‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 49 sur 155 · Chapitre IX -Le curé Bi'urej»:; béii^diftioii «Icw rondatioiiN · texte numérisé non relu

Chapitre IX -Le curé Bi'urej»:; béii^diftioii «Icw rondatioiiN

lorsque pour payer les 40 anuéevS que M. JBeurey, UQtre mucieu curé, avait passées au milieu d'eux, ils lui ont fait uu c'iiiirivari.

« Cet acte auquel il était loin de s'jitteudre, a enipoisouué les dernières auuées de sa vie, et il a luoutré couibieu il y fut sensible, lorsque dans sou testaujeut, il denuiuda à être enterré à l'entrée du cimetière, afin d'être là foulé aux i)ieds des i)ass;ints.

« Il est fâcheux qu'on ne l'ait p;is comjtris et (pi'on se soit montré si fidèle à exécuter ses dernières volontés; mais enfin, si l'on a Cil tort en cela, il est toujours temjys de réparer ses fautes; et j'ai eu la penséi- de proposer au CousimI de fabri- (pie de faire une petite (piète <lont le montant sei'ait employé h élever un modeste monument à la mémoire de notre di- ••ne M. Beurey; ce qui fournirait tout naturellement l'oc<'asion (le le mettre en un lieu plus convenable, sans <]ue je public sût la véritable cause de cette translation.

« Par là, an moins, chacun réparerait ce (pi'il a à se rei>roclicr, et Ttui enlèverait de dessus la ])aroisse, une Injustice (pii est toujours une chose très fâcheuse, parce <iue dès ce monde, elle pèse dans la balance de Dieu contre ceux (pii s'en sont rendus coupables,

« Aussi, voulant de ^ran.d cœur, contribuer à cet acte de réparation, je m'inscris pour 20 francs à la tête «le la liste qui sera laite à cet effet.» : -

Le prélat écrit à ])eu })rès les mêmes choses aux fabriciens (le Vuillafans, et ajoute au sujet <ln même M. Heurey:

« Eloigné, dit-il, de mes chnrs coiiipatriotes, romplètentciit éfrav(/er aux susceptihilifès qui ont pn se mêler dans les tristes circonstances qiu' ont entoure les derniers Jonrs de M. Benre\p ils ne verront dans mes paroles. Je F espère, (pie V appel et le conseil d'un ami qui, du fond de xd lointain'^ Mission, ne cherche que leur honneur et leur intérêt.»

Nous avons voulu ra])])eler cet épisode familial, pour montrer le de^ré de <lélicatesse <le M,i>r de Oybistra et sa préoccupation constante pour tout ce qui touchait à l'honneur de la Teligion^. -/,; ■ N ■ f:;' ^■

n avait une façon à lui, i)resque enfantine, d'attirer les c<enrs des simples, qui contrastait avec les aruiiments plus fermes dont il usait <lans ses relations avec les <>rands; mais aux uns comme aux autres, il savait proportionner le ton, à gammes toujours calculées.

Et il réussissait, parce que l'onction de sa voix i>reuante et celle de ses écrits, la clarté de ses vues, la pureté de ses intentions, la sainteté de sa vie, tout l'ensemble de cette ])ersonnalité s'imposait: elle avait sur tous le «pouvoir rayonnant.»

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8'il y eut plus tard (leï> esprits récaleitriuits (pii éc!iai)pèreiit à sou iurtuence, c'est qu'il leur en eoiita trop, ou de le remercier ou (le Tadmirer.

AJoutous aussi qnv révè(]ue de Canton, s'étant afliclié exclusivement l'Iionune d'une o'uvre, qui fut celle d'un bâtisseur, i! parut à la tin nionotone à sou entoura iic

^lais cette (cuvre ipii l'écrase et oi'i il succombera sous le poids renouvelé de ses bl(>cs cy<'lo]>(M'ns. ii |;i continueia ;i\('c acharnenuMit, jus(iu'au bout.

Déjà, en cette tin <l'année ISCS, il vient d'achever, par un temps des plus propices, les fondations de sou église; et il en fixe au 8 décembre, la bénédiction de la première ]Merre.

Ce fut une fête particulièrement solennelle et curieuse <1ont il faut se i>arder de retrancher un détail dans la relation <le révé(]iie: «Nous Ntnions, vvrtl-il, de jtoser la premièi'e pierre de notre église: cérémonie touchante à la(|uelle assistait le Vicc- Hoi des deux Kouang, avec tous les hauts manda rins-de l'Empire et uu détachemeut de oOO Tartares. destinés non seuleuieut à uiainteuir le bou ordre, nuiis encore à relevi'r par l'éclat de leurs armes et de leurs uniformes l;i beauté de cette fête.

« Du côté des Euro])éeus, nous avi(uis tous les consuls résidant à Canton, tous en grande tenue, le (îrand fluge «le Hong-Kong, son assesseur, le Secrétaire d\\ Gouvernenicnt, les Procureurs de la Propagande, des Dominicains et <les Missions Etrangères, une vingtaine de missionnaires avec une députation de leur chrétiens, et entiu un nombi(^ infini de païens groupés sur tous les {)oints culminants du Noisinage ou [)ressés contre les barrières de l'enceinte, pour jouir d'un spectacle si nouveau pour eux.

<v Canton, en effet, avait bien eu déjà ses fêtes religieuses et militaires; mais elle ne connaissait point encore cette fête d'un temple qu'on érige au vrai Dieu, et à laquelle toute la l>oi)ulatiou se pressait, comme pour témoigner ])ar ce sentiment spontané et ttnanime que le Dieu des chrétiens est le Souverain ^"eig■a.•ur de l'univers, et (jue tous lui doi\.ent le <*oncoiirs volontaire de leurs adorations,

« Aussi, avions-nous triché de d' nner à cette solennité toute la pompe et l'éclat ])ossil)le.

« Dès la veille et l'avant-veille, une brume épaisse répamlue dans l'atmosphère, nous faisait craindre d'être peu favorisés du tem])s. ,Je fis donc dire à nos chrétiens de recourir à la pro-

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tectiou (le la S^° Vierge; et le soir même, de toutes les luibitations voisines, s'élevait la voix plaintive de nos néophytes, demandant nn temi)s propice.

« La chose était importante: avec les idées superstitieuses de nos Chinois et l'habitude qu'ils ont de tirer des augures de tout, ils n'auraient pas manqué de voir dans un temps pluvieux un signe néfaste pour nous.

« Dieu ne l'a pas [)ermis: jamais le soleil lu^ se leva plus ijidieux et n'éclaira d'une lumière plus douce une journée où nous avions encore à célébrer le iirivilège ineffable de la Mère de Dieu. i;< ■'::/:■ --y'-:

« Tons les alentours de l'église avaient été approj)riés avec soin; des lienrs et des guirlandes se balançaient au-dessus des fondations et en marquaient les gracieux contours; les avenues étaient pavoisées: i)artout l'on voyjut des tr^ices de l'empressement de nos chrétiens qui avaient donné à la fête toute sa Joie et toute sa si)l"ndeur.

« A trois heures <le l'ai)rrs-niidi, tout était i>rêt.

« Bientôt le bruyant tam-tam résonnant au loin, annon(;a l'arrivée du Vice-Koi: il venait en i)alanquin, porté par huit hommes et escorté de la troupe nombreuse de ses satellites,

« M. le Consnl de France et moi, nous nous avan(;âmes jusqu'à la barrière d'entrée pour le recevoir; il fut immédiatement salué par une salve d'artillerie; la musique chinoise commença ses fanfares, et toutes les autorités furent ainsi reçues an son <le la mnsique et du canon, juscpi'à ce (lu'elles fussent réunies sous le [)avillon qui avait été dressé à l'entrée des fondations.

<^ (Chacun ayant pris place selon son rang, M. le baron de Trenqualye, consul de France, monta sur I'estrad(^ et parla ainsi :«

Noble Vice-Roi, Monseigneur, Messieurs,

«~ C'est un imposant événement en tout i)ays (pie l'érection d'un temple au Tout-Puis^^ant, et cet événement (pie nous célébrons anjourd'hni, acqniert ici, au temps actuel, une im- ]»ortance d'autant plus grande (in'il se relie par le passé à des fondations analogues dans le Céleste Empire, et consacre en quelque sorte, pour le présent, une ère de paix et d'amitié entre des nations qui étaient restées jusque-là réciproquement inconnues.

« Je ne me permettrai pas, Messieurs, de fatiguer votre attention par un long historique des [diases de l'existen(;e (iu catholicisme en Chine.

'MH

Mgr Ciîuiliemiii

« Cependant, ne serait-ce pas manquer à la reconnaissance de la mémoire, que de laisser dans l'oubli un rapprochement de bienveillance souveraine entre des faits accomplis aux temps où les premières prédications de cette reli<>iou furent faites sous la i)rotection de l'Empereur qui accueillit son premier apôtre, et l'éclatant témoignage que vient lui en donner en ce jour le noble dignitaire qui veut bien honorer de sa présence cette auguste cérémonie.

« Ce fut en 1583, Messieurs, que les P. I\ Jésuites pénétrèrent en Chine, via Macao, et commencèrent à y répandre les premières lueurs de la religion ♦'hrétiennc.

« Quelques années après, le P. Mathieu Kicci fut reçu à Ui Cour de l'Empereur Wan-li (pii le combla de favenis, lui assigna une place dans son i)alais et voulut, à la mort de ce Père en 1610, .qu'un vaste em[)lacement fût réservé à sa sépulture, comme un gage de vénération jkuu- les [)réceptes et les bienfaits qu'il avait répandus dans son Empire.

« Aussi, cette grâce insigne porta-t-elle bientôt ses fruits, en donnant au crédit des P. P. Jésuites assez de i)répondérance pour que les dogmes religieux qu'ils enseignaient, aient rencontré, sous le règne de cinq Empereurs, dont l'un fut le fondateur de la dynastie régnante, le concours d'un i)uissant appui au développement des résultats acciuis.

En effet, Messieurs, sous le règne de ces Empereurs, les Jésuites vinrent en Chine en grand nombre et y rendirent les services les i>lus signalés.

« Certains d'entre eux furent aussi chargés d'éminentes fonctions.

« L'un d'eux, le P. Verbiest, Belge, renommé à cette époque par l'étendue de ses connaissances, fnt institué président du tribunal des mathématiques; ce fut lui qui rectifia le calendrier chinois, affaire si importante chez ce peuple, et qui créa le célèbre observatoire de Pékin.

« Ce fut encore le P. Verbiest qni, sur les instances de l'Empereur Kang-hi, parvint à fondre des canons capables d'être transportés, et qui servirent à anéantir la révolte du fameux général Ou-san-kouy, en faveur de la dynastie des Ming.

« D'autres, les P. P. Gerbillon et Bouvet, servirent par leurs lumières, la politique de l'Empereur, en faisant un traité avec les Russes, et contribuèrent à conserver intactes les limites de l'Empire: d'autres, s'occupant de peinture, de musique et de mécanique, embellissaient de leurs inventions les ])alais im- ])ériaux et concouraient par la i)ratique des sciences à accroître la prospérité du peuple et la gloire du Souverain.

« Sous l'effet de la i>rotection dont les missionnairers Jouis-

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