlaraiiH

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